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Bonne à dire ?....


De Gilou40, le 1er août 2011 à 23:40
Note du film : 4/6

Ce film raconte la dix millionième histoire d'adultère du cinéma Français. Une histoire banale, même si chaque femme en ce monde pense toujours que son histoire à elle est unique dans le genre. Mais le tour de force de Jean Delannoy et d'Henri Jeanson est de nous la servir avec un zeste, une chouillette, un nuage hitchcockien. Et c'est formidablement bien arrangé. Ce film, à ne pas confondre avec La vérité sur Bébé Donge tourné la même année, nous tient confortablement en haleine tout du long. Même si les jeux sont faits (nous le savons dès la première minute du film), la genèse de l'histoire , flashs backs à l'appui, nous fait remonter dans les méandres de la conscience d'une femme, sublissime Morgan puissamment attirée hors de sa vie bourgeoise, tel un papillon vers une lumière plus brillante, par un saltimbanque écorché vif.

Lequel écorché nous permet de retrouver un Daniel Gélin, véritable héros du film. Il endosse ce rôle de chien fou, poète, dessinateur, avec un réel talent. Par instant, il a l'air exalté du résistant soi-disant fou dans Un ami viendra ce soir. Formé par le théâtre et avec les plus grands du nom, il a fait des incursions nombreuses et variées dans le 7e art. De Édouard et Caroline jusqu'à La ligne de démarcation, jouant même pour Alfred Hitchcock et pour Guitry dans Napoléon, c'est un acteur qui n'a jamais atteint les plus hautes marches mais qui fait bien partie du décor, avec, sinon du génie, une présence indiscutable. Saviez vous qu'il fit de la figuration dans L'assassin habite au 21 ? A l'inverse de Gabin qui, lui, se fait d'une discrétion peu coutumière. Il faut dire que c'était sa période après guerre et Touchez pas au grisbi ne l'avait pas encore re-propulsé en haut de l'affiche. C'est sa première collaboration avec Delannoy et ses retrouvailles avec Morgan qu'il avait laissé seule et n'avait gardé d'elle qu'une étoile de mer dans le magnifique Remorques de Grémillon. Il est sobre et souffre en silence. Compréhensif devant les errances de sa femme qui, elle même, s'est un peu perdue de vue… Ce film nous parle aussi de la difficulté d'être médecin quand on pratique son métier comme devraient le faire tous les prêteurs de serments…Il faut dire qu'en 1952, le mot médecin ne voulait pas encore dire fonctionnaire. Du moins pour beaucoup…

Ce n'est pas un film noir. Bien au contraire, même si le début et la fin voudraient nous le démontrer. C'est un film sur les chemins qui nous habitent en si grand nombre et qui nous font croire ou regretter. Revenus de nos ballades buissonnières, en toute conscience, pouvons nous, la tête haute, continuer le chemin initial ? Un confessionnal d'une heure trente balaiera-t-il les heures écoulées sous d'autres étoiles ? Rien que de très banal, je le redis. Mais si Jean Delannoy a fait plus fort, il a ici joliment décortiqué la question…


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