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Forum : Maigret tend un piège

Sujet : Touffeur et tremblements


De Impétueux, le 11 février 2007 à 10:45
Note du film : 5/6

Les deux Maigret que Jean Delannoy a réalisés, celui-ci et Maigret et l'affaire Saint-Fiacre sont parmi les réussites du genre. Maigret tend un piège c'est le Paris de 1958, entre les Halles et la place des Vosges, le Marais d'avant la vogue singulière qu'il connaît actuellement.


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De RdT, le 12 février 2007 à 16:55
Note du film : 6/6

Maigret tend un piège de Delannoy sur celui là aussi nous allons encore être d'accord Impétueux

1957 l'année enchantée, celle des 411 millions de spectateurs dans les salles de l'hexagone, est décidément un bon cru.

Paulette Dubost bouchère bien en chair, n'est pas pour me déplaire : un beau brin d'actrice à rajouter à la liste des mythiques.

Jean Desailly est falot comme il faut pour son rôle, Melle Annie Girardot «de la comédie française» fait ici une de ses meilleures prestations.

Jean Gabin est un Maigret difficilement égalable.

«Touffeur et tremblement oui», mais aussi frisson de plaisir devant un morceau de choix bien ficelé.

Bon polar à voir en humant son café noir.


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De Tamatoa, le 17 juillet 2012 à 15:15
Note du film : 5/6

(Annie Girardot avait fait, derrière Gabin, une figuration dans Le Rouge est mis de Grangier où Ventura apparaissait aussi) .

Figuration, figuration…Même si son rôle est beaucoup plus court et moins consistant que dans Maigret tend un piège, je crois qu' elle a largement dépassé le stade de la figuration dans Le rouge est mis. Ne serait ce que par la gifle magistrale que lui assène Gabin. Figuration cinglante !!


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De Tamatoa, le 20 juillet 2012 à 18:29
Note du film : 5/6

Puisque nous évoquons la paire de gifles magistrale que Gabin assène à Annie Girardot dans le rouge est mis, scène qui reste dans les annales du cinéma, je me suis amusé à répertorier toutes les gifles célèbres que Gabin a dispensé pendant sa carrière. Bien sûr, vous pourrez éffacer ce message s'il vous semble peu approprié au sujet.

Le Quai des brumes oû il gifle Pierre Brasseur avec une violence non feinte, parait'il…"- Et pis t'es tout pâle, tu perds tes arêtes ! Ah t'es pas beau à voir j'te jure !!-"

Remorques et c'est Jean Marchat, le mari de Michèle Morgan qui s'en prend une bien sentie !

Touchez pas au grisbi oû le trio Jean Riveyre, Dora Doll, Jeanne Moreau s'en mange plusieurs à tour de rôle ! "-On t'a d'mandé quelque chose à toi ?!!-"

Des gens sans importance oû sa fille Dany Carrel regrette amèrement d'avoir ouvert le courrier de son père !

Le cave se rebiffe et c 'est Frank Villard qui mange ! ''"-Et ça, c'est une surprise ??!-"''

Du rififi à Paname oû il claque très sévèrement un demi-sel : -Pour les locdus dans ton genre, je suis MONSIEUR Paul Bergé !-" (Ma préférée !!)

Le Soleil des voyous et c'est Paul Bisciglia, petit malfrat qui ose vendre de la drogue chez son Gabin de pâtron, qui s'en prend une inoubliable !

Il doit y en avoir d'autres qui m'échappent. Mais le débat est ouvert…


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De Tamatoa, le 10 octobre 2013 à 02:21
Note du film : 5/6

Je viens de revoir ce moment de pur bonheur cinématographique pour la millième fois, ce qui ne manquera pas de déplaire à ceux qui n'en peuvent plus que l'on puisse re-re-re-parler de ces immenses films. Mais tant pis. Et comme je n'ai pas trop les mots ce soir, je m'en vais vous faire profiter d'une bien belle phrase que j'ai chopé sur un fort vieux canard qui parlait de ce film :

C’est l’atmosphère du Paris des années 50, ses appartements soigneusement rangés, où la vie semble s’écouler comme figée à jamais, où les secrets sont gardés dans les tiroirs de lourds buffets, avec ses concierges et ses habitants qui assistent à la reconstitution d’un crime comme à un spectacle…
(

Et puis tant que j'y suis, je fais remarquer à l'aimable assistance que mes différentes interventions sur ce fil risquent de faire dire à certains : "-Ce pauvre Tamatoa, ça ne s'arrange pas : Il se fait les questions et les réponses !-". Je tiens à rappeler que je discutais avec feu Alholg qui, tel le docteur Petiot disparut en emportant ses bagages


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De vincentp, le 11 novembre 2015 à 00:11
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Énormément de qualités effectivement pour cette adaptation d'un roman de Simenon réalisée en 1958. Le style légèrement guindé et compassé de Delannoy (cf dialogues typés années 1950 et datés) sert paradoxalement le sujet et décrit fort bien tout un monde urbain disparu, ses personnages pittoresques et ses classes sociales de l'époque. Gabin, faramineux, tire le film vers le haut, mais les autres acteurs l'entourent parfaitement.

Des scènes mémorables : l'entrée de Gabin dans la boutique du boucher, par exemple, qui rappelle une scène de M le maudit, accompagnée par une musique inquiétante; ou la rencontre de Gabin avec le couple Girardot-Desailly dans un espace lumineux complètement différent du précédent. Le scénario crée un épais mystère, distille des indices, sollicite l'imaginaire du spectateur, et tient celui-ci en haleine pendant deux heures.


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De Impétueux, le 13 décembre 2016 à 17:32
Note du film : 5/6

J'aimerais faire tourner Jean Gabin : il habillerait bien certains de mes personnages, disait déjà Georges Simenon en 1937. Et, de fait, la rencontre de ces deux monuments a forgé un bloc bien solide de très bon cinéma français. Adaptations souvent très infidèles au texte, mais la plupart du temps très conformes à l'esprit de romans naturalistes depuis La Marie du port jusqu'au Chat, en passant par La vérité sur Bébé Donge, Le sang à la tête, En cas de malheur.

Et les trois Maigret, dont il ne faut retenir que les deux premiers, ceux tournés par Jean Delannoy, le troisième, Maigret voit rouge, réalisé par Gilles Grangier, ne méritant qu'un voile pudique.

En comptant ses avatars télévisés, ceux de Rupert Davies, de Jean Richard (profondément méprisé par Simenon) et de Bruno Crémer, le plus célèbre commissaire de la littérature a été interprété par une douzaine d'acteurs avec des succès et des talents divers.

Il paraît que la première incarnation, celle de Pierre Renoir dans La nuit du carrefour de Jean Renoir est excellente, la deuxième, celle d'Abel Tarride, dans Le chien jaune de Jean Tarride, épouvantable, la troisième, celle d'Harry Baur, dans La tête d'un homme de Julien Duvivier, hors sujet. N'en ayant vu aucune, je m'abstiens prudemment.

En revanche je peux dire tout le mal que je pense du jeu d'Albert Préjean, qui vocifère et gesticule dans trois films : Picpus et Les caves du Majestic de Richard Pottier, Cécile est morte de Maurice Tourneur. Me demander, aussi, de ce qu'ont bien pu donner Charles Laughton (L'homme de la tour Eiffel de Burgess Meredith), Michel Simon (Brelan d'as d'Henri Verneuil) ou, plus tard, Gino Cervi (Maigret à Pigalle de Mario Landi). Pourquoi pas ?

Puis Gabin, évidemment. Mais on pourrait dire aussi Gabin et Audiard tant le dialoguiste s'en donne à cœur joie et renforce par ses mots l'autorité naturelle de l'acteur.

J'ai déjà dû dire des tas de fois, à chaque occasion donnée de commenter une adaptation de Simenon, que le génie du romancier n'était pas dans l'intrigue, dont il se moque souvent un peu, que dans la création et – si je puis dire – l'imposition au lecteur d'une atmosphère. Eh bien, même si le Marais s'est transformé vertigineusement depuis 1958 (qui oserait imaginer qu'un boucher (Jean-Louis Le Goff) tienne boutique Place des Vosges et qu'un autre (Alfred Adam) soit installé à un jet de pierre, 22, rue de Turenne ?), même si les vieilles pierres crasseuses ont été briquées, ravalées, lessivées, il y a, dans Maigret tend un piège une extraordinaire reconstitution du climat caniculaire et poisseux du quartier. Et Jean Delannoy a su très bien faire sentir la touffeur de ce début du mois d'août, où les petites gens sortent des chaises au soir venu pour prendre le frais. Remarquable aussi la séquence où Gabin, se promenant, la pipe aux dents et l’œil attentif, découvre, presque par hasard, une sorte de passage furtif entre les maisons, qui fait communiquer deux rues, sans y paraître ; dans ce passage tortueux, un tôlier, des demi-sel qui mijotent un coup, une vieille oubliée sur un fauteuil, une cardeuse de matelas, des gosses hurlant qui se poursuivent…

L'anecdote est naturellement trop tournée vers la résolution de l'énigme "Qui a tué ?" ce qui – rabâchons-le – n'est pas le souci premier de Simenon mais qui était sans doute nécessaire pour réaliser un franc succès public. Et puis la distribution est remarquable et le thème musical, de Paul Misraki très réussi… Gabin est lourd, massif, parfait ; Annie Girardot femme passionnée, frustrée, presque faussement adultère par amour, curiosité et frustration est très bien aussi.

Il n'y a guère que Jean Desailly que je trouve un peu en retrait : impuissant, certes, ce qui explique bien des choses, il est tout de même un peu trop mièvre pour susciter l'amour exceptionnel que lui voue sa femme.

Naturellement, pour les nostalgiques des troisièmes et quatrièmes rôles, c'est un festival : Olivier Hussenot, André Valmy, Gérard Séty, Jean Tissier, Guy Decomble, Daniel Emilfork… et même Lino Ventura. Et pour les dames, moins nombreuses, la palme à Lucienne Bogaert – visage comme on n'en fait plus – presque aussi fascinante et monstrueuse que dans le sublime Voici le temps des assassins, mais aussi Dominique Davray Madeleine Barbulée et surtout Paulette Dubost, caissière à la cuisse légère, devenue l'épouse de Barberot (Alfred Adam) le boucher (Ces femmes-là, elles trouvent toujours preneur : tout le monde visite et il y en a un qui finit par acheter).

C'est la morale de l'histoire…


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