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Sujet : et les navets d'hier ..


De Tamatoa, le 3 juillet 2013 à 01:16
Note du film : 2/6

Édith Piaf ! Édith Piaf ! Bien sûr Édith Piaf ! Et puis ? Il n'en demeure pas moins que Piaf ou pas tout ça est très mauvais ! Encore une de ces bluettes grisâtres et nunuches de Blistène. Piaf, la maitresse, la femme fatale ? De qui se moque-t-on ? Piaf, c'est Mimie Mathy en grève de la faim, pas plus ! Et tous les types qui ont défilé dans son lit à une époque n'y étaient que par opportunité. Il a été dit souvent qu'elle faisait la pluie et le beau temps dans le milieu du music-hall après-guerre. Même et surtout l'arriviste Montand le savait qui sautera du lit de La môme à celui de Reda Caire avec une souplesse dont il ne se départira jamais et dans bien des domaines… Mais je m'égare, il n'est pas dans cette larmoyante entreprise.

Ce film est d'un ennui déprimant servi par des acteurs déprimés. Il ne serait pas raisonnable de prétendre qu'une quelconque émotion ressort de ce pathos mal emboité. Que peut on retenir de cette histoire pénible et longuette ? Que Piaf chantait bien ? Il parait… C'est peut-être vrai par moments. Pas toujours. Mais c'était une très mauvaise comédienne. Armand Mestral et Michel Auclair semblent stupéfaits de devoir lui donner la réplique. Même si Blistène s'est très largement inspiré d'Hôtel du Nord, la sauce ne prend pas et on baye aux corneilles. Raymond Souplex qui était déjà l'Inspecteur Bourrel depuis un an aurait du y mettre bon ordre. Mais non, il se contente de boire des coups. C'est théâtral à souhait et filmé un peu comme Renoir filmait Gabin : une lumière en permanence dans les yeux pour en faire ressortir l'éclat. Par moments, on se croirait chez Les Compagnons de Jehu mais à en négatif. Pourtant le film démarrait bien : la nuit de Noël , une voiture glisse doucement dans la rue et on entend "Minuit Chrétiens"… Moi qui suis athée pratiquant, j'ai jamais pu résister. Je vous d'mande un peu. Reste le talent de Marguerite Monnot qui sait écrire des chansons. La grande et belle Marguerite Monnot, toujours dans l'ombre de Piaf, laquelle la jettera un jour sans prévis ni raison après trente ans de complicité sans faille. Je crois d'ailleurs que l'interprète de Milord a beau en faire des tonnes (très lourdes), sa réputation de rosse, tel le nez de Cyrano de cent pas la précède en tous lieux et il ne transpire plus que ça de sa prestation.

En tous cas, celle-là, en plus, transpire le navet.


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De Impétueux, le 6 juillet 2013 à 09:15
Note du film : 4/6

Ah, je suis ravi, Tamatoa que vous ayez pour Édith Piaf les mêmes réserves que les miennes et que vous teniez, comme moi, Marguerite Monnot pour une très grande musicienne (la perfection de Irma la douce – mais notons que le film de Billy Wilder n'emprunte presque rien à la comédie musicale immortalisée par Colette Renard : une très grande, celle-là, et, en plus, qui aurait pu être une excellente actrice ; voir Un roi sans divertissement…).

Question à cent sous : vous êtes sûr pour Yves Montand et Reda Caire ? Je n'ai jamais entendu dire que Le grand escogriffe ait été homosexuel…


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De Tamatoa, le 6 juillet 2013 à 16:33
Note du film : 2/6

De la bouche même de Jean-claude Brialy, se confiant un jour à Thierry Ardisson . L'anecdote est d'ailleurs dans le livre de Brialy, livre intitulé "J'ai oublié de vous dire" qui suivit "Le ruisseau des singes".

Un jour, Brialy reprocha publiquement à Montand d'avoir empoché la modeste somme de 80 Millions (anciens) pour son émission "Vive la crise" où il expliquait aux gens qu'il fallait se serrer la ceinture. Il le traita d'escroc, de voleur, de lâche, etc, etc. Furieux, Montand téléphona à Brialy pour, à son tour, le traiter de "sale PD", entre autres. Brialy le laissa se défouler puis lui dit : "- Ecoute bien maintenant…Juste un nom : Reda Caire !!-" Un grand silence, et Montand raccrocha…Et Brialy raconte comment il apprit, non pas l'homosexualité de Montand, qui au contraire était homophobe, mais l'arrivisme odieux du chanteur, prêt à tout pour reussir ! C'était, dit-il, de notoriété publique dans le milieu du music-hall.

Mais si vous n'étiez pas devant votre poste, vous pouvez retrouver la séquence intégrale (avec plein d'autres choses savoureuses), sur YOUTUBE en tapant : Brialy "j'ai oublié de vous dire".

Fameux !


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De Impétueux, le 11 mars à 14:38
Note du film : 4/6

Les vociférations de notre cher ami disparu Tamatoa sur Les amants de demain m'intriguaient un peu. Sans doute le talent de son réalisateur Marcel Blistène ne brille-t-il pas au firmament du cinéma mondial et son nom est-il aujourd'hui complétement oublié, mais enfin les deux films que j'ai vus de lui ne m'ont pas donné mauvaise impression ; d'abord Étoile sans lumière de 1946 (déjà avec la regrettable Édith Piaf) puis, un peu mieux encore, Gueule d'ange de 1955 avec Maurice Ronet et – surtout ! – Viviane Romance. Deux films qui ont le bon goût de se terminer mal et de mettre dans l'eau froide une goutte d'acide.

Les amants de demain, dernier film de Blistène, donc. Scénario de Pierre Brasseur, que je savais un peu auteur de théâtre mais dont j'ignorais qu'il avait écrit par ailleurs. Adaptation et dialogues de Jacques Sigurd ; le très grand Sigurd, qui est derrière les meilleurs films d'Yves Allégret (Manèges, Dédée d'Anvers, Une si jolie petite plage) et d'excellents Carné (L'air de Paris, Du mouron pour les petits oiseaux, Trois chambres à Manhattan). Musique de Marguerite Monnot, au talent éclatant.

Passons à la distribution ; et là, le seul, le vrai problème du film, du moment qu'on a admis qu'il s'agit d'un mélodrame robuste et populaire et qu'il n'est pas question d'y trouver grâces diverses et subtilités raffinées. Le seul problème, évidemment, c'est la présence de celle qui était en tête d'affiche et était censée attirer les spectateurs : Édith Piaf. Je sais que certains, dont bon nombre d'esprits de qualité apprécient sa voix et ce qu'on pourrait appeler son sens de la dramaturgie scénique. Je doute que, même parmi ceux qui la portent aux nues du music-hall, il y en ait beaucoup qui puissent défendre ses qualités de comédienne. Parce que là, elle est réellement épouvantable et suffirait presque à faire dégringoler le bon échafaudage de l'intrigue.

Sinon, il y a des tas d'acteurs formidables, en premier lieu les deux principaux personnages masculins, Michel Auclair), qui a toujours été excellent et Armand Mestral qui pouvait être remarquable (Gervaise de René Clément par exemple dans le rôle de Lantier). Mais aussi Raymond Souplex, Olivier Hussenot, Robert Dalban, Gabrielle Fontan, Joëlle Bernard, Marcelle Arnold et quelques autres, plus oubliés (Georges Bever) ; tous merveilleux rôles secondaires ; il n' y a que Robert Castel – dont c'était le premier film – que j'ai trouvé mauvais comme un cochon.

Je me répète et je m'enfonce : il s'agit d'un mélodrame comme la littérature, la presse de gare et le cinéma en ont toujours produit et continuent à le faire dans les feuilletons télévisés. Un chef d'orchestre célèbre, Pierre Montfort (Michel Auclair a, dans un moment d'égarement, tué la femme qu'il aimait et qui le bafouait et l'humiliait ; ceci un soir de Noël ; il erre dans Paris, en sort, se retrouve en panne de voiture (une Cadillac) en banlieue (Aubervilliers ?) et il est conduit à être hébergé dans le bistro modeste des Géraniums, dont le patron est M. Charles (Raymond Souplex) et où réveillonnent ce soir là les habitués et les habitants de l'immeuble voisin. La serveuse, Yvonne (Joëlle Bernard) est aussi accorte que peu avare de ses charmes. Charmes dont profite principalement (mais non exclusivement) la clé des cœurs du quartier, Louis (Armand Mestral, excellent mécanicien aux mains baladeuses. Louis est, depuis dix ans, le mari de Simone (Édith Piaf) qui s'est peu à peu laissée aller à l'ivrognerie, qui est la risée de ses voisins, mais dont tous, néanmoins, apprécient la voix.

Dans le cadre restreint du bistro et de l'immeuble voisin, de leurs saletés et de leurs cancans, se développe le récit, sans doute extrêmement prévisible, mais bien mené. Avec une toute autre actrice que Piaf, ce serait même plutôt très bien, dans le cadre précis (et évidemment limité) du film de genre, du film des samedis soirs populeux. Les commères et les voisins sont aussi méchants, curieux, vulgaires et sanguinaires que ceux de Panique de Julien Duvivier et de quelques autres films à l'atmosphère crasseuse. Ce n'eswt pas un mauvais compliment, n'est-ce pas ?


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