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La magie à l'état pur


De Tamatoa, le 6 juin 2013 à 16:00
Note du film : 5/6

Je ne trouve pas du Cocteau chez Demy, en tous cas pas une trace dans Les demoiselles de Rochefort ou les parapluies de Cherbourg, je trouve du Cocteau dans Peau d'âne, nuance ! Et j'affirme encore une fois que Demy s'est très largement inspiré de Cocteau pour faire son film ! Et je dis également que si vous ne voyez pas Cocteau dans ce film c'est que vous ne connaissez pas et surtout ne voulez pas connaitre Cocteau ! Remettons les choses en place : D'abord, La belle et la bête n'a pas été écrit par Cocteau, ce que s'imagine beaucoup de gens . C'est un conte de fée écrit d'abord par Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, repris et "aéré" plus tard par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont qui fit de ce conte le succès qu'on lui connait. Et sous la plume de ces dames, La belle et la bête n'est ni plus ni moins qu'un conte de fée certes fort joliment écrit mais sans aucunes fioritures poêtiques. C'est Cocteau qui a poussé sa légendaire abstraction et ses folles songeries pour en faire ce que l'on sait.

Or, quand on lit Peau d'âne, conte pour enfants, ça reste une histoire qui, même se passant dans l'univers des fées, reste une historiette assez "plate" comme le fut le petit chaperon rouge. Même merveilleusement écrite !

Le Fils du Roi dans ce charmant séjour
Venait souvent au retour de la Chasse
Se reposer boire à la glace
Avec les Seigneurs de sa Cour.
Tel ne fut point le beau Céphale :
Son air était Royal, sa mine martiale,
Propre à faire trembler les plus fiers bataillons.
Peau d'Âne de fort loin le vit avec tendresse,
Et reconnut par cette hardiesse
Que sous sa crasse et ses haillons
Elle gardait encor le coeur d'une Princesse.

Mais le merveilleusement écrit ne fait pas un grand film pour autant. Pas de rose qui parle, point de chevaux peints en rouge ou bleu, pas d'hélicoptère qui atterrit, pas de sorcière crachant des crapauds, etc, etc. Et si Jacques Demy avait respecté à la lettre cette histoire, son film n'aurait jamais connu le succès qu'il a rencontré. Seulement voilà : Il reprend le côté onirique cher à Cocteau, les roses qui parlent, les ralentis aériens, les miroirs indispensables, les costumes éblouissants, les fôrets qui séparent le monde des rois et celui des gueux et même les cariatides que l'on peut apercevoir chez le roi. Les cariatides qui le suivent du regard…Sans parler de la baguette magique qui remplance le gant de Belle..Des gens mal-intentionnés pourraient évoquer le plagiat ! Il y a du Cocteau chez ce Demy , certes oui ! Christian Bérard ? D'accord, mais qu'est-ce qu'il a dégusté pendant le tournage, quand le poête était derrière lui à longueur de temps et de souci du détail !

Quant' à : Qu'avez vous retenu de La belle et la bête a part les bras et les chandeliers, le maquillage de la bête ?, Heureusement que ce film légendaire ne se résume pas qu'à ça ! Cocteau nous montre un rêve, à nous de l'interprêter. Quand on regarde Le jour le plus long, il faut savoir regarder derrière ce casque, seul, si lourd d'histoires, sur cette plage de Normandie…


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De Impétueux, le 6 juin 2013 à 09:21
Note du film : 5/6

Ah là là, Tamatoa, aller trouver du Cocteau chez Demy, c'est trouver de l'eau dans du vin ! J'ai bien conscience d'exagérer un peu lorsque je me gausse du poète funambulesque, mais qu'est-ce qui reste aujourd'hui de son œuvre ? Pas grand chose… Touche-à-tout de génie, certes, extraordinairement doué pour la vie, le plaisir, la conversation, le brio, l'éclat, sachant écrire, peindre, céramiquer, éblouir, séduire… Un de ces être gracieux, mondains, délicieux qui marquent l'esprit d'une époque, mais pas davantage (vous me direz que ce n'est déjà pas mal du tout, et vous aurez bien raison).

La Belle et la Bête, vous avez raison, est ce qu'il a fait de mieux. Ses Parents terribles sont d'un ennui aussi artificiel que ses Enfants terribles, mis en scène par Jean-Pierre Melville (dans un de ses deux ou trois plus mauvais films) ; les deux Orphée laissent une pénible impression de foutage de gueule.

Alors, certes, La Belle et la Bête ; mais quelle est la part, dans cette réussite, seulement partiellement gâchée par l'insupportable phrasé nasillard de Jean Marais du décorateur et costumier Christian Bérard ? Réfléchissez-y un peu de bonne foi : de quoi vous souvenez-vous, lorsque vous évoquez lez film ? Du maquillage de la Bête, des bras humains qui tiennent les torches dans les couloirs du château, de belles idées de ce genre. Et ça, c'est Christian Bérard


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