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Forum : Mort de Bertrand Tavernier (1941 -2021)

Sujet : Une triste nouvelle


De verdun, le 25 mars à 16:43

Merci pour cet hommage d'une grande justesse.

Le cinéma perd effectivement un cinéphile passionné et passionnant. Un érudit comme il y en a -me semble -t-il de moins en moins. Un passeur incontournable pour tous ceux comme nous qui aiment le cinéma (de patrimoine). Citons outre 50 ans de cinéma américain dont il achevait récemment la réédition très attendue, son "Amis américains", monumentale somme d'entretiens avec des réalisateurs états-uniens. Et les nombreux bonus DVD pour SIDONIS notamment.

Concernant le cinéaste, si je n'ai pas tout vu de son oeuvre, il s'agissait de toute évidence, d'un réalisateur très estimable. J'ai une tendresse pour Coup de torchon, Quai d'Orsay, rare comédie française récente réussie, Daddy Nostalgie en raison de la présence de Dirk Bogarde et ça commence aujourd'hui. Seul défaut à mes yeux dans ses films: leur manque de concision. De mon point de vue, ses films les plus aboutis sont les deux premiers, L'horloger de Saint-Paul et Que la fête commence.

J'aurais bien aimé parler de cinéma avec Bertrand Tavernier. Je sais qu'il lisais ce qui s'écrivait sur internet sur le cinéma. Notre site perd probablement un lecteur… En tous cas je recommande son blog sacd: texte apparaissant à l'écran

L'annonce de cette disparition est une bien triste nouvelle…


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De Commissaire Juve, le 25 mars à 18:08

Je viens de l'apprendre à l'instant, en passant ici (°_°). Ah mince !!! Les bras m'en tombent ! Un chouette cinéaste, un grand conteur, une sorte d'Oncle Paul fait de chair et d'os. Ses films resteront, mais il va me manquer.


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De vincentp, le 25 mars à 19:48

C'était un cinéphile, passionné, et il a permis au grand-public de mieux connaitre le cinéma américain (et anglais aussi) au travers de ses chroniques écrites et audiovisuelles, livres. Par contre, son bilan de réalisateur est bien plus modeste. Il ne s'est jamais imposé comme un cinéaste majeur, égal d'un Eric Rohmer par exemple, même si des bouts de ses films sont intéressants (comme L'horloger de Saint-Paul). La forme n'était pas, et ne fut jamais au rendez-vous. Il lui a manqué peut-être aussi un esprit plus synthétique, ce que Verdun appelle de la concision. Reste qu'il faisait partie du paysage cinématographique français, alors que les excités de la dernière cérémonie des césars n'en font pas partie.


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De verdun, le 26 mars à 18:54

A noter l'article ignoble paru dans le "libé" d'aujourd'hui, à comparer avec le bel hommage rendu sur ce site à Impétueux.

Il ne faut pas s'étonner du déclin de la presse quand on constate sa médiocrité et sa qualité très inférieure à ce qui peut se trouver sur internet de nos jours.


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De vincentp, le 26 mars à 20:14

Que est le problème au juste ? Je n'ai pas accès au contenu de leur site. Libération fait partie de la presse idéologique et sectaire d'une époque dépassée, et en voie de disparition. Sans aide de l'Etat, ce journal aurait disparu depuis longtemps.

Pour l'anedocte, quand je suis passé à la fameuse séance des prud'hommes (ou j'ai glorieusement mis à terre la partie adverse façon Gentleman Jim), il y avait juste avant moi le rédacteur en chef d'une revue de cinéma bien connue qui s'était fait virer par sa direction (suite visiblement à la chute des ventes de la revue, concurrencée par internet) : j'ai assisté à un déballage de linge sale !


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De fretyl, le 26 mars à 22:13

Tavernier aura été de la même trempe par certains cotés d'un réalisateur tel que Louis Malle ou parfois de Claude Sautet. Je revoyais avec plaisir Que la fête commence il y'a peu.

Ses films ne manquaient pas de défauts, parfois de souffle on a beaucoup reproché au Juge et l'assassin son aspect après 68. Personnellement je n'en garde en mémoire que l'aspect dérangeant, et son atmosphère.

Tavernier était un cinéaste d'atmosphére !


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De Arca1943, le 13 avril à 17:37

Pour répondre à VincentP, je me suis nettement plus ennuyé en essayant de voir des films du précieux Rohmer qu'en voyant ceux de Bertrand Tavernier. En tout cas ce n'est pas Rohmer qui aurait pu nous donner le sardonique et poisseux Coup de torchon.

Contrairement à bien d'autres, c'est plutôt le cinéphile qui m'agaçait, à force d'idolâtrer le cinéma américain et de surévaluer des films U.S. parfois bien ordinaires. En revanche, j'ai adoré le réalisateur, et quelques films plus faibles (Des enfants gâtés, par exemple) ne m'ont jamais rebuté, le cinéma étant de loin l'art le plus inégal. Que la fête commence a fait ma conquête, et depuis je l'ai toujours suivi, à travers les grands comme les plus petits crus.

Comme le souligne Impétueux, un de ses plus grands mérites à ses débuts fut de remettre au travail les scénaristes Jean Aurenche et Pierre Bost, mis aux chômage par les ânes de la "Nouvelle Vague" au nom de fumeuses théories abstraites.

Parmi les titres moins souvent mentionnés mais chers à mon cœur, Tavernier a même réussi à me faire mentir, puisque je soutiens que rien n'est plus ennuyeux que les films consacrés au cinéma (comme les romans consacrés à l'écriture) : Laissez-passer est une vibrante et très instructive page d'histoire. Quand il se laissait suffisamment aller à son lyrisme, Tavernier était un grand conteur cinématographique, comme on ne peut que le constater en revoyant son chef-d’œuvre La Vie et rien d'autre, une date dans l'histoire du cinéma français.


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De verdun, le 14 avril à 15:30

Contrairement à bien d'autres, c'est plutôt le cinéphile qui m'agaçait, à force d'idolâtrer le cinéma américain et de surévaluer des films U.S. parfois bien ordinaires.

Autant l'idolâtrie systématique du cinéma m'irrite moi aussi, autant il convient, me semble t-il, de nuancer cette affirmation au vu des derniers travaux de Tavernier. D'une part, sur son blog https://www.tavernier.blog.sacd.fr, que je ne cesserai de recommander, le cinéaste-cinéphile recommandais le dvd de films américains mais aussi de films italiens, français et des films d'Europe de l'est. Son billet du 3 novembre est, à cet égard, d'un éclectisme des plus louables.

D'autre part, le dernier film de Tavernier est un monumental Voyage à travers le cinéma français de plus de 8 heures dans sa version longue, où l'auteur de Coup de torchon célèbre avec lyrisme le cinéma hexagonal des années 1930 aux années 1960.


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