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Forum : Notre-Dame de Paris

Sujet : La belle Esméralda


De jipi, le 26 décembre 2006 à 11:40
Note du film : 5/6

Esméralda belle comme la maîtresse d'un roi consume dans une tenue de feu une ombre de pierre, aimée par le pape des fous elle vénère Phébus luminaire indifférent au grand amour.

Louis XI incognito prend des cours d'alchimie dans les tours de Notre Dame pendant que Quasimodo commissionnaire pathétique offre le spectacle d'une chair dénudée

Pierre Gringoire poète lettré s'épuise à intellectualiser un troupeau endormi sur fond de mendicité itinérante.

La cour des miracles se révèle par quelques visages ravagés postés à chaque coin de ruelles alimentant un courant grossissant débouchant sur une mer monstrueuse de nécessiteux.

Cruel, ironique, blessant le moyen age par l'intermédiaire du bon peuple de Paris s'époumone dans des fêtes de rues et des passions interdites dans un sablier existentiel de 40 ans gangrèné par la misère et la question sous l'oeil indifférent d'un gigantesque vaisseau de pierre.

La sorcellerie alimente les gibets et les bûchers, la femme est satanique et cartomancienne, la dérive n'est protectrice que si elle ne s'exécute qu'en groupe.

Les cœurs purs ne battent pas dans les bonnes poitrines, l'amour beauté cachée des laids carillonne entre ciel et terre, la parole acerbe rythme un état général jouissif aux plaies d'autrui.

Le rouge et le nain apportent une contribution faciale naturelle tourmentée à ces temps ou l'huile bouillante et les blocs de pierres sont les seules contributions célestes.

Jehan Frolo et Clopin Trouillefou extrémistes dans le texte se montrent brave dans les instants extrêmes.

Jean Delannoy fidèle au roman de Victor Hugo dorlote brutalement un moyen age sanguinaire en lui octroyant faute de vérification un réalisme implacable par de somptueux sacrifices saupoudrés de bonnes répliques désabusées servant de cartes de visites à un environnement torturé.

Dans un contexte ou la clémence des rois n'est rien sans la clairvoyante des juges chacun éradique la misère et l'épidémie en s'offrant une mort glorieuse par les affres de la passion.


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De Freddie D., le 16 décembre 2007 à 17:43

Pour rendre hommage à Philippe Clay, qui vient de disparaître, la télé française diffuse Notre Dame de Paris. Outre le fait qu\'il n\'y tient qu\'un rôle assez épisodique, la bande-annonce diffusée pour annoncer l\'évènement est assez drôle, puisque centrée sur Clay. A peine si on entrevoit Lollobrigida et Quinn !

Je connais mal la carrière de comédien de Philippe Clay, mais il n\'y avait vraiment pas de film plus adéquat, et de rôle plus proéminent, pour saluer cet artiste ?


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De Sépia, le 16 décembre 2007 à 18:24

Et de toutes façons, que les médias ne se croient pas obligés de verser dans l'hommage ! Combien de fois avez vous vu Philippe Clay invité dans une émission quelconque, ces 20 dernières années ?? Il y a des "hommages" qui puent l'insulte !! Ceux qui aiment et ont aimé cet immense artiste l'ont dans le coeur, leur DvDthèque et Discothèque.

Que les médias aillent aux fraises !!


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De DelaNuit, le 18 décembre 2007 à 00:13
Note du film : 5/6

Signalons également la présence de l\'inimitable Philippe Clay chantant \"le noyé assassiné\" dans le nigntclub pour sorciers new-yorkais branchés de L'adorable voisine (Bell, book and candle), comédie fantastique pétillante avec Kim Novak et James Stewart


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De Impétueux, le 7 novembre 2011 à 22:21
Note du film : 2/6

L'envie m'étant venue, cette après-midi, de revoir l'agréable décolleté de Mlle Lollobrigida, ne voulant pas replonger (ceci sans allusion narquoise à la pulsion susévoquée) dans la série des Pain, amour, revue trop récemment, je me suis dit que la redécouverte du film de l'honnête Delannoy, bon artisan limité et honnête ne me détournerait pas trop de mon objectif premier par des audaces de mise en scène et des fulgurances de réalisation. Et puis le livre m'est familier et la cathédrale proche et chère. Tout pour passer deux heures paresseuses, tranquilles, confortables.

Ah, diable, qu'est-ce qui m'a pris ! N'eût été l'impeccable plastique et l'admirable visage de l'actrice, cette pauvre grosse machine opulente de studio ne mériterait que l'oubli charitable… On n'a pourtant pas mégoté sur les décors, qui engloutirent, paraît-il la moitié du budget de cette coproduction internationale, ni sur l'abondance des figurants. On a fait appel à Georges Auric, qui eût un nom, pour la musique et à Jean Aurenche et Jacques Prévert pour l'adaptation et les dialogues. C'est tourné en Cinémascope et en Eastmancolor, c'est-à-dire à peu près ce qu'on faisait de mieux, en termes techniques, en 1956. Ça se fonde sur un des plus célèbres romans français, dont le découpage cinématographique n'est pas malaisé, surtout si on l'élague d'épisodes dont on peut se passer sans perdre l'intelligence du récit (par exemple la reconnaissance mélodramatique d'Esméralda par sa mère, la méchante recluse, à qui elle a été enlevée, toute jeune par une bande de Romanichels).

Et j'oublierais presque de dire que ça se pare de la présence et du jeu du grand Anthony Quinn, qui parvient à ne pas être outrancier dans le rôle délicat et contrefait de Quasimodo.

Que Jean Tissier est drôlement bon dans son interprétation de Louis XI (un des plus grands Rois de France, un des plus profonds politiques que nous ayons jamais eus). Qu'on a toujours plaisir à voir à l'écran Philippe Clay, même lorsqu'il en fait un peu trop, comme c'est le cas.

Mais alors, le reste, tout le reste, que c'est mauvais ! Il est presque pénible d'évoquer la médiocrité physique et la pâleur du jeu de ce qui devrait être le rayonnant, l'irrésistible Phoebus de Chateaupers, joué par un Jean Danet qui a fort bien fait de se consacrer ensuite aux tournées de pièces de boulevard dans les provinces reculées (ça s'appelait Les Tréteaux de France). J'aurais employé Michel Auclair ou Philippe Lemaire, qui avaient de belles petites gueules de salauds, et non pas ce caramel mou de Danet

Puis, malgré tout l'argent englouti dans les décors, le Paris médiéval fait vraiment carton-pâte. Hors quelques traits un peu vachards, le dialogue tombe à plat et coule à pic. Les couleurs sont criardes et omniprésentes, comme pour montrer aux spectateurs de 1956, encore très familiers du Noir et Blanc, qu'il est temps de passer à autre chose. Delannoy, comme s'il était au théâtre, filme ça avec une sagesse et une monotonie rares : ainsi l'ombre maléfique de Claude Frollo guettant les conversations d'autres protagonistes en apparaissant demi-caché par un pan de mur ou une encoignure… (Il faut, pour être honnête, reconnaître que la séquence de l'ébranlement fou des cloches par Quasimodo, se jetant sur elles, leur faisant l'amour, d'une certaine façon, n'est pas mal réussie…).

Et puis, épouvantablement mauvais, atterrants de nullité, chacun enfermé dans ce qu'il a de pire, deux acteurs emblématiques de la scène française, malencontreusement appelés à l'écran, et, comme la plupart de leurs congénères, n'y réussissant pas : Robert Hirsch, tout d'hystérie pleurnicharde et surtout l'épouvantable Alain Cuny, publicité vivante pour un laxatif à grande efficacité, qui commença en jouant Claudel et finit dans Emmanuelle… Cette silhouette sinistre, compassée, incapable de la moindre nuance, aux maxillaires toujours serrés et au jeu toujours hiératique et boursouflé donne la mesure des fausses gloires qui eurent de la notoriété et sont aujourd'hui heureusement oubliées.

Bon. Et donc à part le (fort sage) décolleté de la belle Gina, j'ai perdu deux heures…


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De Florian, le 7 novembre 2011 à 23:39
Note du film : 4/6

Lors de la première confusion, j'aurais pu croire à une faute d'inattention, mais à la seconde, je me suis dit que le doute n'était plus permis. Oui, Impétueux, vous confondez Jean Dasté et Jean Danet, ce n'est pas la même génération; et pas le même style de jeu non plus. Dasté, c'est la grande mais courte époque Vigo avec Zéro de conduite, puis L'atalante. Danet, c'est…autre chose, disons-le ainsi.


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De Impétueux, le 7 novembre 2011 à 23:51
Note du film : 2/6

Vous avez tout à fait raison, Florian et je bats ma coulpe pour ce lapsus ; mais c'est bien Jean Danet, qui dirigea Les tréteaux de France, que je visais…

J'ai revu L'Atalante, avec Jean Dasté, il y a peu ; et ma pauvre cervelle s'est emmêlée les crayons. Je vais rectifier Dasté en Danet et je nous effacerai ensuite. Mille mercis pour m'avoir signalé ceci, que votre œil attentif a remarqué !


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De riccardo, le 8 novembre 2011 à 12:13

JEAN DANET, acteur assez meconnu poutant tres surprenant dans 2 films importants/ La foire aux femmes Bel ami

note 5/6.


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De Gilou40, le 8 novembre 2011 à 15:33

Sans parti pris aucun, je suis tout à fait d'accord avec Alholg ! Le fait de se planter sur un nom n'a , primo rien de ridicule, et de se le faire corriger par le copain contributeur possède un côté assez sympa . Ca sent le forum, le vrai, celui oû l'on se parle ! Et hier, quand j'ai lu, impétueux, que vous vouliez rectifier puis effacer ces échanges, je me suis demandé pourquoi…

Parcontre, je n'aurais pas été contre le fait que vous éffaciez entièrement votre chronique qui nous démolit ce magnifique film…1/6, pour Notre Dame de Paris ! revoir l'agréable décolleté de Mlle Lollobrigida…, sans parler de Quasimodo qui se tape les cloches ( il faut vous calmer… ). Vous eussiez mieux fait de rabattre vos cochoncetés sur La Nuit des traquées et laisser Monsieur Delannoy tranquille.


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De Impétueux, le 9 novembre 2011 à 12:01
Note du film : 2/6

Devant cette inquiétante unanimité, je me pose la question de savoir si, lorsque j'avise dans un des messages d'un contributeur que j'apprécie (Tiens, Azurlys, par exemple, innocent comme l'agneau nouveau-né) une des fautes de frappe que jusqu'à présent je vais corriger, dans la mesure du possible (du type redoublement de consonnes excédentaire, conditionnel à la place du futur, graphie inexacte d'un nom propre), je me demande donc, plutôt, si je ne vais pas faire aimablement remarquer au scripteur les erreurs commises, qu'ainsi tout le monde remarquera, qui ne les aurait vues sinon…

Toujours la pureté. Toujours aussi dangereuse…


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De DelaNuit, le 9 novembre 2011 à 13:47
Note du film : 5/6

Pour ma part, j'aime bien cette version de Notre Dame de Paris, dont les défauts même ne manquent pas de charme.

Au delà des formes avantageuses de Gina, qui remue si bien sur le parvis au son des tambourins, et de son accent roucoulant si caractéristique (elle chante d'ailleurs elle même une paire de chansons), il y a le jeu émouvant d'Anthony Quinn, et mille petits détails habituellement omis dans les adaptations de ce roman : les intérêts alchimiques du roi et de Frollo, les sentiments de la promise de Phébus, la chanson des truands, la vente aux enchères du poète avec les vieilles ribaudes qui font la fine mouche, la pièce de théâtre du début qui mélange si étonnamment les personnages bibliques et les dieux mythologiques, nous rappelant que la Renaissance n'est pas loin… Alain Cuny me semble parfait dans le rôle avec son hiératisme frustré…

Celui qui m'agace le plus, c'est le poète Gringoire. Car il est tellement maniéré que j'ai vraiment du mal à croire qu'il en pince pour Esmeralda. Je le verrais plutôt baver devant le bellâtre Phébus ! Ce n'est pas que la chose me dérange en soi, mais elle nuit à mon avis à la crédibilité du personnage.

En tout cas voici une version plus proche du roman que la dernière en date dans ma mémoire, à savoir Le bossu de Notre Dame de Disney, avec son Phébus héroïque et son prêtre Frollo devenu juge Frollo pour ne pas heurter les bons croyants…


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De Impétueux, le 9 novembre 2011 à 14:24
Note du film : 2/6

J'avoue volontiers, DelaNuit, que ma note de 1 est plutôt provocatrice et que le film de Delannoy ne mérite pas cette opprobre, qui a au moins eu le mérite d'instituer un mini-débat sur ce forum qui en manque désormais tellement. Mais votre 5 est excessif également : avec 5 on est tout près du maximum… ça équivaut à un 16/20… ce qui est tout de même beaucoup pour un film dont vous voyez bien vous-même les faiblesses.

Je n'ai pas dissimulé que Gina Lollobrigida et Anthony Quinn étaient très bien ; le physique d'Alain Cuny convient parfaitement à la sombre folie de Claude Frollo, mais son jeu est, à mes yeux, trop maniéré, outrancier, théâtral, au pire sens du terme. Comme celui de Robert Hirsch en Gringoire. Vous ne vous trompez pas beaucoup sur les goûts du comédien, et Hirsch est d'ailleurs absolument parfait en vieil homo pathétique dans Traitement de choc d'Alain Jessua

Et vous avez raison, montrer, au tout début, cette étrange forme scénique qu'était le Mystère était plutôt une bonne idée (mais c'est trop survolé, et d'emblée ridicule)…

Mais je demeure bien déçu par un film que je ne trouve pas du tout maîtrisé, alors qu'il disposait de gros moyens. Je pense que Delannoy manquait de souffle et s'est trouvé dépassé par sa grande machine. Le réalisateur ne manque pas de qualités (j'aime beaucoup ses deux Maigret, ou Le baron de l'écluse, par exemple). Mais il est vite emphatique (L'éternel retour ou la symphonie pastorale) ou s'empêtre dans le solennel (Marie Antoinette reine de France, malgré une fin très émouvante, ou La Princesse de Clèves).

Bon, allez, je passe à 2 sur 6…


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De Azurlys, le 1er août 2013 à 15:11

Je ne m'étais jamais aventuré vers ce film, autrefois célébré et que je trouve aujourd'hui d'un ennui indicible. Mon pseudo étant arrivé sous mes yeux, je pataugeais dans la vanité ! Rapidement il m'a bien fallu déchanter. Le triste rappel de mes erreurs, et de mes incongruités orthographiques m'ont conduit aussitôt concouru à une rédemption, et j'en remercie Impétueux, qui a su – comme à l'accoutumée – parler de ce film avec ce ton qui mêlent adroitement l'analyse et un sens de l'humour succulent !

J'ai revu ce film lors d'un passage à la télévision, il y a quelques années, et je n'y suis ennuyé ferme. Je cherche en vain le chef-d’œuvre dont parlent quelques intervenants.

Sur le ton, il serait sans doute illusoire d'attendre de Delannoy autre chose de ce fameux cinéma "de qualité" dont il il était familier. Les jeunes cinéastes de la nouvelle vague s'en donnaient à cœur joie d'ironie et de virulence. Le réalisateur s'en sortait mieux, il me semble, dans les "Maigret". Les échanges récents sur La Princesse de Clèves pourraient également convenir pour "Notre-Dame de Paris" .

On ressent que quelque chose se perd en route au milieu d'un bazar de décors excessifs, d'une musique pompeuse et trop appuyée et la présence déjà évoquée d'Impétueux de quelques comédiens qui apparaissent égarés dans cette aventure. Gina Lollobrigida, en dehors d'une plastique déjà appréciée à sa juste valeur dans les co-productions franco-italiennes qui luttaient contre les exigences du cinéma américain, y montra, je crois, un réel talent de comédienne avec de la présence, un jeu peu appuyé, et une séduction certaine. Anthony Quinn lui disputait la vedette, et faisait un Quasimodo convainquant.

Mais j'ai conservé – depuis l'époque du film – un excellent souvenir de Jean Tissier, ici à contre-emploi, et qui produisit une image très forte de Louis XI. A l'habitude, il avait des emplois (je parle de Tissier, bien entendu) de personnages un peu évaporés, dans une fantaisie parfois sautillante et un verbe étrangement languissant. Arletty lui avait trouvé le surnom du "nonchalant qui passe". Là, dans un très court passage, quelques plans, il était métamorphosé.

Lors de la sortie du film, la partie supérieure de la cathédrale de carton-pâte utilisée dans le film fut de longues semaines exposée sur les Champs-Élysées, dans un espace libre qui attendait une construction. La partie inférieure de la façade de studio fut reconstituée en dimensions réelles, à l'échelle des comédiens, et un habile dispositif, repris dans Marie Antoinette (Le Château des Tuileries) ouvrait sur l'illusion d'une cathédrale entière. Là se pose une question. Comment investir autant de moyens et arriver à faire aussi faux ?

Il n'y manque ni la foi dans un projet audacieux, ni le talent d'un artisan estimable. Mais il semble que cette réalisation trop lourde et boursoufflée, souffre au souvenir des adaptations antérieures, américaines surtout. Je pense à la version avecMaureen O'Hara-Esméralda (émeraude, en Français) et Charles Laughton-Quasimodo.

Impétueux épingle au passage Robert Hirsch à juste raison. Je ne l'ai jamais vu autrement que cabotin, dans quelque rôle que ce soit. Il faut se souvenir – mais est-ce possible – des adieux de Louis Seigner à la Comédie Française, au cours desquels Robert Hirsch fut costumé d'une robe qui devait faire de lui une vieille, très vieille pensionnaire. Il y alla d'une fable de La Fontaine (je cite) "La Cigale et la petite Fourmi" (sic). J'y repense parfois, et les rires des spectateurs dans la salle et de ses partenaires – indulgents – réunis sur le plateau, ont toujours été pour moi une énigme. Le cabotinage poussé à un tel niveau s'embourbait dans une sinistre caricature. La chose était en noir-et-blanc, et avec les techniques du temps (sans doute direct repris en 16 m/m). Si l'occasion vous est donnée de voir, ou revoir cette démonstration, quelque pitoyable qu'elle soit, ne la manquez pas, c'est un cas d'école…


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De Tamatoa, le 4 septembre 2013 à 18:06
Note du film : 4/6

Impétueux épingle au passage Robert Hirsch à juste raison. Je ne l'ai jamais vu autrement que cabotin, dans quelque rôle que ce soit. Il faut se souvenir – mais est-ce possible – des adieux de Louis Seigner à la Comédie Française, au cours desquels Robert Hirsch fut costumé d'une robe qui devait faire de lui une vieille, très vieille pensionnaire. Il y alla d'une fable de La Fontaine (je cite) "La Cigale et la petite Fourmi" (sic). J'y repense parfois, et les rires des spectateurs dans la salle et de ses partenaires – indulgents – réunis sur le plateau, ont toujours été pour moi une énigme. Le cabotinage poussé à un tel niveau s'embourbait dans une sinistre caricature. La chose était en noir-et-blanc, et avec les techniques du temps (sans doute direct repris en 16 m/m). Si l'occasion vous est donnée de voir, ou revoir cette démonstration, quelque pitoyable qu'elle soit, ne la manquez pas, c'est un cas d'école…

Et bien Impétueux a tort ! Et vous, Azurlys, écrivez des inepties ! Que vous n'aimiez pas Robert Hirsch est une chose. Que vous vouliez à tout prix déverser à l'envie votre bile sur un des plus grands acteurs de ce siècle en est une autre. Je vous avais déjà surpris en péché de mauvaise foi évidente et voilà que vous faites dans le prosélytisme du mépris envers un être merveilleusement doué et reconnu par ses pairs les plus exigeants. Je vous accorde que ses apparitions au cinéma (où il venait dans le même état d'esprit que Jouvet, à savoir pour rameuter les gens vers le théâtre) non pas toutes été de bon aloi. Mais comment osez vous enfoncer un comédien qui possède chez lui plus de Molière que vous n'avez de coupes de concours de pétanques et dont la carrière fut si riche que les Jean-Paul Roussillon, Roger Planchon et même Harold Pinter ont écrit les plus belles pages du théâtre en évoquant Robert Hirsch ! Avez vu ce génie dans L'école des femmes ? Dans Le Misanthrope  ? Deburau ? Moi, si ! Et des salles debout pendant des ovations de vingt, trente minutes ! Et combien de spectacles a t-il sauvé à lui tout seul ? Et combien d'auteurs, d'acteurs l'ont reconnu ouvertement ?

Les adieux de Louis Seigner ? C'est mon goûter, mon petit Noel ! Je l'ai capté en vidéo sur le site INA et me le repasse chaque fois que j'ai le cafard ! Évidemment qu'il cabotine puisqu'il caricature ! Ses camarades "indulgents" ? Vous plaisantez ! Éblouis par son génie, oui ! Le seul a ne pas trop rire était Jacques Charron qui avait craqué son pantalon et n'osait plus bougé ! Véridique ! Pitoyable démonstration ? Et pourquoi cette pitoyable démonstration serait-elle restée dans les annales de la télévision si elle était vraiment ce que votre mauvais goût vous dicte ? Son léger côté outrancier, acquis sur tous les tréteaux du monde, peut déplaire un peu, j'en conviens volontiers. Mais ce "réflexe" ne mérite pas ce mépris affiché outrageusement !

Cela étant, vous dire qu'il est éblouissant dans ce film serait mentir. On ne le sent pas très à l'aise. Mais est-ce une raison pour le mépriser à ce point ? Ah ! Vous m'auriez parlé, à l'instar d' Impétueux, de l'épouvantable Alain Cuny, publicité vivante pour un laxatif à grande efficacité, j'aurais abondé dans votre sens ! Mais oser critiquer comme s'il s'agissait de Chantal Goya, ce veau d'or du théâtre qui a porté haut les couleurs des plus grands tragédiens Français à travers le monde, j' y vois comme un côté diabolique !


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De Tamatoa, le 14 septembre 2013 à 19:03
Note du film : 4/6

Etant donné que, passé un certain temps, nous n'avons plus la possibilité de rouvrir nos avis , je voulais rectifier un mouvement d'humeur sûrement du au décalage horaire ou/et à mon rosé préféré "La rose des vents" :

Les adieux de Louis Seigner ? C'est mon goûter, mon petit Noel ! Je l'ai capté en vidéo sur le site INA et me le repasse chaque fois que j'ai le cafard, autant dire chaque fois que je vois votre pseudo (ah ! j'suis en rogne !)

Ca, je le retire ! Notre ami Azurlys, qui se fait trop rare sur ce site, ne mérite quand même pas cet excès ! Et si d'aventure, il a déjà lu ce trait d'humeur, qu'il veuille bien accepter mes excuses.


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De spontex, le 14 septembre 2013 à 21:35

C'est retiré ! Je supprimerai ces deux messages techniques d'ici quelques jours.


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De Azurlys, le 16 septembre 2013 à 15:22

Bravo Tamatoa ! Votre passion est passionnante ! N'effacez rien !

Il se pourrait que je me sois laissé aller à forcer un petit (?) peu le trait. A vrai dire je n'ai jamais vu Robert Hirsch au théâtre. Je ne connais que ses apparitions au cinéma, dont il attendait, dites-vous, l'éveil du public pour le théâtre, à la manière de Jouvet. Les prestations qui furent les siennes, quelque sincères qu'elles fussent, laissent difficilement supposer la réussite de cette louable entreprise. J'y ai toujours vu des excès mal assumés, alors que Saturnin Fabre se faisait un devoir de les appuyer. Cela dit, je puis être mal informé.

Jouvet avait une tenue certaine, un jeu un peu appuyé qu'il devait sans doute à ses difficultés de langage (il était bègue !), alors qu'il visait la profession de pharmacien. Mais derrière son jeu, il me semble qu'il avait un "je ne sais quoi" de regard malicieux qui gommait ses possibles excès. Lui attendait pour l'essentiel l'aide financière que lui offraient ses rôles au cinéma et conforter ses projets au théâtre. On pourrait citer Pierre Fresnay pas toujours très heureux dans ses choix à l'écran – hormis la Grande Illusion, la trilogie de Pagnol et quelques autres – pour apporter aussi la participation financière à La Michodière dont sa compagne Yvonne Printempsétait la directrice. Il m'a même été donné de le rencontrer. Alors, on y va pour une anecdote ? (Peut-être évoquée ici)

J'ai la chance de posséder la bande sonore (copie) du Son et Lumière de Chambord, l'un des tout premiers, en 1953, aujourd'hui daté, évidemment. André Castelot était l'auteur du texte, et Van Parys pour la musique. Après plusieurs échecs téléphoniques, même de simples messages à transmettre, j'ai écrit à La Michodière, et Fresnayqui était le principal narrateur, au cotés de Françoise Christophe, Pierre Asso, a bien voulu m'appeler un soir. Imaginer ma surprise. Il était heureux de cette proposition de copie dont je lui avait parlée. Copie faite, j'avais deux places réservée pour "La Tour d'Einstein" dont j'ignore l'auteur. Nous sommes allés ensuite dans sa loge et avons été reçus avec une gentillesse exemplaire. Une conversation s'est établie en raison de l'intérêt que je portais à l'époque aux rapport entre l'astro-physique et ses prolongements métaphysiques. Il fut passionnant et ultra sympathique.

En sortant, nous avons vu sa compagne, Melle Printemps, déjà automnale, un chien serré dans les bras… Elle semblait attendre dans le couloir que l'entretien fut terminé… Je n'en suis pas encore revenu ! Elle non plus.

Pour en revenir à Robert Hirsch j'ai beaucoup aimé votre remarque (je cite)"son léger coté outrancier". Une jolie réussite dans le contre sens. A vrai dire, vous ne pouvez pas l'ignorer, il est plus facile et plus séduisant de taper sur l'un ou l'autre, plutôt que se répandre en éloges. C'est l'apparent paradoxe du théâtre, du spectacle en général. Il est infiniment plus attirant de jouer les méchants. Le Lacenaire de Marcel Herrand dans "Les Enfants du Paradis" est plus fascinant par l'ambigüité trouble de son personnage, que le trop lisse Baptiste, même si l'on fait abstraction du caractère agaçant de Jean-Louis Barrault. Landru est moins emmerdant que Sissi Impératrice. Celle de Vienne, évidemment. Mais j'avais mis dans ce texte – ou cru mettre – un tantinet d'humour, évidemment vachard. Il est bien possible qu'il n'ait pas été vu, ou pas assez apparent.

La comparaison avec Impétueux et le coté "laxatif" d'Alain Cuny que vous mettez à part, semble pourtant de la même veine. C'est inexact : moi, je n'aurais jamais osé dire cela ! J'en suis encore tout shocking (ou chocking me dit-on) !

Pour les Adieux de Louis Seigner, je suis heureux pour vous. hélas, il me faut confirmer, non pas la vérité qui n'engage que moi, mes les sentiments que m'inspire cette démonstration, disons… regrettable.

Merci de votre intervention aussi peu diabolique que la mienne, et Vive le Rosé !

   

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