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Forum : Untel père et fils

Sujet : Impair, passe et manque !


De New-JPL, le 13 décembre 2011 à 15:22
Note du film : 5/6

Ce qui est réellement à déplorer, dans le cas de ce genre de films, c'est qu'une version anglophone existe, notamment disponible aux Etats-Unis, sans que la version originale le soit chez nous.

Il est également dommage que ce film, qui fut l'un des derniers Raimu, ne bénificie pas d'une publicité plus conséquente, notamment, par exemple, par le biais du CINEMA DE MINUIT ou du CINECLUB de Fr2.


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De Tamatoa, le 26 avril 2012 à 21:29
Note du film : 3/6

Que c'est embêtant de critiquer un film de Duvivier ! Voilà quand même un nom qui figure en lettres d'or, même si son registre fut des plus sombres, au panthéon des grands cinéastes. Il y a des noms, comme celui-là, annonceur de beau, d'intense cinéma. De celui qui nous transporte de belle façon. Hélas, il nous faut bien reconnaitre que cet Untel père et fils est bien loin de nous faire ressentir ce frisson que la signature prestigieuse avait l'habitude de déclencher.

Il est clair que Duvivier a voulu nous offrir une grande fresque. En voulant relater les ravages de la guerre sur plusieurs générations d'une même famille, Duvivier a voulu peindre Guernica de Picasso mais nous a offert Le Salut de Chagall. Vous me direz que c'est déjà pas mal, mais visiblement, ce n'était pas le but initial. Disons le tout net : C'est bâclé. Nous ne sommes quand même pas dans la "tâche" du cinéaste intitulée Diaboliquement votre, mais c'est quand même un râtage . Ce film, tourné en 1940, ne sortira sur les écrans Français qu'à la fin de la guerre. Entre temps, Duvivier aura commis quelques films outre-Atlantique, parenthèse qui passa inapercue dans sa filmographie, à part peut-être le généreux Tales of Manhattan. Est ce l'approche de cet exil qui fit tant hésiter Duvivier dans l'accomplissement de son Untel père et fils ? Car il y a quelque chose de marquant dans ce film. Pour qui prend l'oeuvre en cours de route, on pourrait jurer que c'est Renoir qui est aux manettes ! Renoir qui aurait demandé à Duvivier de placer ça et là trois ou quatre scènes bien…."Duviviennes" oû la marque du maitre est indéniable.

Pour reussir ce survol de notre histoire, La Commune, la gloire d' Offenbach, Victor Hugo au Panthéon, Gustave Effeil et son obsession de construire la Tour Eiffel, Sadi Carnot à l'Elysée, la Bicyclette qui envahie Paris, l'Exposition de 1889 et j'en passe, il aurait fallu trois heures, pour le moins, pour que le cinéaste puisse s'exprimer tout son sâoul. Làs, le temps lui était compté et, si des comédiens de premiers plans font ce qu'ils peuvent pour sauver l'aventure, ce feuilleton de la vie des Froment, pères, fils, petits fils et compagnie à travers les âges ressemble à une bousculade désordonnée. Avec un peu plus de temps, la description pas assez minutieuse de tous les sentiments abordés en aurait été que mieux, bien mieux servie. A peine avons nous le temps de faire connaissance d'un frère que c'est déjà son fils qui est tué, nous renvoyant au même fils de ce dernier, une génération plus tard. C'est presque du Bip!Bip! de Tex Avery. C'est ennuyeux, décevant, inintéressant. Suzy Prim porte le film, on peut le dire. Et elle n'est que trop peu employée. Alors que Jouvet ne fait que de rares apparitions oû il ne donne guère l'impression de s'impliquer, Raimu, fait passer l'émotion estampillée Duvivier, celle que l'on attendait mais qui nous est délivrée qu'avec parcimonie. D'autres noms célèbres passent dans cette fresque, trois petits tours et puis s'en vont. Sans intêret ? Sans aller jusque là, c'est peu, c'est plat, c'est insuffisant. Et ce ne sont pas les dialogues de Spaak et Achard, en petite forme, qui rehaussent le tout.

Un petit Duvivier. Aussi bizarre que celà puisse paraitre, ça existe. Comme un diamantaire fatigué. Heureusement pour nous, pour le cinéma tout entier, après la guerre, les joyaux refleuriront sous la patte de ce tyran (dit' on ) magnifique…


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De info, le 26 avril 2012 à 23:14

Que peut-on penser d'un film amputé de 45mn ?

Ce film a été projeté ,à à la cinémathèque française , dans une version de 122mn .


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De Tamatoa, le 27 avril 2012 à 00:37
Note du film : 3/6

"Amputé de 45 minutes ??"

Elle est bien bonne celle là !! Si c'est vrai, Merci la Gaumont !

Pour "Info", le DVD , par ailleurs de piètre qualité, dure 78 mns . Je ne savais pas ce film amputé, ce qui maintenant explique bien des choses et accredite ma critique . Alors cette édition DVD est une impiété pure et simple ! Quelle bande de sagouins !! Mais même avec 45 minutes de plus, je crains fort que ce soit un peu juste . Cette fresque méritait bien les trois heures accordées aux Enfants du paradis


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De Impétueux, le 27 avril 2012 à 22:39
Note du film : 4/6

Imdb indique que le film dure 113 minutes, mais que la version américaine n'est que de 81 minutes. En tout cas le charcutage est patent…


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De Impétueux, le 9 mai 2016 à 12:15
Note du film : 4/6

Certes, Untel père et fils n'est pas un Duvivier majeur et pas seulement par son titre un peu ridicule ; certes les dialogues de Marcel Achard et de Charles Spaak ne donnent rien à relever d'éclatant ou de drôle ; certes, les prises de vue en studio font vraiment trop souvent carton-pâte, qu'elles prétendent représenter les pentes de Montmartre ou les toits de l'Afrique ; certes le procédé est un peu artificiel du récit de la vie d'une famille, d'une lignée, plutôt, couplé aux événements gais ou tragiques de l’histoire de notre pays ; certes le film, tourné de décembre 39 à juin 40 (il était temps !) porte sa lourde charge d’ouvrage de propagande avec ses simplifications et ses éléments mélodramatiques. Amusons-nous aussi de retrouver en pionnier de l'aviation et en héros de la Guerre Robert Le Vigan qui devait, lorsque le film est sorti en 1945 sur les écrans français5 se trouver du côté de Sigmaringen (et notons que Duvivier témoigna en sa faveur à son procès pour collaboration, plaidant l'irresponsabilité).

Mais je gage que si Untel père et fils n'avait pas été amputé d'un large tiers de sa substance, il aurait bien meilleure figure. Seulement ce charcutage aboutit à d'incompréhensibles ellipses ou à des failles béantes du récit. Ainsi, par exemple, la disparition de Pierre Froment (Louis Jouvet) qui voit la femme qu'il aime, Gabrielle (Renée Devillers), se marier avec son frère Bernard (Lucien Nat) en 1889, qui part au loin et qu'on ne retrouve qu'en 1931, en Afrique… Il est vraisemblable que parmi les séquences amputées, il y en a quelques unes qui montrent l'ingénieur colonial qui a passé sa vie à construire ponts et routes essayer d'oublier son amour de jeunesse ; ainsi, peut-être de façon moins visible, la vie du foyer formé par Marie (Michèle Morgan), qu'on voit à peine, et Robert (Harry Krimer), presque passée sous silence…

Jouvet gommé, qu'est-ce qui reste ? Suzy Prim, la vieille fille Estelle, qui aura passé son existence à vivre pour les autres, ses frères cadets quand elle était adolescente, les blessés de la Grande guerre et tous les blessés de la vie et, en dernier lieu son oncle Jules (Raimu) qui n'a que quelques années de plus qu'elle, a connu la gaieté, la ripaille et la galanterie mais qui est tombé dans la dèche noire pour avoir trop cru aux emprunts russes : il y a, entre eux deux, une bien belle scène noirâtre, triste comme tout, sur ces deux parallèles qui ne se sont jamais rencontrées…

Distribution de qualité, sous les réserves dites. Amusant de noter qu'en 1948 Henri Decoin, dans Les amoureux sont seuls au monde mariera Louis Jouvet et Renée Devillers ; mais ça ne se terminera pas mieux…

Toujours est-il que, puisque la version complète de 122 minutes existe et a été diffusée à la Cinémathèque, on se demande pourquoi Gaumont ne l'a pas présentée dans le DVD…


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