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Belmondo à contre-emploi ?


De Impétueux, le 16 octobre 2016 à 23:42
Note du film : 4/6

Jean-Pierre Grumbach, qui choisit de s'appeler Jean-Pierre Melville dans la Résistance, en hommage à l'auteur de Moby Dick, après avoir rejoint la France libre en 1942, a réalisé trois films sur cette époque dramatique de notre longue histoire. D'abord, en 1947, le silence de la mer, dont je pense beaucoup de mal, histoire guindée d'un amour impossible et ennuyeux. Et, bien plus tard, L'armée des ombres, la geste épique de l'Armée secrète, d'une beauté grave d'acier bleui. Et, entre les deux, en 1961, Léon Morin, prêtre, qui se déroule dans une petite ville des Alpes, où les horreurs du conflit sont un peu (un tout petit peu) atténuées.

Mais on pourrait presque dire que le tableau de la France occupée n'est que le cadre du propos du cinéaste et qu'il est à peine nécessaire à ses vrais sujets. Parce que, pour obtenir les fonds nécessaires au tournage, Melville s'était engagé auprès des producteurs à respecter scrupuleusement le récit à résonance autobiographique de Béatrix Beck, qui avait obtenu le Prix Goncourt en 1952, récit qui relatait un épisode de la vie d'une jeune veuve. À mon sens, l'adaptation fidèle d'un roman n'est que rarement possible et encore moins rarement souhaitable au cinéma : affaire de différence dans les modes et dans le rythme d'expression ; les meilleurs films issus d’œuvres littéraires sont souvent des trahisons intelligentes.

À vouloir trop se conformer à l'écrit, le cinéaste s'éparpille. Un critique, France Roche écrivait à la sortie de Léon Morin, prêtre : Le film n'est pas construit. Il se déroule chapitre par chapitre. Certains sont remarquables, d'autres souvent plus creux. C'est exactement mon point de vue. Des vignettes qui ne s'imposaient pas (les mésaventures du vieux professeur juif (Marco Béhar), l'amitié entre la petite fille (Patricia Gozzi) et le soldat allemand (Gérard Buhr), par exemple) alourdissent, ralentissent, affadissent l'orientation du film qui devrait être concentrée sur deux sujets.

D'abord la frustration sentimentale et sensuelle de femmes privées de mâles à la suite des circonstances. C'est une situation assez classique ; c'est celle du Diable au corps, notamment. Ces femmes affrontent la frustration en abdiquant leur dignité (la fille qui a cinq amants, dans la Milice, la Résistance, l'armée allemande…) ou se subliment en se soumettant à l'influence d'un homme d'autant plus séduisant qu'il est inaccessible. L'afflux des pénitentes dans la chambre de l'abbé Morin montre, d'ailleurs, les deux orientations.

Et pourtant, dans ce que ressent Barny (Emmanuelle Riva, remarquable) pour Léon Morin (Belmondo, éblouissant) au delà de la séduction, il y a la stupéfaction devant quelqu'un qui a choisi consciemment célibat, pauvreté matérielle et ouverture perpétuelle à l'autre ; comment se fait-il qu'un mec choisisse ça (surtout s'il a du charme, mais ceci n'est pas le plus important) et en soit si serein et apaisé ? C'est ce mystère qui agace Barny, qui est très attirée par les autres femmes mais surtout qui est athée et veuve d'un Juif communiste ; et peut-être bien que ça agaçait, que ça bouleversait un peu aussi Melville

Est-ce que ces interrogations sont bien traitées, avec toute la subtilité qu'elles méritent ? J'en suis beaucoup moins sûr que je ne l'étais lors de mes précédentes visions du film. Que la Grâce spirituelle puisse frapper où et quand Elle veut, c'est une affaire entendue depuis Charles de Foucauld et André Frossard en passant par Paul Claudel ; mais faire passer ce mystère confondant devant les yeux du spectateur me paraît une gageure impossible à tenir.

On a bien raison de dire que les voies de Dieu sont impénétrables.


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De jipi, le 22 novembre 2007 à 16:35
Note du film : 5/6

Une athée orgueilleuse adorant le commandement offert à une jeune femelle au visage rayonnant de lumière noire vient titiller sur ses terres un jeune prêtre pseudo anti conformiste mais aux argumentations vieillottes à l'aide d'une phrase assassine venue d'Orient.

De longues conversations théologiques faisant suite à une absolution guidant des premiers pas vers la foi s'établissent entre un rhétoricien incorruptible et une jeune veuve soumise aux attirances féminines sur toile de fond de ville alpestre occupée ou seul l'enfance et l'uniforme parviennent encore à se blottir l'un contre l'autre en s'inondant de sentiments purs.

Des Juifs se baptisent afin d'échapper à la déportation, des chaussures peintes en noires respectent le souvenir d'un disparu pendant que dans une chambre close des propos et des livres s'échangent en se commentant.

« Dieu est incommunicable ». C'est atroce s'écrie un esprit sur le point de déposer les armes et de se convertir.

Cette soumission ressemble à une conquête de la chair en ces temps sans hommes, ceci est incompatible avec un missionné programmé pour sauver des âmes et qui malgré l'apport intime de quelques confidences qu'il faut savoir interpréter reste profondément attaché à son sacerdoce. La pensée virtuelle d'un unique baiser libére momentanément des tortures de la chair une jeune femme rongée par l'impossibilité de conclure sa passion en temps réel.

« Léon Morin Prêtre » est une œuvre défaitiste, auto flagellatoire. Une femelle vaporisée par des perceptions amoureuses interdites détruit une pensée primordiale athéise en adoptant une conversion tactique lui permettant d'espérer vainement l'amour impossible d'un ecclésiastique uniquement proche de ses semblables que par la formation.

La fin est datée, morose, décevante dans son processus que les intellects de l'époque soumis aux bonnes consciences n'ont pas la force de modifier. Chacun tout en contestant les rigueurs moralistes de son temps en subit les méfaits plus ou moins volontairement.

Par manque de déterminisme des potentiels de destins en communs sont brisés laissant encore plus désemparée une entité prisonnière de ses sens à contre courant. L'amour sous toutes ses formes subit de plein fouet un réalisme cinglant.


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Question de Grâce


De droudrou, le 7 avril 2007 à 20:00
Note du film : 6/6

Ouaip ! Vous êtes tous très sympathiques ! Cependant, je pense qu'il va être temps d'élargir les discussions et revenir sur le cinéma, sur les films, sur les réalisateurs, sur les acteurs et actrices sachant que mademoiselle Machintrucchouette a tenu toutes ses belles promesses !… Et puis, je suis désolé, mais si nous ne sommes pas d'accord avec Sépîa, nous ne serons pas d'accord de la même façon qu'il nous arrive souvent de n'être pas d'accord entre nous ! Je comprends largement tout ce qui a fait l'objet de nos et vos échanges ! Okay ! Néanmoins, ce n'est pas l'essentiel du site qui bénéficie d'un regard très favorable de l'Education Nationale dans la mesure où il prône l'orthographe et la grammaire et la culture !

Comme j'étais occupé au jardin cet après-midi, je ne suis pas intervenu, ce que j'allais faire ! Je ne suis pas mauvais coucheur, je comprends très bien tout ce qui s'est dit : il y a la part du privé et il y a la part du public…

Que la présence et les interventions d'une femme nous soient opportunes, c'est tout à fait d'accord. Okay. Ca ne peut qu'épicer notre (nos) dialogue (s). Mais le monde du cinéma est suffisamment large et vaste pour repartir vers d'autres horizons ! Si nous nous sommes permis de tailler quelques croupières sur le dos de Jean-Luc Godard, ce n'est pas une raison pour qu'à notre tour nous partions dans les mêmes débordements sous prétexte que… sachant bien que c'est ce que nous sommes en train de faire !

Sur ces bonnes paroles : bonnes fêtes de Pâques à tous !


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De vincentp, le 7 avril 2007 à 18:59
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Si ce que vous dites, Sépia., est vrai, c'est un grand événement. Un miracle Lourdien, même, qui va vous mener à la béatification immédiate. Car jusqu'à présent, à part la jeune "Une catwoman", les femmes ont brillé par leur absence sur ce site.


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