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Forum : Sans mobile apparent

Sujet : Pas besoin d'effets spéciaux

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De ainji, le 20 janvier 2006 à 10:17
Note du film : 6/6

Philippe Labro réalise un magnifique équilibre entre scénario, ditribution, jeu d'acteurs et musique.

Dans ce genre, il reste un exemple pour le cinéma américain en particulier. Pas besoins d'effets spéciaux pour rester captivé.

Ne pas le trouver en DVD souligne le manque d'initiative marketing en France.


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De verdun, le 11 mai 2006 à 01:13
Note du film : 3/6

Eh bien voilà un polar qui ne révolutionnera peut-être pas le genre mais on peut s'y laisser prendre et passer un bien agréable moment qui se révèle tout de même infiniment supérieur à la bouillie télévisuelle infâme et archaïque des Navarro et autres Julie Lescaut. Un excellent entre-deux en somme.

A l'actif de ce film, on peut d'abord noter une interprétation toujours aussi solide de Jean-louis Trintignant dans le rôle de l'inspecteur Carella. A cette époque le grand acteur français (sans doute mon acteur préféré) vient de tourner quelques-uns des plus grands films de son époque: Z, Ma nuit chez Maud et son film préféré (il n'est pas le seul) Le Conformiste. Sans mobile apparent n'est sans doute pas du même calibre mais son interprétation est de première qualité:il fait preuve de sa légendaire ambigüité en donnant à un personnage positif mais secret et obstiné des aspects inquiétants.

L'histoire est bien ficelée,avec une intrigue plus originale que ce qu'on peut croire. Si les références au film noir sont nombreuses, avec notamment Carella qui dit à sa femme la fameuse réplique du Le port de l'angoisse: Siffle si tu as besoin de moi, l'intrigue évoque davantage Dix petits nègres d'Agatha Christie avec en plus une critique qui se réfère à des évènements de l'époque (jeunesse maoïste, affaires et magouilles) et donne une portée sociologique non négligeable à ce film. Enfin, le désenchantement du flic face à un milieu pourri est bien rendu et la film s'abstient du triomphalisme à la Belmondo pour adopter un désenchantement similaire à celui du magnifique Serpico de Sidney Lumet.

Du côté du passif, on peut regretter quelques effets et ficelles qui apparaissent un peu naïfs (les scènes d'assassinat sont plus ou moins réussies),et peut-être aussi transparaît l'inconvénient qu'à l'acclimatation de polars anglo-saxons: Labro aurait peut-être gagné à s'écarter encore plus de motifs anglo-saxons notamment en ce qui concerne les noms parfois trop américains des personnages dans un contexte français.Mais de l'autre côté,cette adaptation prend déjà beaucoup de distance avec les écrits d'Ed Mac Bain au point de décevoir les fans.Comme je l'ai mentionné précédemment, le film a un aspect très révélateur de l'époque à laquelle il fut fait mais à certains égards on peut trouver qu'il est daté dans ses costumes, ses décors et les faits qu'il décrit. Ici cela sent bon les pattes d'eph, les robes à fleur et les téléphones à cadran.

L'intrigue est très intéressante mais on peut regretter certaines obscurités,des raccourcis et des maladresses: l'identité de l'assassin nous est révélée bien tôt.Enfin si Trintignant est superbe, le casting autour de lui n'est pas mauvais: on trouve le crooneur Sacha Distel,le romancier américain Erich Segal qui venait d'obtenir un triomphe avec Love story, une Stéphane Audran au zénith mais qui est utilisée ici bien en deçà de ses possibilités, Laura Antonelli dans un de ses rôles les moins sensuels et un contre-emploi savoureux mais pas toujours crédible du pourtant immense Marielle, qui annonce un peu sa prestation dans Les Quatre Mouches de velours gris de Argento. La musique de Morricone alterne le bon et le moins bon: le thème principal est joli mais beaucoup moins percutant que les musiques composées par le maestro pour Le clan des Siciliens ou La Cité de la violence.

Par conséquent le bilan demeure largement positif et si c'est un film sans génie apparent – il est symptomatique que ce film reste relativement peu connu alors qu'il a souvent été programmé à la télévision – voici le meilleur film et de loin de Philippe Labro qui offre un bon moment et dont la réédition en dvd serait fort opportune,ne serait-ce que pour compléter ma collection de films de Trintignant et ajouter un bon polar français des 70's, domaine perfectible dans l'édition des dvd.


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De Arca1943, le 18 novembre 2006 à 22:58

Je me joins à la meute. J'aime bien les films policiers français de l'époque, même si je les aime moins quand ils veulent à tout prix "faire comme les Américains" (fort accent parisen, ici). Et puis, en plus du toujours bon Jean-Louis Trintignant (en fouillant bien, peut-être n'était-il pas complètement à l'aise dans L'Ordinateur des pompes funèbres? mais il faudrait que je le revoie), je constate la présence d'un impressionnant carré de dames : Dominique Sanda, Carla Gravina, Laura Antonelli, Stéphane Audran… du beau linge.

Par ailleurs, je n'ai jamais particulièrement remarqué la signature du dénommé Philippe Labro, même si je me rends compte que j'en ai vu au moins un, L'Héritier, qui ne m'a pas laissé un mauvais souvenir (mais c'est très loin).


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De fretyl, le 23 avril 2008 à 14:52
Note du film : 3/6

Philippe Labro est un réalisateur moyen, parfois bon : L'héritier, L'alpagueur des fois vraiment insupportable Hazard et la violence.
Ici c'est moyen, polar typique des années 70 qui vaut surtout pour son casting Sacha Distel, Dominique Sanda, Paul Crauchet, Jean Pierre Marielle, Stephane Audran, Carla Gravina … La musique d'Ennio Morricone ajoute à la réussite du film, mais surtout (le cadre) ; la ville de Nice est dépeinte comme une ville sale ou la magouille et le bourgeois décadent règne en maitre.
Seul point faible Jean Louis Trintignant, il est à ce film ce que Montand était au Choix des armes. Le personnage de l'inspecteur Carella ne lui va pas du tout. L'acteur est plutôt fait pour interpréter des intellectuels ou des hommes d'état que des flics de choc.


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De PM Jarriq, le 7 janvier 2009 à 09:31

Nous parlions récemment avec Arca, de ces films qu'il vaut mieux ne jamais revoir, et laisser prudemment au rayons souvenirs. Sans mobile apparent en fait évidemment partie, et ô ! combien… Involontairement comique du début à la fin, ce "suspense" franco-yankee (difficile à croire, mais à l'origine fut un roman de Ed McBain !!!) offre quelques unes des plus belles fautes de casting de l'époque, dont le fleuron reste Marielle, qui n'a jamais été plus mauvais, qu'en citoyen britannique (sic !) nommé Rupert-Foote (re-sic !), qu'il joue comme dans une comédie de De Broca. Trintignant tire une gueule de trois kilomètres (on compatit) dans un rôle de flic atteint de pilatisme, et son duo avec la languide Sanda, ne retrouve jamais l'étincelle du Conformiste, tourné pourtant quelques mois plus tôt. Et que dire de Sacha Distel, en présentateur du Schmilblick ? Quant aux beautés italiennes, elles en sont réduites à servir de cibles (Gravina) et à jouer les autistes (Antonelli).

Hormis quelques extérieurs niçois bien utilisés, Sans mobile apparent est un condensé de ringardise, se prenant très au sérieux, sur un score étonnamment guilleret et hors propos de Morricone. La conclusion est franchement hilarante : dégoûté d'avoir dû assister à tant de meurtres, Carella démissionne et s'éloigne au volant de sa décapotable, en revoyant en flash-backs toutes les victimes tomber sous les balles. Sensible, le garçon…

En comparaison, les autres polars de Trintignant de l'époque (La course du lièvre, Un homme est mort) en acquièrent un nouveau prestige.


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De kfigaro, le 7 janvier 2009 à 15:22
Note du film : 3/6

Oui, c'est clair que "La course du lièvre" et "Un homme est mort" sont beaucoup plus puissants mais je serais un peu moins sévère car cet honnête polar de débutant (avec la délicieuse Dominique Sanda, par ailleurs bien plus jolie ici que dans l'excellent "Le conformiste") se laisse tout de même regarder.

Certes on a connu Trintignant plus convainquant (et convaincu), la musique de Morricone est bien mollassonne, mais Labro a fait tellement pire après "L'héritier" (son meilleur long métrage a ce jour).


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De Gilou40, le 8 janvier 2009 à 18:51

Moi je suis toujours étonnée en voyant ce film. Je suis tout a fait d'accord avec ce que dit "Pm jarriq" , mais je n'arrive pas à penser que Philippe labro ne l'a pas consciemment voulu , ce côté "comique" , bizarre , ringard…Je vois mal le réalisateur de L'héritier se gourer à ce point ! Et si il avait voulu faire une parodie ? En tous cas , paix à son âme , mais sacha Distel est l'illustration parfaite de l'erreur de casting ! Cet adorable chanteur était mauvais comme un cochon !


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De PM Jarriq, le 8 janvier 2009 à 19:09

Philippe Labro a semble-t-il écrit de bons bouquins, fait des émissions honorables, je suis moins convaincu qu'il soit un vrai réalisateur, mais ce n'est qu'un avis subjectif. Par contre, quelle que soit la discipline, on ne peut pas dire qu'il ait fait la preuve d'un humour très débridé. Donc, le côté parodie volontaire de Sans mobile apparent, je ne suis pas sûr, sûr…

Mais, sait-on jamais ?


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De kfigaro, le 9 janvier 2009 à 09:23
Note du film : 3/6

D'après l'interview que Stéphane Lerouge lui a consacré à l'occasion du CD regroupant les bandes originales de "L'héritier", "L'alpagueur" et "Le hasard et la violence", Labro n'a visiblement jamais réellement tenu en haute estime ses travaux pour le cinéma, il juge très sévèrement et sans la moindre concession des films comme "Le hasard et la violence" (que je n'ai pas vu, sans doute à raison…) et même "L'alpagueur" ne lui évoque pas forcement l'immenses souvenirs, ses vrais talents étaient ailleurs comme l'indique PM Jarriq…


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De verdun, le 6 mai 2021 à 23:38
Note du film : 3/6

Nous avons récemment blâmé la collection "Make my day" de StudioCanal, coupable d'avoir proposé une version écourtée de Le témoin à abattre. Raison de plus pour souligner que ladite collection a proposé de nombreux combos DVD/Blu-ray absolument impeccables, notamment celui de Sans mobile apparent.

J'ai donc pu revoir le film dans de bonnes conditions mais je suis un peu déçu par ce revisionnage. Mon message de ce 06/05/2021 sera donc bien différent que celui que j'ai rédigé en 2006…

Sans mobile apparent a la réputation d'être un polar "à l'américaine" efficace, bien ficelé et bien interprété. De fait, le film se laisse regarder sans ennui. Certaines scènes sont même mémorables: la course effrénée de Trintignant sur le port ou sa confrontation avec Stéphane Audran. Il est servi, comme de nombreux films français "grand public" des années 1970 par un casting d'une richesse étonnante. Mention spéciale pour les quatre actrices principales, toutes les quatre magnifiques: Dominique Sanda, Carla Gravina, Stéphane Audran et Laura Antonelli. L'ambiance du Nice des années 1970 donne un cachet particulier à l'ensemble. Et la musique de Ennio Morricone est excellente, bien meilleure que dans mon souvenir. Observons d'ailleurs que, malgré l'obsession de son réalisateur Philippe Labro pour le cinéma américain, Sans mobile apparent s'apparente davantage par son intrigue, son compositeur et ses actrices italiennes à un giallo qu'à un film noir classique.

Malgré ses qualités, Sans mobile apparent me semble avoir assez mal vieilli et me fait penser à certains Verneuil de la même époque, comme Le casse ou Peur sur la ville, qui réunissent tous les ingrédients d'un bon polar, et dont certaines séquences restent efficaces cinquante ans après, mais frappent aussi par leurs maladresses et leurs grosses ficelles.

Ainsi le casting est magnifique mais les acteurs sont bizarrement dirigés ou leurs rôles sont mal écrits. Dans mon message de 2006, j'écrivais que Trintignant " faisait preuve de sa légendaire ambigüité en donnant à un personnage positif mais secret et obstiné des aspects inquiétants". En revoyant le film, j'ai été déçu par l'interprétation de cet acteur que j'adore mais qui ici joue une sorte de névrosé fragile dans sa peau, perclus de tics et de TOCS. Il aurait été presque plus crédible dans le rôle du méchant -comme celui qu'il tiendra dans Flic story par la suite- que dans celui du flic chargé de l'enquête. Le couple du conformiste Sanda-Trintignant (qui devait être aussi celui du dernier tango à Paris d'ailleurs) n'est pas utilisé au mieux, paraît ici très froid.

Du coté des seconds rôles, on regrette de voir trop brièvement des acteurs tels que Gilles Segal, Paul Crauchet, Stéphane Audran ou André Falcon. On s'étonne de voir Marielle jouer un citoyen anglais ou Laura Antonelli dans un rôle de femme traumatisée, deux contre-emplois surprenants mais peu crédibles. Certains seconds rôles sont carrément exécrables, notamment le romancier Erich Segal. Le pire est sans doute atteint lors des scènes de meurtres, atrocement jouées: les acteurs censés incarnés des personnages victimes d'un sniper s'écroulent comme s'ils étaient atteints d'une migraine mortelle. Heureusement que ces séquences n'occupent qu'une petite partie du film…

Le scénario est correctement ficelé mais tient moins en haleine que Dix plus Un, la série noire de Ed McBain dont il est tiré. L'action qui se situait à New-York est transposée tant bien que mal à Nice. Labro et Lanzmann font aussi quelques concessions à l'esprit soixante-huitard de l'époque: la jeunesse hippie et maoïste apparaît à plusieurs reprises tandis que les moeurs des riches bourgeois niçois sont sévèrement épinglés. La dernière scène, marquée par le dégoût de l'inspecteur face à tout ce marigot, est bien peu crédible…Comme souvent les adaptateurs auraient mieux fait de ne pas trop s'écarter de l'oeuvre originale.

La réalisation est elle aussi correcte mais quelques naïvetés dommageables dérangent, notamment les scènes d'assassinat, tout comme l'hétérogénéité du ton, parfois froid, parfois humoristique. En revanche, le montage est dynamique et donne une certaine vigueur au film. Et la photo de Jean Penzer est agréable à l'oeil.

Au final, Sans mobile apparent me laisse sur une note mitigée: c'est un divertissement agréable et suffisamment intéressant pour que je lui consacre à nouveau un long message. Mais certaines maladresses sont susceptibles d'agacer les cinéphiles exigeants. Et surtout, ce n'est pas le meilleur polar tourné par Trintignant en ce début des années 1970: L'attentat, La course du lièvre à travers les champs ou encore Un homme est mort semblent, en 2021, plus maîtrisés et moins datés.


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De Frydman Charles, le 17 juin 2022 à 11:09
Note du film : 5/6

Une intrigue intéressante et un joli témoignage sur Nice au début des années 1970 : la place Rossetti dans le vieux Nice, le quartier du port. Le Régina, à Cimiez, Un hôtel transformé en appartements. Le Régina servi de décor à un remake de Rebecca de Hitchcock en 2019 : Cimiez,remake d'Hitchcock au Régina . Nice-matin :tournage de sans mobile apparent


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