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Forum : Mélodie en sous-sol

Sujet : Du grand Verneuil


De verdun, le 7 avril 2006 à 14:12
Note du film : 5/6

Autant Le casse ne passe pas trois pattes à un canard, autant ce Mélodie en sous-sol s'impose comme un bon classique du divertissement à la française. C'est même très supérieur au CLAN DES SICILIENS,il manque juste la musique de Morricone.

L'histoire est solide, quoiqu'un peu vue et revue, le dialogue d'Audiard est savoureux:

G.Montero:"Moi et ton père, tu nous fera mourir de chagrin!"

A.Delon: "Tant mieux, comme ça on retrouvera pas l'arme du crime"

Le duo Delon-Gabin tourne à plein régime et nous fait oublier le seul petit défaut du film,à savoir une psychologie parfois sommaire.

On critique suffisamment et à tort le plus souvent, Delon mais c'est lui ici qui se taille la part du lion face au "vieux" par sa présence et la modernité de son jeu.

Quand à la réalisation, elle n'a rien à envier à un grand pro américain (Robert Wise par exemple) et la photo noir et blanc est très classe.

La fin est inoubliable, presque poétique. Un des meilleurs films de hold-up jamais tourné!


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De CLOCHARD, le 7 avril 2006 à 15:22

D'accord avec toi : un film dont on ne se lasse pas.

Un nouvelle édition 2 DVD est annoncée. Ce qui aurait été judicieux dans cette réédition collector aurait été de proposer le film dans la version originale N&B et la version colorisée.


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De PM Jarriq, le 7 avril 2006 à 20:31

Je suis le premier à vomir la colorisation, procédé inacceptable dans son principe même. Ceci établi, j'ai récemment jeté un coup d'oeil sur la première saison de la délicieuse série Ma sorcière bien aimée, qui tournée en noir & blanc, a été colorisée pour connaître une sortie DVD. Il faut avouer que le résultat est bluffant, et que les techniques ont grandement évolué depuis les horreurs des années 80. Difficile de faire une vraie différence entre cette saison et les suivantes. C'est dire…

Evidemment, on est moins énervé quand il s'agit d'une sitcom télé antédilluvienne, que pour certains classiques littéralement défigurés.


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De verdun, le 7 avril 2006 à 22:32
Note du film : 5/6

De toute manière il n'y a pas de quoi s'énerver outre mesure contre la colorisation car ce procédé est de plus en plus marginalisé. Mais il est marginalisé car les grandes chaînes commerciales ne diffusent quasiment plus de classiques datant de l'ère du noir et blanc !! Et France 2 a pu récemment diffuser LES TONTONS FLNGUEURS en n et b sans perdre de l'audimat. La colorisation est surtout un procédé commandé par les publicitaires qui refusent qu'un vieux film "jure" avec leurs spots.

En revanche, je suis excédé de voir que le recadrage est toujours dominant pour les diffusions tv, y compris sur des chaînes qui ne la pratiquaient pas jadis. Or le recadrage (pan et scan) est une atteinte aussi grave à l'intégrité artistique de l’œuvre que la colorisation voire pire peut-être.Mais le grand public l'accepte très facilement et ne s'en rend pas compte,au contraire de la colorisation.

C'est d'ailleurs un des avantages du dvd que d'avoir considérablement réduit ces problèmes de recadrage et de colorisation qui affectaient massivement les défuntes vhs.


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De CLOCHARD, le 10 avril 2006 à 09:20

Je ne suis pas d'accord avec toi. Concernant la colorisation c'est un procédé que je n'approuve pas nécessairement. Mais à partir du moment où elle a eu lieu et n'est pas de trop mauvaise qualité, je ne vois pas pourquoi elle ne serait pas proposée au public. C'est une autre manière d'appréhender ce film et peut être de le faire découvrir à une génération qui n'a pas connu le n&b. Pour moi, la version n&b restera toujours la référence.

PAr contre je rejoins l'avis de Verdun concernant le PAN & SCAN qui est bien plus injurieux pour l'oeuvre.


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De PM Jarriq, le 10 avril 2006 à 09:53

Il est certain qu'avec la colorisation, on peut toujours ôter les couleurs soi-même (même si l'image reste terne et sans contraste), alors que le Pan & Scan est irrémédiable. Je n'arrive pas du tout à comprendre pourquoi quelques films sortent encore ainsi mutilés. A cause de masters anciens trop onéreux à refaire ?


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De Impétueux, le 27 avril 2006 à 08:09
Note du film : 6/6

Verdun est le premier à s'exprimer sur le fil de Mélodie en sous-sol parce que ce film fait partie de ces incontournables réussites qui n'ont besoin ni d'être commentées, ni d'être défendues, puisqu'elles ont marqué durablement les mémoires.

En revanche, je crois que nous aurions pu militer utilement pour une édition de meilleure qualité que celle sur quoi René Château a sévi ; voilà typiquement un film qui justifie commentaires, évocation de l'époque du tournage, bandes d'actualité, gloses cinématographiques sur le mythe récurrent du voleur blousé ou dupé (de L'ultime razzia à Topkapi et bien d'autres), interviouve de Delon etc.

Mais qu'on puisse suggérer qu'on gâche une galette pour présenter une version "colorisée" (immonde ! forcément immonde !) là je reste sans voix ! La colorisation, outre qu'elle est toujours hideuse, pisseuse et ratée, n'a absolument aucune justification. Je ne parviens pas à comprendre qu'un être d'apparence sain d'esprit puisse la demander, sauf par ironie et en goguenardant.

Mais j'aimerais en être sûr…


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De EGO, le 18 octobre 2008 à 11:07

J'aime ce film pour de bien particulières raisons et la moindre n'est pas que dans cette histoire de truands et de grand braquage, de l'ouverture au générique final, il n'y a pas un coup de feu, pas un seul, fût-ce en l'air et que le pic de la violence est ici atteint par une simple claque un peu appuyée de Francis (Delon) à un employé du casino à l'heure même du casse. Nous avons donc là un polar qui tient sans un seul panpan. De quoi être sur son cucul !

Quant au finish, autour de la piscine, ces arpenteurs, Delon couché au bord de l'eau, et ces foutus sacs plongés qui s'ouvrent sous l'effet de la pression, et ces billets qui remontent, et Gabin qui plie son journal et Delon qui a la nausée… c'est encore un miracle que les Ricains ne nous l'aient pas fauché celui -ci aussi. Au fait, le roman de base était, lui, Américain.

Pour le reste, pas de colorisation et, si possible, une remastérisation soignée ou je retourne à ma VHS ainsi que je le fais chaque fois que je veux revoir " le Corbeau" de Clouzot.

Bien à vous tous

Philippe


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De Impétueux, le 18 octobre 2008 à 11:53
Note du film : 6/6

Incidente digressive, Ego : pourquoi regarder Le corbeau sur VHS, alors que l'édition Canal+ classique est parfaite ? (quel malheur que cette collection formidable se soit interrompue !).


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De Arca1943, le 18 octobre 2008 à 13:54

« C'est encore un miracle que les Ricains ne nous l'aient pas fauché celui -ci aussi. »

Je me répète, mais encore une fois : les Ricains ne fauchent pas, ils achètent. Ce qu'il faut, c'est cesser de leur vendre tout scénario. Apple vend-elle ses idées à IBM ? Bien sûr que non.


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De Impétueux, le 29 décembre 2010 à 23:12
Note du film : 6/6

Revu le film pour la huitième (ou dixième ? ou douzième ? ou quinzième ?) fois à la télévision, hier soir (parce que je me refuse toujours à acheter l'édition (ah, ah !) René Château) et toujours aussi emballé par le rythme, les acteurs, la musique, les dialogues d'Audiard


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De fretyl, le 28 mai 2011 à 22:48
Note du film : 6/6

Voila une bonne série d'anecdotes au sujet de Mélodie en sous-sol que j'ai trouvé sur Wikipédia:

À la base, l'idée vient de Michel Audiard, inspiré par un roman américain, publié dans la Série noire, qui portait le même titre : Mélodie en sous-sol. Audiard partage son idée d'adaptation avec le producteur Jacques Bar. Si la production était en partie franco-italienne, c'est la Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) qui en a supporté la part principale. Par rapport au scénario issu du livre, Michel Audiard n'a modifié, apporté, ou retouché que 25 répliques. Ces « petites » 25 répliques suscitent la surprise de la production qui pense avoir payé bien cher pour si peu. C'est en découvrant l'intégralité du scénario modifié par ces 25 répliques, constatant que les interventions d'Audiard sont savoureuses, qu'elle revient sur son impression, et se félicite sur le bon investissement payé à celui-ci pour son travail.

Initialement, le rôle principal de « Monsieur Charles » est bel et bien prévu pour Gabin, mais le second rôle, celui de « Francis Verlot », devait être pour Jean-Louis Trintignant. Alain Delon entend parler de la préparation du film et intervient auprès de Jacques Bar pour obtenir le rôle, en lui disant : « Je veux faire ce film ». Delon, qui jouissait déjà d'une certaine réputation pour les films réalisés en Italie avec Visconti, rêvait de faire un film avec les vedettes du moment, les stars de l'affiche. Delon demande un cachet, ce à quoi les Américains s'opposent en disant : « S'il veut faire le film, qu'il le fasse gratuitement. » À quoi Alain Delon répondra : « Chiche ? », demandant, en échange, deux ou trois territoires de distribution (qui comprenaient le Japon, la Chine et l'URSS). Une fois le film terminé, Alain Delon le fera sous-titrer en japonais, ira au Japon et trouvera une distribution. Le film remportera un succès, et Delon gagnera beaucoup d'argent avec ses droits de production. Gabin n'en reviendra pas et clame que Delon a alors gagné dix fois plus que lui.

Alain Delon avait une admiration sans borne pour Jean Gabin, il était béat devant lui, non sans une affection filiale par rapport à Gabin. Tout était bon pour lui plaire. À l'époque de la réalisation du film, pour la partie tournée à Cannes, Delon demandait à être prévenu de l'arrivée de la voiture de production de Gabin, afin qu'il l'accueille dès l'entrée du studio. Les deux acteurs étaient toujours entre deux attractions, ce qui n'était pas sans tension. D'autant que les répliques arrangées par Audiard étaient parfois « vachardes » :

Gabin : « Quand tu m'avais dit que t'étais p't être un tocard, je ne t'ai pas cru, ben finalement, j'crois qu'c'est toi qui as raison. Faut jamais contrarier les vocations. La tienne c'est piquer des bicyclettes et baluchonner des chambres de bonnes. »

Dans la scène de la chambre des coffres. Delon s'introduit en étant sur l'ascenseur, doit en descendre et tenir en respect les membres présents avec une mitraillette et doit faire ouvrir une porte blindée donnant sur l'extérieur, derrière laquelle Gabin l'attend avec les sacs. Voyant que le subalterne n'obtempère pas assez vite, Delon le gifle violemment, conformément au scénario. Pour tourner la scène, afin de donner de la force au mouvement de son bras, un gigot est suspendu juste dans l'axe du visage, à bonne hauteur, de Delon. Le mouvement de rotation de son bras est alors crédible ainsi que la force de la gifle, Delon n'a qu'à gifler le gigot. Ce n'est qu'au moment où la caméra, accompagnant son mouvement, arrive sur le destinataire-réceptionnaire de la gifle qu'elle baisse son cadre, ce qui permet de ne pas avoir le gigot dans le champ. Dans la continuité, la scène suivante est l'ouverture de la porte blindée, permettant l'accès de l'extérieur, derrière laquelle Gabin attend. En bon plaisantin, alors que la porte lui est ouverte, Gabin a troqué les sacs pour une… casserole et des flageolets en disant : « Où est le gigot ? J'ai les flageolets ! »

La plus « grosse » blague de Gabin durant ce tournage. En fin de journée, lors du tournage d'un plan important pour le film, mais aussi pour la logistique qu'il implique (300 figurants dans la salle, un orchestre dirigé par Michel Magne, les Blue Girls sur scène), Gabin demande à l'assistant de réalisation, Claude Pinoteau, de faire jouer La Marseillaise à la place de la mélodie du ballet prévue. Michel Magne s'exécute, pensant à une intervention volontaire d'Henri Verneuil. Lorsque le réalisateur demande donc « moteur », le chef d'orchestre joue La Marseillaise. Quelques figurants, surpris, se lèvent, dans le mouvement tous les autres suivent, au garde-à-vous pendant l'hymne national. Verneuil, furieux que Magne ait joué cela, pensant à une blague de mauvais goût de sa part, ne saura jamais que la blague venait de Jean Gabin. Le soir venu, Gabin confessa à Pinoteau : « Suis pas fier, j'ai p'têt jeté le bouchon un peu loin… »

Les casses préparés avec minutie ont souvent été au cinéma des sujets efficaces. Surtout pour Henri Verneuil. Combien de Casses a t-il filmé dans sa carrière ?
Le détournement de l'avion dans Le clan des Siciliens ; Mélodie en sous-sol, Le casse… Et dans chacun de ces films, toujours le même grain de sable qui viendra dérégler la belle machine mise en marche par des protagonistes experts. Et on pense surtout en voyant Mélodie en sous-sol que c'est à quelques mètres du Palm-Beach que Ventura cassera à son tour la bijouterie Van-Cleef dans La bonne année. Et il y aura comme toujours ce foutu grain de sable ! Est-ce qu'au moins une fois au cinéma les braqueurs pourraient avoir une chance de s'en sortir ?


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De Impétueux, le 2 novembre 2014 à 18:36
Note du film : 6/6

Longue liste des films de casse (L'ultime razzia, Topkapi, Le cercle rouge, Le clan des Siciliens, Bob le flambeur, Du rififi chez les hommes – ou à Tokyo), des habiles façons imaginées pour rafler un maximum de picaillons à des banques, joailleries et organismes divers qui les collectionnent d'une façon presque indécente. La plupart du temps, la morale publique l'exigeant, les malfrats ne profitent pas longtemps de leur butin.

Presque aussi longue liste des films où des voyous rassis reprennent du service pour faire le dernier coup, quelquefois pratiquement à leur corps défendant, ou par désœuvrement (Le cave se rebiffe, Le soleil des voyous et même La horde sauvage par exemple). Souvent ces deux listes se croisent et quand ce croisement est aussi parfaitement réussi que dans Mélodie en sous-sol, irrigué du savoir-faire d'Henri Verneuil, du brio de Michel Audiard et des talents majuscules de Jean Gabin et d'Alain Delon, ça donne un de ces films excitants qu'on ne se lasse pas de revoir.

Dans ce genre-là, seul compte le rythme du récit, la vraisemblance tortueuse des péripéties et leurs incongruités forcenées n'étant que des gnognotes ; gnognotes nécessaires, si l'on veut, mais à quoi il ne faut pas s'attacher trop littéralement. En revoyant une nouvelle fois Mélodie en sous-sol et en connaissant le déroulement dans ses moindres détails j'ai particulièrement apprécié la façon dont les séquences s'emboîtent avec finesse, alternant rapidité (quelquefois glacée, silencieuse, violente : la mise à sac du coffre) et lenteur (qui fait monter la tension : ainsi le dernier quart d'heure, autour de la piscine dans l'attente du désastre final) ; et au milieu, le festival des répliques vachardes ou cinglantes : une merveille de construction dramatique.

La désuétude du monde de 1963 est visible dans ces trains de banlieue à prolos gouailleurs, où ne régnaient pas la morosité et l'anxiété devant ce qu'il est pudiquement appelé incivilités, dans le pavillon de banlieue coincé dans un Sarcelles aussi indécemment moche que toujours… Mais le sauna à masseuses complaisantes pour un petit tour de plaisir tarifé, les gambettes haut levées de girls à provenance cosmopolite, les demi-mondaines qui attendent le micheton (Te fatigue pas, Totoche, on est du même monde ! : Delon à Dora Doll qui vient d'essayer de lui faire du charme… Lucien, je crois que je vieillis : je reconnais plus un barbeau d'un gentleman…), tout cela est encore bien actuel. Comme la modernité extrême de la poisse, de la fatalité, l'esthétique du ratage…

Mis en valeur par la très efficace musique de Michel Magne, Gabin et Delon sont au sommet de leur talent et ni l'un ni l'autre ne tombent dans les travers qui peuvent quelquefois plomber leur jeu quand un metteur en scène indolent ou un scénario trop maigrelet les laissent en roue trop libre. On a rarement connu Maurice Biraud mauvais, pas plus que José Luis de Villalonga ; l'alors jeune Jean Carmet est parfait en barman à informations salaces. Et puis brefs plaisirs de revoir Dominique Davray, Henri Virlogeux, Claude Cerval, Paul Mercey

Une notation en plus de tout cela : le plaisir de retrouver réunis Jean Gabin et Viviane Romance, vingt cinq ans après La belle équipe… Magie du cinéma, qui, au début du film, projette à nouveau les souvenirs du beau mec qui guinchait mieux que personne et de la vraie salope qui a fait échouer l'utopie de la guinguette des bords de Marne… Comme si le temps les avait réconciliés.


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De vincentp, le 25 décembre 2016 à 20:30
Note du film : 2/6

J'apporte un bémol à cet ensemble de louanges. Ce film accumule les invraisemblances, est trop long, sonne faux. La musique est envahissante. Il y a un côté tape-à-l'oeil. Il me semble que Verneuil est loin d'égaler Jacques Becker (Touchez pas au grisbi) ou Melville (Le doulos). Dans la série des casses sur la cote d'Azur, le film de Henry Hathaway (Les sept voleurs -1960), plus âpre, s'intéressant à la psychologie de personnages secondaires, est aussi beaucoup plus intéressant.


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De Nadine Mouk, le 25 décembre 2016 à 23:43
Note du film : 6/6

Et bien moi, mon cher Vincentp, après avoir bu mon abasourdissement devant la note que vous attribuez à ce film comme Impétueux est obligé de boire sa honte quelques fois (!), je rejoins sans effort aucun la liste des louangeurs de cette oeuvre magistrale. Avec Des gens sans importance, Un singe en hiver, Voici le temps des assassins… et Les grandes familles, ce film fait partie de mon Panthéon Gabinesque. Je crois que je pourrais regarder ce véritable bijou tous les soirs sans en être lassée le moins du monde. L'introspection des personnages, de Gabin le boss qui ne désarme pas jusqu'à Maurice Biraud, artisan affable et rangé (pas des voitures puisqu'il est garagiste, mais rangé quand même), en passant par Viviane Romance, cette femme de truand lézardée et abattue, Alain Delon, le demi-sel qui ne se la joue pas, tous ces tempéraments sont formidablement scrutés, avec toute la subjectivité que cela entraine bien sûr, avant que d'être jetés dans l’arène de l'action. Et l'action, la quintessence de ce film, c'est Impétueux qui a trouvé l'expression qui résume formidablement le truc : une merveille de construction dramatique, comme la modernité extrême de la poisse, de la fatalité, l'esthétique du ratage…. C'est tout.


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De vincentp, le 26 décembre 2016 à 09:06
Note du film : 2/6

Le problème est que l'action est particulièrement invraisemblable : Delon dans les canalisations, le lieu de rendez-vous final -sous les yeux des enquêteurs-, etc… Et les deux acteurs principaux, visiblement en roue libre, en font des tonnes. Le portrait de la bourgeoisie est en-deça de ce qu'a pu faire Louis Malle dans Les amants. Les dialogues de Audiard, particulièrement mysogines, font "beauf"… Verneuil, brave homme au demeurant, est un bon cinéaste, mais sans plus : ses films ultérieurs possèdent les mêmes défauts : un côté "tape à l'oeil", qui cache une certaine vacuité du propos.


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De Impétueux, le 26 décembre 2016 à 15:46
Note du film : 6/6

Vous avez trop forcé sur le curry ou trop ingurgité de substances hallucinogènes Vincentp, pendant votre marathon hindou ! Sinon, comment vous comprendre quand vous écrivez que l'action de Mélodie en sous-sol est particulièrement invraisemblable !

Parce que les casses représentés dans (au hasard) L'ultime razzia, Le cercle rouge, Le clan des Siciliens, Du rififi chez les hommes, Topkapi, Quand la ville dort et une palanquée d'autres films sont vraisembalbles ? Et même celui des Égouts du paradis, on n'y croit guère… sauf qu'il s'est vraiment passé…

Et puis aller chercher comme référence Les amants pour comparer les bourgeoisies… Vous vous fichez de nous, là, non ?

Et qu'est-ce que c'est que ce moralisme qui prétend les dialogues de Michel Audiard misogynes ? Même si c'est vrai, qu'est ce que ça peut bien faire ? On était en 1963, aux temps où la parole était libre, non soumise au politiquement correct qui affuble les obèses de termes comme personnes à image corporelle alternative et qualifie les Noirs des États-Unis d'Afro-Américains

Tiens puisqu'on en est là, que dites-vous de ce petit bijou du même Audiard dans Un taxi pour Tobrouk lorsque François Gensac (Maurice Biraud) parle de son père, qui est alors à Vichy, ami de tous les pouvoirs, ouvert à tous les compromis, prêt à toutes les soumissions : "Si les Chinois débarquaient, il se ferait mandarin, si les nègres prenaient le pouvoir, il se mettrait un os dans le nez, si les Grecs…"

Vous n'êtes pas de ceux, j'imagine, qui applaudissent qu'on ait retiré à Lucky Luke sa cigarette en gommant les dessins de Moriss et de ceux qui voudraient qu'on retire Tintin au Congo de la vente par vertueux antiracisme (Missié blanc, toi y en a à sauver nous ! Li seigneur lion li devenir enragé) ?


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De vincentp, le 26 décembre 2016 à 17:24
Note du film : 2/6

Voici un exemple précis de ce que j'ai mentionné ci-dessus : des invraisemblances. Delon se rend à la piscine et demande au serveur du bar quels sont les bons coups à tirer. Le serveur, avec les dialogues misogynes et beauf de Audiard, lui explique qu'une telle et une telle feraient bien l'affaire, commentant chaque paire de fesse qui passe à proximité.

Je vous invite à procéder de la sorte au Ritz ou au Bristol. 1) Le serveur ne vous dira rien, car s'il le fait il se fait licencier pour faute grave. 2) Vous vous ferez raccompagner gentiment à la sortie du palace. Delon, lui se promène comme bon lui semble, sans être inquiété… Il met un loup lors du braquage : il reste facilement reconnaissable. Impossible au minimum que le serveur n'ait pas de soupçons.

L'avantage de tout ceci est de produire des effets vis à vis du spectateur. Ces effets masquent un discours creux… Je parlerais de cinéma roublard.

Car il y a d'autres aspects qui posent problème : la vision de la banlieue de Sarcelles (on se dit que Verneuil la condamne) et celle de la bourgeoisie de la côte d'Azur (on se dit également que Verneuil ne l'apprécie pas). Mais quelle est donc la vision du cinéaste ? Une vision passéiste, franchouillarde, pas très claire, et surtout pas très bien argumentée… Le sujet n'est qu'effleuré, avec un argumentaire défaillant.

Aujourd'hui, je vois très bien les limites du cinéma de Verneuil, évidents pour ses films des années 1960-70. Il n'égale pas, loin de là, Melville, Malle, Sautet, Resnais, etc… très supérieurs par le fond et la forme.


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De Nadine Mouk, le 26 décembre 2016 à 18:42
Note du film : 6/6

Sauf que, sauf que…Nous ne sommes pas au Ritz ou au Bristol, épurés, cautérisés par la convenance dictatoriale, mais sur une aire de piscine bruyante et propice aux confidences, à Cannes, et surtout en 1962 ! Sauf que Delon met un loup lors du braquage : il reste facilement reconnaissable. Impossible au minimum que le serveur n'ait pas de soupçons, mais que je sache, le serveur n'était pas dans le coffre au moment du braquage ! Pourquoi risquerait-il de le reconnaître ? Sauf que… nous sommes au cinéma et que, sans cela, Moise n'aurait jamais fait s'écarter les eaux de la mer rouge… Quant aux limites du cinéma de Verneuil, penchez vous, je vous prie, sur Un singe en hiver et vous verrez qu'il dépasse grandement les limites du génie ! C'est curieux ce regard que vous portez sur ces films du passé… Peut-être avez vous un problème avec ce qui caractérise ce genre de films : la simplicité. Parce que Mélodie en sous-sol, c'est simple. Et vous n'aimez pas ça. Ce n'est pas un reproche : vous avez l'habitude de voir des films fouillés, recherchés à l'extrême et avez de surcroît l'art de les commenter. Mais pour visionner sereinement certains films, il vous faudrait abandonner parfois cet état d'esprit méticuleux intensif qui ne sied pas à ce genre d’œuvres…


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De Impétueux, le 26 décembre 2016 à 19:05
Note du film : 6/6

Je ne vois pas ce qu'on peut reprocher à un film de casse sur le sujet de la vraisemblance et j'ai cité maints exemples plus haut. Je ne vois pas d'ailleurs ce que le sujet de la vraisemblance a à voir avec le cinéma : sans même évoquer tous les sujets de fantastique, de science-fiction, du merveilleux, du mythologique, etc., trouvez-vous normal que dans les westerns de la grande époque, les coups de révolver touchent toutes leurs cibles, même tirées par des cow-boys à cheval sur d'autres chevaucheurs (déjà, quand on est parfaitement stable, à plus de cinq mètres, c'est compliqué, alors !)…

Les films de casse reposent – forcément – surr des séries de paramètres invraisemblablement réunis : c'est ce qui fait leur charme : le minutage, l'intervention au bon moment d'un coup de téléphone, l'arrivée d'une voiture, la présence d'un quidam particulier. Avez-vous remarqué qu'il n'y a jamais d'embouteillage particulièrement retardant, qu'il y a toujours une place de stationnement disponible, que le quidam sur qui on comptait n'est jamais victime d'une grippe quand on en a besoin ? Ou alors, lorsque ça survient, ça introduit le grain de sable moral qui fait capoter le mauvais coup…

Les films de casse sont des contes de fées pour grandes personnes… Et ce dont a besoin, ce n'est pas de vaisemblance, mais de cohérence.

Sur les prétendues beaufitude et misogynie des dialogues : outre que le personnage de Delon n'est pas particulièrement présenté comme un délicat humaniste de gauche, respectueux des différences, mais qu'il y a lieu de penser qu'entre tous ses moyens d'existence, il y a eu, notamment, l'attrait que sa personne peut exercer sur les dames, je trouve que la conversation avec le barman (Jean Carmet) est particulièrement bien vue et criante de vérité ; ce genre de transaction – dût le vertueux Vincentp s'en indigner – est aussi vieux que le monde, les putes et les gigolos. Vingt ans après Mélodie en sous-sol, en 1984, le film de Christopher Frank L'année des méduses montre mêmement le gigolo Romain (Bernard Giraudeau) se renseigner sur l'état du cheptel.

Nadine Mouk a raison, le bar de plage de l'hôtel n'est pas celui du Ritz ou du Bristol. Mais, mes chers camarades, pour avoir fréquenté considérablement les deux établissements cités, je crois qu'il serait abusif de croire qu'ils sont des établissements chastes. Qui y passe avec quelque régularité y voit des manèges fort instructifs : un gigolo de quelque classe y a ses entrées et ses informateurs. Quant aux putes et autres escort-girls, veuillez ne pas oublier que l’excellent Robert De Niro fut poissé, précisément au Bristol, il y a quelques années en vénale compagnie.

La vérité, c'est que Vincentp n'aime pas le cinéma d'Audiard (car il est au moins d'Audiard que du délicieux Verneuil) et qu'il cherche désespérément à expliquer rationnellement son rejet. Il est de ceux qui pensent, contre toute évidence que Pierrot le fou de Jean-Luc Godard] est plus important que Les tontons flingueurs de Georges Lautner. Laissons lui ses illusions et son goût pour les cinémas exotiques ou confidentiels. Il faut de tout pour construire DVDToile.


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De verdun, le 27 décembre 2016 à 01:38
Note du film : 5/6

Cher Vincentp, si vous trouvez Mélodie en sous-sol "Trop long", "vide", "invraisemblable", "beauf", avec des "acteurs en roue libre", alors je vous déconseille vivement de (re) voir les films ultérieurs de Verneuil comme Le clan des siciliens, Le casse, ou Les morfalous qui me semblent davantage mériter ces qualificatifs.

Je précise que j'aime bien tous ces films. Le cinéma populaire de qualité de Verneuil ne me semble pas avoir d'équivalent de nos jours dans la production hexagonale.

Le point de vue de Vincentp ne fait que refléter la dureté de la critique envers le cinéaste. Mais était-ce nécessaire de conspuer Audiard ou Verneuil quand on voit le niveau actuel du cinéma commercial français ?


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