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Oscar du meilleur film étranger...


De Impétueux, le 20 novembre 2014 à 15:20
Note du film : Chef-d'Oeuvre

J'avais déjà été bluffé par la vision prise au vol de La grande bellezza, captée au hasard d'un soir paresseux. Si bluffé que j'ai acquis le DVD, ai regardé à nouveau le film et le regarderai sûrement encore, tant sa richesse de style et de pensée me semblent, comme aux plus grands films de mon Panthéon, presque inépuisables.

Je crois que chacune des séquences est en soi porteuse de sens, prémonitoire ou révélatrice et que chaque image devrait être regardée en faisant attention à tout ce qu'elle comporte ; sans doute peut-on tomber dans la sur-interprétation mais je ne trouve pas tout à fait innocent que le film s'ouvre sur un dépôt de gerbe au pied du monument à Garibaldi érigé pour commémorer la défense de la République romaine, en 1849, contre les troupes françaises qui défendaient le pouvoir temporel du Pape. Sur le socle du monument, une inscription sobre Rome ou la mort ; un car de touristes japonais qui se précipitent pour photographier l'admirable vue qu'on a de la colline du Janicule ; l'un d'eux tombe mort : émoi devant la beauté sublime, sans doute et peut-être aussi perspective que ce monde qui s'étale sous ses pas est disparu, mais aussi vénéneux. Chant étrange d'un groupe de jeunes femmes, presque un chœur funèbre, ou indifférent, malgré tout.

Et, brutalement, la fête d'anniversaire de Jep Gambardella (Toni Servillo) : hurlement hystérique d'une femme trop maquillée sur fond de pulsation démesurée de la musique électronique, méandres excités, violents, charnels des danseurs cocaïnés, des Loana et des Nabilla à la pelle au milieu de quinquagénaires friqués, de sexagénaires liftées, d'éphèbes douteux… Monde interlope où se sont craquelées les ambitions des années de jeunesse. Pour écrire un autre livre que L'apparato umano est-ce qu'il manquait à Jep un tout petit peu de talent ? Ou un peu de courage ? On ne le sait pas et il ne veut surtout pas le savoir lui-même.

La grande bellezza, c'est l'errance de Jep dans la Ville éternelle. Il n'est ni dupe, ni complice du monde où il promène son désenchantement souriant sceptique (son attitude avec la performeuse qui, nue, fait mine de courir se fracasser le crâne sur l'arche d'un aqueduc antique, la cruauté avec laquelle il brise les envolées prétentieuses de bonne conscience de Stefania (Galatea Ranzi) qui se joue la comédie de l'engagement et du courage). Mais il n'a pas envie de se sortir d'une vie qui, finalement, lui est assez douce, avant la montée du soir et l'âge qui vient.

Il y a de la magie, dans La grande bellezza, que ce soit celle qui ne parvient même plus à distraire ou à séduire Jep (la girafe dans les arènes) ou celle qui lui permet d'éblouir encore (le détenteur des clefs des plus secrets palais romains). La nostalgie est le seul loisir qui reste à ceux qui se méfient de l'avenir.

Je reviendrai encore sur ce film bouleversant.


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De vincentp, le 27 mai 2014 à 22:51
Note du film : 0/6

J'avais quitté la salle de mon cinéma municipal en cours en projection. J'ai essayé de revoir ce film ce soir en DVD. Rien à faire, je ne le supporte pas et ai dû arrêter à nouveau (cette fois encore plus tôt). Quel récit ampoulé et vide de sens ! Les mouvements de caméras n'y changent guère. On est à des années-lumière de ce qu'ont pu faire Antonioni, Fellini ou Pasolini, à leur époque. Même les derniers films de Ettore Scola (Gente di Roma) me paraissent plus intéressants. Je ne comprends absolument pas l'avis positif de Impétueux. Quelque chose m'échappe.


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