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Une pure merveille


De Nadine Mouk, le 12 mai 2017 à 19:41

C'est à la fois curieux et très drôle : J'ai toujours été tiraillée entre votre avis, Impétueux et celui de Vincent concernant ce film . Et à chaque fois que je l'ai vu (depuis des lustres) , j'ai ressenti ça comme une gêne . Et l'écart qu'il y a entre vos deux avis me rassure un peu aujourd'hui . Mais je serais bien incapable de mettre une note à ce mystère ….


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De Impétueux, le 12 mai 2017 à 18:35
Note du film : 1/6

Le trop prolifique John Ford a principalement brillé dans le genre du western, qui me paraît bien surfait, mais il faut reconnaître qu'il a tourné certaines des meilleures réussites de cette catégorie, notamment la chevauchée fantastique et surtout le chef-d’œuvre classique La prisonnière du désert. Il est vrai que je n'ai pas vu grand chose de lui à part l'assez plaisant Mogambo, réalisé en Afrique, mais qui n'arrive tout de même pas à la cheville du formidable Hatari ! d'Howard Hawks, sur un sujet assez analogue.

Mais tout ça est en tout cas bien meilleur que ce pitoyable Homme tranquille, dont j'entendais parler depuis 60 ans et que je n'ai découvert qu'hier, perdant deux heures de ma vie à regarder les infantiles sinuosités d'un récit auprès duquel les plus pitoyables nanards du cinéma français feraient presque figure de réalisations subtiles et amples.

Il y a un paquet de gens qui ne s'aimant pas et n'aimant pas leur pays ont forgé à propos d'une certaine propension du cinéma français bon enfant à se complaire dans la trilogie béret basque/camembert/kil de rouge le terme franchouillard, façon pour les élites mondialisées de dire tout leur mépris de l'identité de leur peuple. Je ne dis pas qu'il ne m'arrive pas de tomber dans cet affreux travers. Mais on surprendrait beaucoup de délicats en qualifiant mêmement L'homme tranquille de film irlandouillard, tant on rassemble là le maximum de clichés sur la verte Erin, ses coutumes et ses habitants.

Non que j'ai quoi que ce soit contre l'Irlande. Si je me demande toujours ce que James Joyce a bien pu apporter à la littérature mondiale, j'apprécie vivement Jonathan Swift ou Oscar Wilde et je serais bien inconséquent, en amateur d’œuvres terrifiantes, de méconnaître l'apport de Sheridan Le Fanu (Carmilla adapté au cinéma sous le titre Et mourir de plaisir par Roger Vadim) et naturellement de Bram Stoker (le papa de Dracula, qu'on ne présente plus). Mais enfin les landes pelées, le vent d'ouest, la pluie invasive, les toits de chaume, la touffeur sombre des pubs et les pintes de Guinness ne sont pas non plus pour moi une image paradisiaque.

En d'autres termes si je me laisse facilement aller aux délices filmées de la Côte d'Azur, de Paris, de la tuile chaleureuse et de l'ardoise ailée, du petit blanc sur le zinc et du Pastis sous les platanes, y retrouvant là toute mon existence, je me suis bien enquiquiné au spectacle de ces Celtes bavards et ratiocineurs, prêts pour un rien à se ficher de monumentales peignées en vidant des hectolitres de bière et à tenter, sur un cheval, d'attraper un chapeau féminin un peu ridicule.


Anecdote d'une minceur de libellule, ai-je écrit, mais surtout d'une répétitivité excessive : on a le sentiment que le brave Sean Thornton (John Wayne) dont la belle allure et l'exotisme étasunien ont d'emblée séduit la rousse Marie-Kate Danaher (Maureen O'Hara) passe son temps à la conquérir et la reconquérir en chassant à chaque dois un caillou glissé dans sa chaussure, le caillou prenant le plus souvent la forme colossale de ce mauvais coucheur de Will Danaher (Victor McLaglen).

En ne mettant pas 0, je marque une forme de commisération pour ces trois excellents acteurs. Mais qu'un film aussi bébête ait pu recevoir des prix et bénéficier d'une telle réputation me rend pantois.


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