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Sujet : Une oeuvre majeure de John Carpenter


De Gaulhenrix, le 18 juin 2007 à 13:15
Note du film : 5/6

La sonde Voyager 11 (1977) envoie à travers l'espace des messages de bienvenue et d'invitation au nom de l'espèce humaine. Plusieurs années plus tard, un extra-terrestre, Starman (Jeff Bridges) capte le message et s'en vient atterrir chez Jennie, une jeune femme (Karen Allen) toute à sa douleur du décès récent de son mari…

John Carpenter signe avec ce film une œuvre intéressante en abandonnant les sujets de série B au profit d'un projet plus ambitieux. On retrouve le thème, cher au réalisateur, de la révolte contre tout groupe oppresseur. Et l'extra-terrestre va, précisément, se heurter très vite à la dure réalité humaine si bien que, constamment battue en brèche, sa confiance dans le message d'invitation finit par se réduire comme peau de chagrin. Ce qui donne l'occasion à Carpenter de dénoncer l'hypocrisie, l'avidité et la cruauté d'une société qui bafoue de la pire des façons ses propres idéaux moraux. A l'inverse du message optimiste délivré par Rencontres du troisième type de Spielberg, Carpenter accumule les mésaventures pour son personnage qui va de désillusion en désillusion et doit se confronter à l'intolérance, à la violence et à l'inhumanité la plus totale, au point que l'invitation faite par les Terriens vire au pire des cauchemars.

Mais Carpenter sait nuancer son propos et évite tout manichéisme. Il fait en sorte que cette face noire de l'humanité puisse être adoucie par le contrepoint d'une belle histoire – et leçon – d'amour qui se développe parallèlement au cauchemar et s'en nourrit. Et la fin du film, bouleversante, délivre un authentique message d'espoir magnifié par le thème musical du film, répété, amplifié, pour mieux exprimer toute la force vivifiante de l'espoir, de l'amour et de la fidélité.


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De vincentp, le 21 juillet 2013 à 22:12
Note du film : Chef-d'Oeuvre


The baby will know…

Excellente analyse publiée ci-dessus par le regretté Gaulhenrix, le druide gaulois de ce forum, victime en 2007 du glaive d'un mari romain jaloux… Starman n'est sans doute pas parfait, baignant par moments dans des conventions de forme et de fond du cinéma des années 1980. Le descriptif un peu naïf des méthodes du gouvernement des Etats-Unis prête à sourire aussi… Mais j'ai trouvé ce film extrêmement réussi, voire totalement génial par moments, et au final dans son ensemble. A ma très grande surprise, à vrai dire, car j'avais déjà vu ce film il y a quelques années. Il y a sans doute comme ça des films qui arrivent à un certain moment à maturation dans notre perception de spectateur, et pour lesquels vous adhérez au fond et à la forme… Incontestablement, le scénario de Starman est très solide, les idées s’enchaînent parfaitement sous forme de plans.

Le duo Karen Allen – Jeff Bridges fonctionne à merveille. Bridges donne progressivement une consistance humaine à son personnage d'extra-terrestre. Sa prestation est admirable ! Un des grands acteurs masculins de sa génération. Il est parfaitement épaulé par Karen Allen (Les aventuriers de l'arche perdue,…) qui n'a sans doute pas eu par la suite une carrière à la hauteur de son talent. On enregistre des poussées d'émotion forte régulière tout au long de ce long-métrage, produites façon John Ford (The searchers). La musique, le montage, la photographie concourent à la réussite, à mon avis exceptionnelle, de cette oeuvre. Les trois dernières minutes (mais pas seulement) atteignent des sommets artistiques. Quel talent incroyable de conteur et de mise en scène chez John Carpenter, l'héritier à la hauteur de ses maîtres : Howard Hawks et John Ford !


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