Forum - Entretien avec un vampire - Sombre gothique
Accueil
Forum : Entretien avec un vampire

Sujet : Sombre gothique


De Patrice Dargenton, le 5 avril 2002 à 15:24

Un film sombre de style gothique. La seconde moitié du film est plus intéressante que la première, notamment avec le théâtre des vampires ; cependant, ce film n'a pas la profondeur du génial Dracula de Coppola.Patrice Dargenton (Mon site)


Répondre

De manou 17 ans, le 6 mai 2005 à 14:54

Moi je ne suis pas d'accord. Je préfère la premier partie du film. Je n'aime pas la deuxième justement à cause du théâtre enfin à cause des personnages du théâtre. Ils détruisent l'image du vampire. Je vois le vampire comme un être romantique et nostalgique de sa vie d'avant rongé par l'éternité et par la peur de vivre seul. Après il y a deux sortes de vampires très bien représenté par louis et Lestat : Louis sentimental qui garde un grande humanité en lui qui cherche le pourquoi de leur survie et Lestat qui se montre cruel mais si faible en réalité. Les vampires du théâtre sont des imbéciles, des clowns comme dit Louis. Il n'y a qu'Armand qui peut échapper à cette critique qui n'engage que moi.

Je ne pense pas que l'on puisse dire que Coppola est fait un meilleur film que Neil Jordan. Je trouve ça différent. Dracula comme son nom l'indique reprend le mythe de Dracula alors que entretien avec un vampire n'a rien à voir. L'histoire est complètement différente.

Alors Patrice peut dire qu'il a préféré Dracula de Coppola comme moi je peux dire que je préfère Entretien avec un vampire mais il ne peut pas dire que le film est meilleur car l'histoire est différente enfin c'est mon opinion à vous voir après.

Mais je conseille à tout les amateurs des fantastiques ou fan de Tom (Cruise) ou de Brad (Pitt) de le regarder d'urgence.

       

Répondre

De Murphy, le 13 juin 2006 à 12:13
Note du film : 6/6

Un long-métrage aux antipodes d'une énième production stéréotypée… Ici c'est le coeur et l'âme d'un vampire qui se révèle au fil du récit de sa « survivance »… Une « survivance » qui a les accents du chagrin, du doute, de la souffrance et de la solitude… Transcendée par une interprétation talentueuse, des décors et costumes soignés, une photographie à l'esthétique raffinée (bravo à Philippe ROUSSELOT) ainsi qu'une bande son aux accents gothiques et envoûtants; Le film de Neil JORDAN bouleverse avec bonheur l'archétype du vampire à l'écran… Mortels et Immortels ne sont donc finalement que les proies des mêmes tourments, des mêmes sentiments.


Répondre

De PM Jarriq, le 25 janvier 2009 à 16:51
Note du film : 4/6

Un curieux film, à la fois raffiné et grossier dans certains effets, romantique et clownesque. Les éléments comiques, à savoir le personnage de bouffon de Stephen Rea, le jeu caricatural de Slater, ou la "chute" finale dans la voiture, en total contresens, tombent comme des cheveux sur la soupe, et gâchent le plaisir.

Ceci mis à part, Entretien avec un vampire baigne dans une ambiance gay décadente, où les vampires ressemblent à des gravures de mode androgynes, et les ambiances sortent tout droit d'un Jack l'éventreur. C'est plaisant, joli à regarder grâce à une déco splendide et la belle photo de Rousselot, mais si Cruise est inégal, et Pitt parfois ennuyeux, c'est la petite Kirsten Dunst qui rafle la mise. Elle est extraordinaire d'innocence corrompue et de cruauté animale, dans un rôle complexe et fascinant. Dommage que ce talent si singulier se soit un peu dillué à l'âge adulte.

Si le reste du film avait été à ce niveau, Neil Jordan aurait signé LE chef-d'oeuvre du genre. Tel quel, c'est esthétiquement superbe, très maniéré et languissant et finalement assez creux.


Répondre

De kfigaro, le 26 janvier 2009 à 09:56
Note du film : 5/6

Bien vu, mais ce sont aussi les excès kitsch de ce film (véritable figure de proue du mouvement gothique contemporain, au même titre que des films plus parodiques et outrés comme "Blade") qui en font le charme, sans parler de la prestation assez étonnante (surtout pour l'époque) du sex-symbol Tom Cruise en vampire décadent et inquiétant.

Ne boudons pas notre plaisir donc. ;)


Répondre

De PM Jarriq, le 26 janvier 2009 à 13:40
Note du film : 4/6

A 4/6, il est clair que ne nous ne boudons pas !


Répondre

De DelaNuit, le 26 janvier 2009 à 22:59
Note du film : 5/6

Ah, la Nouvelle Orléans, les rives du Mississipi, les bayous… et les plantations… Ces grandes maisons coloniales aux façades greco-romaines au fond d'allées boisées où plane une brume humide… S'agit-il du Vieux Sud d'Autant en emporte le vent ? Celui chanté par la divine Ava Gardner sur son Show Boat ? Ou bien de celui, plus mystique, de L'arbre de vie ? Ou plus mystérieux encore de Minuit dans le jardin du bien et du mal ?

Comme il a l'air de souffrir, ce beau jeune homme quittant en galopant sa plantation pour aller chercher l'ivresse, le risque et la mort dans les tavernes des bords du fleuve… Le voici soudain dans les bras de Tom Cruise, qui lui plante ses canines dans la gorge et l'élève dans les cieux, extatique, avant de lui susurrer à l'oreille : "Alors ? As-tu suffisamment goûté à la mort ?" et de le lâcher dans les eaux du Mississipi !

Magnifiquement filmé, l'éveil de Louis (Brad Pitt) au monde de la Nuit, après avoir reçu le "don obscur" des lèvres (et des dents !) de Lestat, vampire iconoclaste d'origine parisienne… Soudain, le moindre murmure du vent ou le moindre coassement d'une grenouille fait sens, et les yeux d'un ange de pierre s'entrouvrent sur une nouvelle vie…

Cette nouvelle vie de vampire, Louis s'en serait bien passé. Vivre pour l'éternité, ça n'était pas son intention, alors que, dépressif, il cherchait plutôt à quitter la vie… Et puis tuer des gens pour boire leur sang, ça ne lui dit rien non plus. Ni les jolies créoles aux formes charnues et à la peau sombre, ni les jeunes pages au teint de craie dont son compagnon fait son ordinaire ! Alors pour recomposer une famille, Lestat Tom Cruise) offre le « don obscur » à une petite fille… Claudia, extraordinaire Kirsten Dunst, qui ne tardera pas à lui reprocher de l'avoir figée pour l'éternité, esprit de femme dans un corps de fillette…

Entretien avec un vampire fait partie de cette nouvelle génération de films sur le vampirisme qui, dans la lignée des états d'âme de Catherine Deneuve et David Bowie dans Les prédateurs, s'attachent moins à créer une atmosphère d'horreur ou d'angoisse telle qu'attachée à Bela Lugosi ou Christopher Lee mais plutôt de mélancolie face au passage du temps dans une nuit éternelle… Car comme disait l'autre, « L'éternité c'est long… surtout vers la fin ! »

Alors sans doute, le film a ses défauts et ses faiblesses, mais son originalité de ton et sa beauté visuelle les compense à mon avis largement.

Restent quelques agacements pour ma part devant des libertés du scénario au regard de l'œuvre originale d'Anne Rice. Certaines sont aisément compréhensibles : ainsi, si Louis n'est plus un jeune homme sensible séduit par Lestat mais un jeune veuf venant de perdre sa femme en couches, on comprend bien qu'il ne faut pas être trop explicite pour ne pas décevoir le fan club féminin de Brad Pitt ! En revanche, quand le dénommé Armand, censé être un portrait vivant des angelots blonds de la Renaissance, devient un brun au longs cheveux raides campé par Antonio Banderas, on s'interroge ! Pourquoi ? Mystère.


Répondre

De Impétueux, le 4 décembre 2013 à 13:48
Note du film : 4/6

La mode, depuis quelques années, est de présenter le Vampire comme une pauvre créature portant depuis des siècles sur ses épaules tous les malheurs du monde et les tristesses de sa condition. L'image traditionnelle, celle qui a été formalisée par le génial roman de Bram Stoker le présente, en revanche, comme une émanation de Satan, son avatar sur Terre, directement relié aux perversions les plus noires de l'Enfer. C'est que notre époque est compassionnelle et niaise et ne rêve rien tant que de présenter le plus effroyable des criminels qu'en pauvre victime de la répression sociale, une sorte de malheureux aux instincts (forcément aimables) martyrisés et à qui des parents abusifs (forcément abusifs, puisque parents) auront un peu vivement prescrit, un jour, de manger sa soupe.

Entretien avec un vampire goûte un peu à ces deux aspects, mais ne se tient pas en équilibre, au milieu du gué, puisqu'il fait de Louis (Brad Pitt), le personnage principal, un pauvre malheureux torturé de culpabilité et horrifié de ses goûts sanguinolents. Il ne faut évidemment pas chercher bien loin pour trouver les racines de cette haine de soi dans l'évidente homosexualité de plusieurs des protagonistes et (je le découvre sur Wikipédia) dans l'histoire personnelle d'Anne Rice dont le fils est gay. Le vampirisme, en ce cas, est plutôt examiné sous l'angle d'une réprobation sociale frappant une communauté et non plus sous celui d'un portail ouvert sur le Mal.

Cela dit, qui démythifie le propos, et donc l'affaiblit, le film, tourné avec d'importants moyens, est d'une grande beauté formelle et présente à l'amateur de bien belles images cruelles, parfaitement léchées et composées, notamment des incendies qui ravagent la plantation de La Nouvelle Orléans ou le théâtre maléfique parisien ; puis, la beauté des costumes et des allures, dans cette fin du 18ème siècle qui constitua, peut-être, l'époque la plus raffinée de toute la Civilisation, le Sud profond, à jamais anéanti par les Yankees, ses grandes demeures et ses parcs aux arbres chargés de la si esthétique mousse espagnole, la rencontre, sous un pont de Paris de Louis et de Santiago (Stephen Rea)… ou San Francisco moderne et nocturne.

Le plus beau, à mes yeux, est la représentation au Théâtre des Vampires ; moi qui déplore depuis toujours que le roman de Huysmans Là-bas n'ait jamais donné lieu à une adaptation cinématographique, voilà que j'en ressens l'atmosphère démoniaque, dans cette malsaine affluence de gens du monde devant des spectacles aussi ambigus que terrifiants. Il y a, dans cette séquence, un plan absolument magnifique où les vampires, filmés en plongée verticale, se jettent sur le corps dénudé d'une victime (Laure Marsac) comme une assemblée de rats voraces maléfiques.

Malheureusement ces séquences parisiennes sont bien trop brèves et sont même complètement déséquilibrées par rapport au reste du film : j'ai l'impression que le réalisateur Neil Jordan a dû être pris par le temps et les exigences de la production et a bâclé cette partie, pourtant de loin la plus troublante : qui sont ces vampires réunis en phalanstère à Paris ? Pourquoi, d'emblée, haïssent-ils Louis et la petite Claudia (Kirsten Dunst) jusqu'à vouloir les détruire ? Quel est le rôle précis d'Armand (Antonio Banderas) dans ce cénacle ? On devine les réponses, mais on aurait aimé que le metteur en scène s'étendît davantage sur ces questions sulfureuses. Mais peut-être aussi le climat compassionnel du film en aurait il été affecté…

Ah ! Disons beaucoup de mal du personnage de Lestat (Tom Cruise), le pervers initiateur de Louis, qui surgit et resurgit comme un Phénix immarcescible (il y avait longtemps que je ne l'avais pas placé, celui-là !), survivant aux incendies, aux alligators et à toute cette sorte de chose. Ça donne à un film qui n'est pas mauvais du tout une fin absolument grotesque.


Répondre

De DelaNuit, le 5 décembre 2013 à 14:27
Note du film : 5/6

Je ne pense pas que le propos de cette nouvelle approche des créatures des ténèbres tels les vampires soit de les présenter comme de pauvres victimes martyres, mais tout simplement de sortir d'un manichéisme réducteur et simpliste pour les doter d'une personnalité plus complexe et plus intéressante. Ce qui n'enlève rien à la cruauté de leurs actes. Et puis ça n'est pas si nouveau. Déjà Hugo ou Milton expliquaient le passé du Diable, sa rébellion, sa chute et sa souffrance…


Répondre

De Impétueux, le 5 décembre 2013 à 23:20
Note du film : 4/6

Mais ami DelaNuit, c'est bien ce que je reproche  : la volonté de trouver des excuses ; je connais (de nom, je l'avoue) le paradis perdu de Milton et j'ai lu, quand je lisais tout, la Fin de Satan de Victor Hugo : rien de cela n'est bien convaincant, si je puis dire.

Pour être fascinant, le Mal doit être aussi impur et parfait qu'un diamant noir ; sinon, il suscite la compassion, la pitié, l'attendrissement nunuche.

Cela dit, j'aime tout de même bien Entretien


Répondre

De DelaNuit, le 6 décembre 2013 à 11:56
Note du film : 5/6

Encore une fois, je ne pense pas qu'il s'agisse de trouver des excuses. La question n'est pas là. Mais simplement d'expliquer un parcours et de rendre compte de la complexité d'un individu. On peut expliquer le passé et le cheminement d'un meurtrier pour comprendre comment il fonctionne, comment il en est arrivé là, le personnage n'en devient à mon avis que plus intéressant. Mais cela n'excuse en rien ses actes, ne le dédouane en rien. Pour vous, le nunuche se trouve dans la compassion selon vous suscitée, pour moi le nunuche se trouve dans une vision manichéenne, simpliste à mes yeux.

Par ailleurs, si les oeuvres sur Satan que je citais ne vous convainquent pas, peu importe, le problème n'est pas là non plus. Je ne les citais pas pour qu'elles convainquent mais pour montrer que cette façon d'appréhender le mal n'était pas spécifique au cinéma récent.


Répondre

Installez Firefox
Accueil - Version bas débit

Page générée en 0.0071 s. - 5 requêtes effectuées

Si vous souhaitez compléter ou corriger cette page, vous pouvez nous contacter