Forum - Le Désordre et la nuit - Caractéristique polar des fifties
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Forum : Le Désordre et la nuit

Sujet : Caractéristique polar des fifties


De Impétueux, le 2 novembre 2004 à 11:16
Note du film : 3/6

Mais oui, mais oui, tout le monde sait bien que Grangier n'est ni Orson Welles ni Stanley Kubrick, ni Alfred Hitchcock, ni même Julien Duvivier ; mais si l'on s'installe devant les images de ce Paris improbable fait de pavés luisants, de cabarets à gigolos et à champagne, de monuments noirs comme du charbon (le premier ravalement de Notre-Dame doit dater de 1960 ; merci André Malraux) ! on n'en décolle plus.

Personne mieux que Jean Gabin n'a mieux illustré ce cinéma-là ; avec de grands films, et aussi de bons films, comme Le désordre et la nuit. Et Danielle Darrieux est si merveilleusement belle à l'orée de sa quarantaine…

Et on commence à trouver que le dialoguiste, un certain Michel Audiard a bien du talent !


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De alphonse, le 4 mars 2005 à 17:03

Partage 5/5 l'avis précédent.


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De Impétueux, le 4 mars 2005 à 17:25
Note du film : 3/6

Merci de votre soutien ! Le DVD, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, est sorti (chez René Chateau, hélas !)


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De David-H, le 26 décembre 2005 à 19:20
Note du film : 3/6

Un polar aux multiples caractéristiques des « Fifties », sans réelle surprise cette fois…

Gabin, Audiard, Paris, la nuit, la bourgeoisie, le music-hall…Ce film de Gilles Grangier (La cuisine au beurre) réunit ici quelques ingrédients ô combien caractéristiques de toute une – riche – époque du cinéma français, dénotant complètement avec la Nouvelle Vague, apparaissant au même moment. Car nous sommes ici en 1958…

Jean Gabin, 56 ans, une nouvelle fois flic, entre deux épisodes de …Maigret, enquête sur la mort d'un maquereau victime d'un mystérieux crime passionnel. Entouré de deux charmantes comparses féminines, stars de l'époque, l'une à plus long terme, Danielle Darrieux (8 femmes), l'autre plus brièvement, Nadja Tiller (Miss Autriche…49), l'immense acteur parvient toutefois difficilement à faire décoller cette histoire, victime de ses innombrables longueurs et de son montage relativement décevant.

A contrario, les dialogues d'Audiard parviennent agréablement à faire oublier ces désillusions, tout comme la présence de certaines gueules de l'époque, Gabin, naturellement, mais également celles du désormais oublié Paul Frankeur (Touchez pas au grisbi) ou même celle de Jacques Marin (célèbre épicier dans la 7è compagnie). A noter aussi, l'agréable mais courte présence de Roger Hanin (Navarro), à mille lieues de sa future et longue carrière télévisuelle. Au bout du compte, le désordre est sauf dans son ensemble….


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De Impétueux, le 26 décembre 2005 à 19:33
Note du film : 3/6

Je vous en veux un peu d'avoir caractérisé le très honnête artisan Gilles Grangier par l'insignifiant La cuisine au beurre !

Pourquoi ne pas citer plutôt son chef-d'œuvre,Le cave se rebiffe que tous les amateurs portent en haute estime ? Ou Le sang à la tête, ou même Le gentleman d'Epsom ? Grangier est un cinéaste inégal, mais un bon serviteur (pas un maître !) de la "qualité française" !

Quand au Désordre et la nuit, au titre admirable, il ne vaut évidemment pas par l'anecdote, comme souvent inintéressante dans ce genre de spectacle, mais à l'atmosphère particulière de ce Paris disparu, des boîtes, des pavés mouillés…


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De David-H, le 26 décembre 2005 à 19:48
Note du film : 3/6

Ah mais cher Impétueux, je vous comprends tout-à-fait en puriste que vous êtes, mais mon explication est toute simple : évidemment il est préférable de citer l'excellent "Cave se rebiffe" plutôt que la gentille "Cuisine au beurre" mais dans mon souci de "faire découvrir pour toutes et tous" -notamment des plus jeunes-, nommer la Cuisine a, je trouve, quelque chose de plus évocateur pour le quidam par forcément cinéphile circulant à tout hasard sur cet excellent site…

A titre personnel, je suis certain que parmi les 28 étudiants de ma classe de journalisme, au grand maximum…3 condisciples connaissent encore le Cave…

Ceci dit, je me chargerai volontiers pour eux, de rectifier cette mauvaise tendance!


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De Impétueux, le 26 décembre 2005 à 19:53
Note du film : 3/6

Mais si trois connaissent Le cave, je doute que plus d'un demi connaisse La cuisine

Ou alors c'est que ma décrépitude est plus avancée encore que je ne le craignais !


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De WARRIOR, le 26 décembre 2005 à 19:56

Je le crains!!!

Et je partage votre déception…

(La faute à la Tv bien sûr, ce qui n'est pas diffusé à 20h50 n'a plus de valeur pour la majorité des jeunots de notre époque)…


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De PM Jarriq, le 19 mai 2009 à 18:25
Note du film : 2/6

Pour avaler cette pauvre enquête poussive et languissante, dans ce monde de la nuit laborieusement reconstitué en studio, il aurait fallu qu'on croie un minimum à l'histoire d'amour… Là, c'est difficile : un Gabin monolithique et en net surpoids, est drôle en "bon amant" d'une jeunette de 23 ans, poussant quelques colères téléphonées, grommelant ses fameux "Eeeeh, ben !", et résolvant un meurtre par de vagues déductions approximatives. L'étrange Nadja Tiller, malgré son accent, n'a pas le charme d'une Romy Schneider, et les seconds rôles d'époque cachetonnent tristement : Hanin apparaît le temps de se faire descendre, et Robert Manuel en fait des quintaux, en mac à l'accent fluctuant. On reconnaît un jeune Cassel, en figurant danseur dans la boîte de nuit.

Le désordre et la nuit bénéficie de quelques formules assassines de Michel Audiard, pâtit d'échanges moins heureux ("C'est vous, le flic ?", "C'est vous, la négresse ?") mais c'est d'une mollesse et d'un manque d'intérêt constant, et décidément Gabin n'a plus le physique de l'emploi.


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De Impétueux, le 19 mai 2009 à 19:50
Note du film : 3/6

Bon, allez, j'avoue que mon 4 était surévalué et que ça mérite seulement un petit 3. Et vous avez raison sur tout, PM Jarriq, ce n'est pas un film qui vaut grand chose.

Mais je maintiens ma fascination pour le titre…


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De Impétueux, le 1er juillet 2013 à 21:53
Note du film : 3/6

C'est vrai, ça n'a d'autre intérêt qu'ethnographique, à un double titre : d'abord l'atmosphère du Paris de 1958, de boîtes de nuit à l'ambiance jazzy, où la clientèle n'est pas composée que de jeunots (le jeunisme ne s'est imposé que cinq ou six ans plus tard jusqu'à remplir complètement le paysage) et où l'on s'habille encore pour sortir (sans porter, comme dix ou vingt ans auparavant, l'habit ou le smoking). Mais ensuite, et surtout, dans le passage de deux monstres sacrés à un autre stade de leur carrière.

Danielle Darrieux vient d'avoir 41 ans au moment du film ; elle a tourné à la suite les trois chefs-d’œuvre de Max Ophuls (La ronde, Le plaisir, Madame de) et Le Rouge et le Noir de Claude Autant-Lara : rôles de femmes suprêmement belles mais déjà effleurées par l'âge qui vient. Jean Gabin achève sa carrière de séducteur ; dans cette même année 1958, il va jouer Maître Gobillot, l'avocat vieillissant de En cas de malheur, ébouriffé par la sauvagerie charnelle de Brigitte Bardot.

Autrement dit, un monde s'achève sans qu'on s'en rende compte ; la Nouvelle vague est déjà là et va percer. Ce qui ne signifie évidemment pas que le cinéma de Gilles Grangier est condamné et ne se tournera plus ; mais il y aura dorénavant autre chose à ses côtés.

C'est faire beaucoup d'honneur à ce petit film à l'intrigue téléphonée et languissante que de lui donner un statut de jalon ; mais cela m'est apparu tellement fort, à la nouvelle re-vision, que ça m'a semblé lumineux. Intrigue totalement artificielle, avec un très superficiel effleurement des trafics de drogue (bien moins intéressant que dans Razzia sur la chnouf), rapports entre policiers artificiels et guindés, jeu médiocre de deux acteurs de théâtre qui outrent leurs effets (François Chaumette mais surtout Robert Manuel), apparente obligation d'insérer dans le film des numéros de la chanteuse et danseuse Hazel Scott

Et puis surtout l'invraisemblance d'une histoire d'amour entre Nadja Tiller, qui est censée avoir 23 ans (elle approchait en fait la trentaine) et Jean Gabin, qui a déjà pris l'allure paisible, bougonne, rassise qu'il affectera jusqu'à la fin de sa vie : plus rien du beau mec plombé par le Destin qui a tant marqué l'Avant-Guerre et au delà (jusqu'à Au-delà des grilles, ce grand film méconnu de René Clément) mais une petite histoire qu'on qualifierait presque de construite à l'eau de rose, si l'odeur de la morphine n'y était pas si vivace…

À part ça, on y fume beaucoup, y compris dans les salles de l'hôpital, où l'Audiard commence à devenir une langue classique, Darrieux joue un de ses assez rares rôles négatifs (avec La vérité sur Bébé Donge, L'affaire des poisons, Un drôle de dimanche). Et l'on revoit sans déplaisir Paul Frankeur, Gabriel Gobin, Jacques Marin, Lucien Raimbourg. Ça justifie à peine les 90 minutes de sa vie passée à regarder…


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De Arca1943, le 3 juillet 2013 à 16:38

Ce genre de film ne sort que rarement de mon côté de l'Atlantique – même si nous avons ici au moins deux coffrets Jean Gabin – mais nostalgique du bon vieux temps (où en fait je n'étais pas encore né, mais passons) qu'est-ce que je ne donnerais pour voir des gens fumer comme des pompiers dans un hôpital… ! Et en déclamant du Audiard, en plus !


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De Tamatoa, le 3 juillet 2013 à 18:43

Jean Gabin, qui a déjà pris l'allure paisible, bougonne, rassise qu'il affectera jusqu'à la fin de sa vie.

D'où l'expression : Il "Gabine" . Mais n'était-il pas devenu un peu répétitif à cause de celà, justement ?


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