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Forum : Un Ami viendra ce soir

Sujet : La guerre en dentelles..


De Romuald, le 17 mai 2009 à 17:35
Note du film : 3/6

Ah ! Que dire de ce film ? Qu'il n'est pas sur que le réalisateur de la très bonne version des Les misérables avec Harry Baur et des merveilleuses Croix de bois (quand ils veulent pour le DVD !) fut bien inspiré quand il entreprit de faire sonner les trompettes de la Résistance. Bien sur, le casting de choix qui l'accompagna dans cette aventure pouvait faire croire que l'on découvrirait nos héros de l'ombre avec le panache qu'on leurs attribuait, trop souvent les yeux fermés.

De panache, point. Même si ce film est loin d'être un ratage en règle, Un ami viendra ce soir n'est pas La bataille du rail. Et j'ai envie de dire, hélas, que le sujet du film se prête volontiers au cabotinage d'acteurs qui n'en demandaient pas moins.

Dans une maison de repos un peu spéciale, se cachent des résistants. Qui est vraiment fou dans cette bâtisse ? Qui ne l'est pas ? Pour le savoir, les Allemands vont y introduire une taupe….

Alors bien sur, quand on lâche un Louis Salou pour jouer les fous auprès d'un Michel Simon donnant la réplique à un Saturnin Fabre, il ne faut pas s'attendre à un jeu mesuré et retenu. Et ce qui aurait dû ressembler à L'armée des ombres devient une joyeuse kermesse ou chacun dispense des effets de manches sous le couvert qu'ils sont fous, ou tentent de le faire croire.

Au milieu de ce monde de cabots, magnifiques par ailleurs, Madeleine Sologne ballade sa beauté à défaut de nous proposer un talent d'actrice, ma foi fort limité. Elle est la Juive de service, blonde et sensuelle jusqu'aux oreilles. Elle rencontrera la taupe, et en tombera amoureuse. Paul Bernard, un des héros de Lumière d'été, un des rares films de Grémillon à ne pas tenir ses promesses, sera cette taupe. Et si l'acteur est très peu crédible, le personnage vivra intensément sa punition pour avoir aimé une Juive. Car les "sentiments" en cours à l'époque sont bien là. La haine du Juif est palpable comme l'amour de notre pays pour ces résistants n'est en aucun cas contestable. Les Allemands sont bien nos ennemis. Et on est mal. D'autant plus mal qu'au milieu des fous….Mais il y a un côté Cage aux folles qui ne nous échappe pas non plus !

Seule la fin du film nous ramène à la réalité de la guerre. Car jusque là nous étions en plein théâtre de boulevard. Et cette fin, disons le sans bouder notre plaisir, est très belle. Ces hommes qui abandonnent tout et descendent de leurs montagne, fusils ou lance-pierres à la main, au son d'un hymne inconnu, pour le grand soir, nous prend aux tripes. Apparaît alors le visage si beau de Madeleine Sologne murmurant :"'France ! Ta liberté…..-" Et c'est le frisson…. Frisson qui nous fait regretter que le film tout entier n'ait pas été traité autrement. Ça n'est pas, je le redis, un mauvais film. Mais il est de ces acteurs qu'il ne faut pas laisser en liberté trop longtemps… C'est qu'ils vous transformeraient la Résistance en cour de récréation…

                                     pour \Lagardère

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De Impétueux, le 17 mai 2009 à 18:02
Note du film : 3/6

Je ne sais pas pourquoi je m'étais méfié, lors de la sortie du film dans la défunte (et regrettée) collection Canal+ classique (qui a également édité, du même réalisateur Marthe Richard au service de la France) et ne l'avais pas acheté… Bien m'en a pris, à vous lire !

Pourtant Michel Simon, Louis Salou, Saturnin Fabre, cela faisait trois excellentes raisons pour une emplette… Peut-être trop, écrivez-vous avec sagesse, mais je n'ai pas beaucoup cette sagesse-là…

Qu'est-ce qui m'a retenu, alors ? Sans doute Paul Bernard, jeune premier qui fut en vogue, trop calamistré pour être honnête (comme il est agaçant dans Panique !) et, en plus, premier rôle des ridicules Dames du Bois de Boulogne, exercice glacé et mortel d'ennui du rigolo Robert Bresson mais aussi et surtout Madeleine Sologne, à qui j'ai toujours trouvé l'œil vide, la lèvre parcimonieuse et la blondeur stupide depuis l'épouvantable Éternel retour.

Il y a eu toute une kyrielle de films sur la Résistance, après la fin du conflit ; vous avez cité La bataille du rail ; je donne l'honnête Jéricho et il faudra bien qu'un de ces jours je fasse un mot sur l'intéressant Retour à la vie où quatre cinéastes (Cayatte, Clouzot, Dréville et Lampin évoquent le retour des prisonniers et des déportés)…


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De PM Jarriq, le 18 mai 2009 à 17:25

Je dois avouer que mon admiration jadis sans borne pour Michel Simon, résultant de ses prestations dans Drôle de drame ou La fin du jour, a pris un sacré coup en le découvrant récemment, insupportable cabotin sans aucune retenue, dans des ratages comme Le diable et les dix commandements et Le bateau d'Emile.

Il est grand temps que sorte La fin du jour, pour me remettre les idées en place…


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De Romuald, le 18 mai 2009 à 19:31
Note du film : 3/6

C'est la fameuse photo ou l'on voit Michel Simon avec une grosse marguerite dans les cheveux. Vous avez bien du l'apercevoir un jour. Et il imite le parler d'Hitler. Un cabotinage sans commentaires…

Pour la fin du jour, je prie, nous prions tous avec vous….

                       pour \Lagardère

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De Impétueux, le 12 février 2011 à 19:58
Note du film : 3/6

Et finalement j'ai cédé aux sirènes des DVD quasiment bradés et j'ai acheté Un ami viendra ce soir, passant deux heures à regarder ce film emphatique et tout autant insignifiant, dans l'absolue certitude que je ne le regarderai pas une autre fois.

Ce qui est drôle, c'est que je ne me souvenais pas avoir échangé, à propos de ce film avec l'excellent et disparu Lagardère, mais que, relisant nos messages, j'ai retrouvé exactement ce que j'ai ressenti pendant cette après-midi : un cruel ratage en regard de la magnifique Bataille du rail, qui offre un véritable souffle épique, mais aussi du Jéricho d'Henri Calef, qui me semble autrement plus dense.

Ne pas oublier que ces trois films ont été tournés aux immédiats lendemains de la Libération, et qu'il ne s'agit pas de tenir un discours congrûment nuancé ; euphorie de la victoire, bonheur des libertés retrouvées, discours de fraternité et d'unité : il n'y a pas, dans ces trois films d'allusion politique, de prise de position partisane, de stigmatisation de la Collaboration : la Nation en armes s'est dressée, a su balayer l'humiliation de la Défaite, et bouter hors de France l'ennemi ; il y a là une sorte de légende dorée, absolument nécessaire, sans doute, dans un pays aussi traumatisé par les cinq années passées, mais sûrement assez peu conforme aux réalités vécues en 45/46 : instabilité politique, épuration, poursuite du rationnement, début de la guerre d'Indochine.

Un ami viendra ce soir est pompeux, mélodramatique et terriblement théâtral : c'est écrit – au pire sens du terme -, surjoué, plein de scènes à faire ; émanant du scénariste Jacques Companeez, l'argument a donné d'abord lieu à une pièce de théâtre, que le réalisateur Raymond Bernard a transposée au cinéma : ça se sent terriblement et c'est assez pesant ; d'autant que, ainsi que Lagardère le note, les numéros d'acteurs sont continus et revendiqués.

J'ai trouvé Michel Simon un peu crispant, dans un rôle d'hurluberlu bienveillant trop prévisible ; Saturnin Fabre, poitrail dénudé en avant, sort son épingle du jeu ; mais, avant tout, je me suis régalé de la hauteur et de la distance prise par Louis Salou, qui fut l'impeccable comte de Mortray, amoureux de Garance, des Enfants du Paradis et le prince Ranuce-Ernest IV de La Chartreuse de Parme, qui est absolument parfait.

Mais Madeleine Sologne est une véritable catastrophe ; son jeu stéréotypé n'a jamais trouvé de défenseur, et la dame, mythique vedette de l'accablant Éternel retour le comprit assez vite pour disparaître des écrans avant même sa quarantaine ; mais, hors la lourde vague de ses cheveux teints, son physique sans attraits particuliers, la vacuité de son regard et ses lourds maxillaires rendent surprenante la petite notoriété dont elle bénéficia, peut-être uniquement due à l'euphonie de son pseudonyme…

Donc, ça ne vaut pas tripette, et la pesante musique d'Arthur Honegger, qui fut une gloire de la musique contemporaine, à prétention humaniste et philosophique, n'ajoute rien de bon au film de Raymond Bernard, qui ne laissa d'autre gloire que de mettre en scène, un peu plus tard, le stupéfiant Luis Mariano dans La belle de Cadix.


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De sisim, le 30 juillet 2013 à 19:44

Cher cinéphile,comme vous critiquez presque tout et avec meme de la méchancetée,j'aimerais savoir quels sont les quelques films et les quelques acteurs et actrices que vous aimez,s'il en existe car vous parlez si mal de Madeleine Sologne que je suis sincèrement dégouté.Pour moi,le cinéma c'est comme la peinture,Je pense qu'il n'y a pas de mauvais peintres mais qu'il y a des peintres,L'on aime ou l'on n'aime pas.Je ne raffole pas de Picasso que je considère comme un génie et meme Henri Matisse,mais j'adore Jean-François Millet et Georges De la Tour.Alors?


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De Impétueux, le 30 juillet 2013 à 23:33
Note du film : 3/6

Vous voulez savoir qui j'aime ? Vous cliquez sur mon pseudo et allez voir la liste de mes films préférés.

Tout aimer, c'est n'aimer vraiment rien. C'est parce qu'on a des coups de cœur qu'on a des coups de bile…


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