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Sujet : L'avez-vous vu ?


De verdun, le 25 décembre 2007 à 19:19
Note du film : 5/6

Je suis étonné que vous Impétueux, amateur comme moi du cinéma dit de qualité, vous n\'ayiez pas encore émis quelque avis sur ce joli film de Christian-Jacque.

Si Les bonnes causes n'égale pas La vérité de Clouzot ni Les assassins de l'ordre, il s'agit d'un excellent drame judiciaire.

Le film tarde un peu à décoller mais hormis ce défaut de rythme, la mise en image dans un scope-noir et blanc fait plaisir à voir. J\'en profite pour souligner ceci: dans les films anciens, les réalisateurs filmaient très souvent de loin, ils n\'hésitaient pas à mettre de nombreuses personnes dans le cadre, à cadrer de loin les acteurs, ce qui ne les empêchaient pas d\'être bons (au contraire !), à utiliser au mieux les décors. Aujourd'hui le cinéma est prisonnier d'une dictature du gros plan qui annihile toute mise en scène !!

Le scénario bien qu'attendu est solide, notamment dans sa dernière partie. La fin est ouverte mais le spectateur reconstruira mentalement la suite des événements.

L'interprétation remarquable est Le point fort du film. La belle Virna Lisi est d'une beauté et d\'une vulnérabilité également admirables. Pierre Brasseur fait preuve d\'une solidité incomparable dans son rôle d'avocat virtuose. Marina Vlady est superbe de machiavélisme. Quand à Bourvil, il est magnifique dans un rôle de juge d'instruction qui fait penser au personnage de Brel dans Les assassins de l'ordre de Carné. Ce qui est normal vu que les 2 films s'inspirent de l'oeuvre du scénariste et écrivain Jean Laborde.

Voici donc un bon film, dans la fin de carrière pas toujours très heureuse de Christian-Jacque. Il est en dvd en plus, de même que "Le repas des fauves" avec Francis Blanche.


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De Impétueux, le 26 décembre 2007 à 12:47
Note du film : 5/6

Ami Verdun, qui me faites l'honneur d'être surpris que je n'aie pas mis le moindre message sur ces Bonnes causes dont vous parlez éloquemment, sachez bien qu'il aurait d\'abord fallu que je susse (terminons l'année avec un fort seyant imparfait du subjonctif !) qu'elles existaient en DVD pour que je pusse les regarder !

Mais voyez bien que sur l'onglet adéquat, notre site favori n\'en fait pas mention, et adressons une prière commune à la suprême Rédaction pour que cet oubli soit réparé ! Et dites nous chez quel éditeur ( René Château ? Les films du collectionneur ?) ce film est édité… Il ne me souvient pas, en tout cas, de l'avoir déjà vu dans les bacs…

Remarquez, ça m'arrange assez : parce qu'à l'heure où je vous réponds… je n'ai pas encore tout à fait fini la grande montagne de Twin Peaks… et que viennent de s'ajouter à la quinzaine de films non encore visionnés que j'ai dans ma DVDthèque… les huit galettes de L'âge d'or de Sacha Guitry

Et qu'il faut bien que je me nourrisse et dorme, non ?

Mais je vous promets, si le Ciel me prête vie, de vous donner dès que possible mon opinion !


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De verdun, le 26 décembre 2007 à 14:11
Note du film : 5/6

C\'est L.C.J. qui dans sa série \"Les films du collecteur\" a eu la bonne idée de rééditer ce film, dans une copie perfectible mais correcte et qui respecte le format du film. Si la sortie de ce dvd s\'est faite dans la plus grande discrétion, vous le trouverez aussi bien sur le net que dans tel grand magasin culturel des Champs-Elysées.

L\'occasion de savourer une des plus belles performances de Bourvil, plus proche ici du cercle rouge que du mur de l'Atlantique.


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De Arca1943, le 26 décembre 2007 à 14:19

Et en plus, c'est avec Virna Lisi, que je kiffe grave ! (On voit que moi, j\cause pas l'subjonctif des beaux quartiers !)


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De Gilou40, le 7 décembre 2010 à 23:33
Note du film : 4/6

Verdun a tout dit ou presque. Excellent film qui réserve des surprises. Pas tant dans le scénario mais au niveau des acteurs. Je ne parle pas de l'immuable Brasseur, mais de Bourvil qui semble mal à l'aise en début de film. Pour devenir brillantissime par la suite. Même si, décidement, il n'a jamais été très à l'aise avec les femmes. Autant dans ses films "benêts" il tenait plus du couillon que du bellâtre, autant en prenant du métier et de l'âge, il n'était guère plus adroit et à l'aise. Regardez comme il fut impressionné par Morgan dans Fortunat. Ca ne s'est jamais arrangé… Une très bonne intrigue bien noire, même si traitée sur un ton un peu léger. Mais celà vient du fait que Pierre Brasseur virevolte avec tellement d'aisance et un tel abatage que l'on a du mal à plonger dans les diaboliques…Un noir et blanc de toute beauté et des minois féminins qui devraient vous faire fondre, Messieurs. Criminelles ou pas.

Il est également vrai que la mise en scène nous rappelle souvent, par les plans larges dont parle Verdun, la façon de faire de Duvivier et de Marie-octobre (pour la reconstitution, par exemple). On aimerait que la vraie coupable soit confondue à la fin, mais Christian-Jaque opte pour une sortie plus fine et plus…diabolique.

Je ne connaissais pas. Un excellent moment. Pas de regrets, et l'envie de le revoir très vite.


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De verdun, le 17 mai 2021 à 14:20
Note du film : 5/6

Je viens de revoir Les bonnes causes, dans la belle restauration proposée par l'éditeur Coin de mire, et c'est encore meilleur que dans mon souvenir !

Malgré le fait que le coupable nous soit montré dès le début, le spectateur ne peut être que captivé par le brio du scénario et des dialogues, signés par des auteurs talentueux tels que Jean Laborde, Paul Andreota et Henri Jeanson. La fin est, comme le soulignait Gilou 40, particulièrement bien amenée.

Le casting est parfait: le numéro de Pierre Brasseur, impressionnant dans le rôle d'un avocat puissant et retors, vaut le détour mais Bourvil, juge d'instruction intelligent mais impuissant face à l'avocat chevronné, est superbe, comme toujours dans ses rôles sérieux. Les deux actrices valent aussi le détour: que ce soit Marina Vlady, garce d'anthologie, ou Virna Lisi, assez surprenante dans le rôle de la modeste infirmière accusée à tort.

La mise en scène de Christian-Jaque utilise avec bonheur toutes les ressources du cinémascope et du noir et blanc, notamment dans les plans larges comme je l'indiquais dans un de mes messages précédents.

Il y a peut-être quelques séquences superflues. Un quart d'heure en trop.

Mais à part ça Les bonnes causes est un film judiciaire aussi réussi -A MON HUMBLE AVIS- que La vérité.

La qualité française à son meilleur.


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De vincentp, le 21 juin 2022 à 22:56
Note du film : 5/6

C'est un film qui nous plonge avec délice dans la France du début des années 1960, ses DS et 2CV, sa société alors légèrement condescendante avec les femmes, qui jouent les faire-valoir. Très bon film, si l'on arrive à accepter les caractéristiques de cette époque révolue et sa logique d'alors. Les dialogues semblent exagérés par moment, théâtraux, ou trop bien écrits. Il faut accepter aussi cette écriture cinématographique un peu compassée, pour apprécier ce film, qui me semble globalement très réussi, notamment en raison de l'opposition entre Pierre Brasseur et Bourvil.


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De Impétueux, le 12 février à 13:13
Note du film : 5/6

Ah oui, quelle merveille que ce film des plus belles années du cinéma français, plein d'intrigues compliquées, de dialogues spirituels et intelligents (du Jeanson ! C'est dire) et de numéros d'acteurs tous plus remarquables les uns que les autres ! Je n'évoque pas même, à ce moment, les vedettes du premier rang mais tous ceux qui, pour quelques secondes quelquefois, s'ancrent dans l'œil du spectateur et donnent de la profondeur, de l'épaisseur, de la substance au film ! Qu'est-ce que nous avons perdu avec l'indifférence des rogues petits seigneurs subventionnés d'aujourd'hui pour ces modestes et indispensables serviteurs du cinéma, qui donnaient tant de plaisir ! Jacques Monod, le Procureur, Hubert Deschamps, le médecin, Mony Dalmès la tenancière des studios coquins et même Bernard Musson le majordome compassé… Sans oublier la rapide pige faite par José Luis de Villalonga dans le rôle du très rapidement mort…

Une fois écrit cela, il faut évidemment se pencher sur et applaudir les grands acteurs des Bonnes causes. Dussè-je agacer ses nombreux admirateurs, je ne trouve pas Virna Lisi, pourtant bien gironde, au niveau des autres protagonistes : petit oiseau effrayé et médiocre, c'est un fait et c'est son rôle, on en est bien d'accord ; mais elle n'imprime jamais la moindre marque aux séquences où elle est employée. Et elle est tout de même beaucoup moins belle que Marina Vlady qui peut, en plus, mettre en valeur la trouble splendeur de son visage slave dans le rôle de la machiavélique absolue démone.

Mais naturellement, quelle merveille de contempler le duel entre les deux acteurs les plus dissemblables qui se puissent ! Pierre Brasseur, la voix, la puissance, la morgue, l'allure dominante, le pouvoir et la supériorité incarnés. Et en face de lui Bourvil, toujours admirable dans ses rôles graves, avec sa physionomie de petit employé, de comptable constipé nécessiteux et son honnêteté, sa profondeur, son courage ! De ce contraste naît un film à scénario ingénieux, habile, plein de péripéties et de subtilités procédurières, presque deux heures de plaisir continu. Doux Jésus ! Pourquoi n'existe plus guère de nos jours ce genre de films solides, bien construits, charpentés sur des contrastes, qui ne se grattent pas le nombril sur des histoires de genre ou d'identité sexuelle ou de minorités prétendument persécutées ! Des histoires solides et bien fichues. Voilà ce dont nous avons besoin.

Donc voilà. Un riche homme d'affaires, Paul Dupré (Villalonga), volage et malade du cœur, marié avec la séduisante Catherine (Marina Vlady) meurt brutalement à la suite d'une injection malencontreuse de médicament effectuée par son infirmière Gina Bianchi (Virna Lisi), depuis peu sa maîtresse. On sait très vite que Gina est en fait l'instrument innocent de la diabolique Catherine (Marina Vlady) qui souhaite récupérer au plus tôt l'héritage de son mari. Et qui a fomenté pour cela une machination assez subtile.

Avec l'aide de son amant périodique Charles Cassidi (Pierre Brasseur) ténor du Barreau ? Oui et non ; c'est un peu plus complexe que ça. Et c'est d'ailleurs tout le charme du film. Bien sûr il n'est pas bien compliqué de comprendre que la louve, la vipère, l'aspic, la scorpionne mène totalement le jeu et tient la dragée haute devant son suffisant amant.

Avec les dialogues d'Henri Jeanson, il y a une qualité, un brio, une allure de haute tenue ; quelques scènes qui rassemblent les acteurs principaux dans les endroits clos font partie des meilleures qui se puissent, échanges brillants, confrontations tendues, combats entre combattants de grand lignage. Un véritable régal. Et puis le double twist final est aussi délicieux que réjouissant.


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De droudrou, le 12 février à 15:14
Note du film : 5/6

Allez, un 5/6 complémentaire pour un film comme on n'en fait plus ! Pauvre cinéma français : plus de sujets ! plus de réalisateurs de talent ! plus d'artistes ! Pauvre France ! Nos séries télé dites de qualité ne compensent pas ! ou nous emmerdent avec des histoires personnelles bien compliquées dont nous nous fichons éperdument !… Dans notre quotidien, il y a toujours autant de cocus des 2 sexes mais il n'y a plus de couperet pour les assassins donc moins de sujets dans une société qui apparaitrait superficiellement plus propre !…


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