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Forum : Marche à l'ombre

Sujet : Sans toit ni lois ...


De Tamatoa, le 9 avril 2013 à 12:44
Note du film : 4/6

Pour son baptême de l'air derrière la caméra, Michel Blanc s'est offert le scénariste talentueux Patrick Dewolf, éternel complice de Patrice Leconte. Il est (ou sera), ne l'oublions pas, à l'origine du chef-d’œuvre Tandem et de Monsieur Hire. Et bien lui en a pris à Michel Blanc car l'association de ces deux talents fait de ce film une comédie très enjouée et surtout très portée sur des dialogues savoureux. Le scénario par lui-même est quelque peu convenu mais la cadence de ce film nous fait oublier le côté un peu "déjà vu" de l'entreprise. Entreprise qui d'ailleurs, passe par un hommage appuyé à La grande illusion de Renoir et un autre au Quai des brumes. Devenu réalisateur, Michel Blanc a peut-être pensé que cela lui porterait bonheur. Avec raison car on ne boude pas notre plaisir devant cette Traversée de Paris revue et corrigée par une époque moins difficile mais néanmoins assez austère pour bien des talents inconnus qui veulent vivre de leur art. Même si celui-ci n'est pas rancunier.

Le road-movie dans Paris de ces deux copains désargentés est assez reussi. Avec un Gérard Lanvin très à sa place, impeccable dans un rôle taillé sur mesure, et un Michel Blanc hypocondriaque à faire peur qui nous arrache des rires par ses réflexions à l'emporte-pièces mais …savamment écrites en amont. La galère est leur lot quotidien en ces années 80 et mille aventures dans un Paris des bas-fonds, qui n'est pas sans faire penser aux Frères pétard, les fera plonger dans le système D jusqu'au cou. Des vols à l'étalage jusqu'aux squats temporairement légalisés, grouillant de cafards humains, car pourchassés comme tels, en passant par les toilettes glauques des boites nuits où ils dénicheront des boulots que la morale réprouve, c'est l'amitié entre ces deux hommes qui tiendra la dragée haute à l'adversité. Le racisme, la pauvreté, le travail clandestin, la face si peu cachée d'un Paris que l'on voudrait toujours ville lumière, Michel Blanc n'hésite pas, derrière le rire, a appuyer là où ça fait mal. Hormis cela, les scènes devenues cultes se succèdent à une cadence soutenue, accompagnée d'une chanson célébrissime de Renaud au début de d'une carrière prometteuse. Comme la chanson, le film est très enlevé. C'est bon enfant et ça swingue pas mal. Les séquences nombreuses dans les couloirs du métro, où des musiciens de la dernière chance viennent tenter la leur pour quelques sous, sont fort drôles. J'ai juste trouvé un peu dommage que la pourtant fort belle Sophie Duez vienne ralentir, par ses minauderies, le rythme du film. Une Sophie Duez qui, par la suite, s'est fait oublier assez vite.

Pour un coup d'essai… Déjà, et il le prouvera encore plus tard, Michel Blanc fait montre de réelles capacités de mise en scène. Ces autres films se feront un poil plus graves. Mais garderont cette faculté de traiter certains problèmes à fond, derrière un aspect toujours léger. Marche à l'ombre est une excellente comédie qui, si elle n'est pas à mettre dans le Panthéon du cinéma, se doit de figurer en bonne place sur nos étagères. Et toutes ne peuvent pas prétendre au même sort…


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De Impétueux, le 9 avril 2013 à 20:27
Note du film : 4/6

Voilà un film qu'il ne me viendrait pas l'idée d'acheter en DVD… mais qu'il ne me viendrait pas à l'idée de ne pas regarder lorsque je tombe sur lui, lors d'une de ses diffusions (un peu comme À nous les petites Anglaises ou Le Père Noël est une ordure. C'est léger, drôle, enlevé, sympathique comme tout…


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