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Sujet : Un grand Bergman


De verdun, le 4 mai 2006 à 18:36
Note du film : 6/6

On peut ne pas aimer le style Bergman mais on ne peut que reconnaître sa maestria intacte et l'énorme influence qu'il a pu dispenser à de nombreux metteurs en scène.

De fait avec Bergman, il faut abandonner nos habitudes confortables de spetateur blasé et avides de divertissemens standardisés.Il faut s'abandonner.

A coup sûr,Persona est une des oeuvres majeurs du mage suédois.

Que dire de cette oeuvre hors-normes, sublime, inatteignable:

1) Que ce n'est pas ce film qui démentira la réputation de Bergman, "cinéaste de la femme". Le duo constitué par Liv Ullmann et Bibi Andersson est parfait d'aisance et de sensualité.Un tel duo d'actrices ne peut que faire naître fascination et trouble, deux sentiments qui culminent lors de leur face-à-face.

Jusqu'à ce qu'elles ne forment qu'un seul et unique visage.

2) Que Bergman affirme ici une créativité visuelle qu'on ne pourra guère prendre en défaut. A commencer par une photo noir et blanc à tomber par terre.. Car Persona est d'abord un film d'image et non de discours, une des réflexions sur l'image les plus éblouissantes que l'on puisse imaginer. Et que d'idées folles et accomplies comme la rupture brutale en plein milieu du film..

3) Par conséquent, ce film ne saurait se résumer à son caractère psychologique ou psychanalytique. Cependant, il va de soi que le film est d'une richesse intellectuelle et ambigue sur la quête d'identité de ces deux femmes qui ne pourraient bien n'être qu'une seule personne..

Toutes ces raisons font que Persona est un film sombre,et encore pas tant que celà comparé à d'autres opus du maître, mais enthousiamant de finesse et de beauté.

On peut rester en dehors de l'oeuvre de Bergamn mais chaque cinéphile se doit de s'y être aventuré, même brièvement..


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De droudrou, le 15 septembre 2007 à 21:47

Avec deux avis aussi forts, il semble impossible de prétendre venir affirmer le contraire : c'est bien là tout le cinéma de Bergman.

C'est aussi très vrai que dans l'image Bergman et Antonioni sont très forts, chacun avec un style différent, certes, mais une rare puissance de l'évocation.


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De vincentp, le 6 mars 2016 à 16:24
Note du film : Chef-d'Oeuvre


L'expression d'une vision du monde inquiète, imaginée sur un lit d'hôpital en 1966 par Ingmar Bergman, alors soigné pour une sévère pneumonie qui le plonge dans un gouffre personnel. Au menu de Persona, des conflits politiques et sociaux, doublés de problèmes plus intimes (divorce, avortement, famille disloquée, suicide). La création artistique (musique classique et cinéma), un séjour sur l'ile paisible de Farö entre ciel sombre et mer agitée, sont des moyens de reconstruction personnelle et collective. Une façon de revenir aux sources bienfaitrices de l'existence, éloignées des conventions déstabilisantes imposées par la société. Ce sont là des thèmes développés dans des oeuvres antérieures du cinéaste (Ville portuaire, Vers la joie, Sourires d'une nuit d'été, par exemple). Persona opère une synthèse tranquille et sans surprises de ces thèmes via une écriture cinématographique innovante, en phase avec le langage de la modernité des années 1960.

Bergman bâtit un récit mêlant aspects imaginaires et réels. Des images subliminales décalées (un phallus en érection,…) croisent des plans fixes représentant des objets inanimés ou des personnages étranges. On ne sait si les confessions de l'infirmière (Liv Ullmann) correspondent à un vécu ou à une représentation fantasmagorique de celui-ci. Des éléments distillés à foison (bris de verre sur le sol, …) sèment le trouble parmi les personnages. Bergman intègre le spectateur dans ce récit, en lui présentant des éléments concrets qui le raccrochent à un vécu, et des éléments abstraits qui mettent à contribution son imaginaire. Les déplacements (de véritables chorégraphies) et placements des personnages et des objets dans le cadre de l'image caressent ou agressent la pupille du spectateur. La qualité de la mise en scène et de l'interprétation, la beauté des images de Sven Nykvist et des aspects sonores créent un spectacle artistique de toute beauté, à fort impact émotionnel.


NB : une chronique intéressante publiée sur avoir-alire.com met l'accent sur la dimension psychanalytique de l'oeuvre. http://www.avoir-alire.com/persona


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De vincentp, le 7 mars 2016 à 21:40
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Persona, qui aurait du s'appeler "cinématographe" est aussi une réflexion sur le processus de création cinématographique.

Regarder Persona et l'oeuvre de Bergman, c'est être confronté à une représentation du monde. Commenter cette oeuvre, de façon écrite ou orale (via un ciné-club, par exemple), même modestement, c'est faire l'effort de participer à la compréhension de cette représentation, et aussi une façon d'exprimer sa propre représentation du monde. Etre maître (acteur) de son existence, et non à la remorque (spectateur) des événements.


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De Impétueux, le 7 mai 2020 à 14:13
Note du film : 0/6

On ne parle plus guère aujourd'hui d'Ingmar Bergman, alors que des cinéastes presque aussi ennuyeux que lui, comme Michelangelo Antonioni, doivent avoir encore une petite secte (sans parler des systématiques béats des Cahiers du cinéma ou de Télérama qui sont payés pour ça). On ne parle plus guère de cet inopportun Suédois qui eut du succès à une certaine époque et empuantit beaucoup de relations amicales entre ceux qui prétendaient réfléchir au vu de ce cinéma-là et d'autres qui avaient envie de vibrer devant du vrai cinéma. Aussi incertaine qu'aujourd'hui, l'époque promouvait comme ça des turlupins comme Jean-Luc Godard et des sinistres comme Ingmar Bergman.

Il faut tout de même reconnaître une qualité à Persona : sa brièveté. Cet exercice de style ridicule ne dure que 80 minutes alors qu'on aurait pu craindre au vu de l'idée que le monsieur se faisait de son prétendu génie qu'il s'étendît plus longtemps. Il est vrai que l'histoire est si chétive, si maigriotte, si insignifiante que même le meilleur faiseur, le meilleur imposteur du monde – titre à quoi Bergman pouvait assurément prétendre – ne pouvait l'étirer davantage. Si nigauds qu'ils étaient les spectateurs auraient pu s'apercevoir de la supercherie, tout comme lorsque dans le fameux conte d'Andersen, un enfant s'aperçoit que le Roi est nu et décille ainsi les fidèles sujets en leur faisant prendre conscience de l’imposture. Parlons à peine des inserts fugaces d'images hétéroclites au début et au milieu du film : le genre de foutage de gueule qui fait s'émerveiller les cuistres.

Ajoutons aussi que si les deux actrices, qui sont à peu près seules à l'écran tout le film – Bibi Andersson et Liv Ullmann – , si elles manquent de tout sex-appeal, sont plutôt moins laides qu'on aurait pu le craindre, venant d'un pays, depuis longtemps sorti de l'Histoire, où le constant ciel gris, les plages gravillonneuses de l'ennuyeuse mer Baltique, la dégustation sûrement presque exclusive de saumon et de harengs, la pesante prospérité, qui donne à la Suède un rang envié en matière de suicide d'adolescents et de bitures carabinées (le fameux Binge drinking). D'ailleurs il suffit de voir la binette de Greta Thurnberg pour se faire une opinion.

Et voilà donc qu'à coup de gros plans continus, de trucs aussi faciles que le systématisme du champ/contre-champ et de séquences à la durée interminable, ce coquin d'Ingmar Bergman se propose de nous faire pénétrer dans l'intimité mentale d'un couple de femmes isolé sur la riante (c'est une antiphrase) île de Farö. Il y a là Elizabeth (Liv Ullmann), une comédienne connue frappée de mutisme lors d'une représentation et Alma (Bibi Andersson), une infirmière qui va être sa garde-malade. L'une parle, l'autre pas. Et celle qui parle, l'infirmière, est un moulin à paroles qui se prend au jeu, commence à croire que la comédienne ressent pour elle de la sympathie, alors qu'elle est épiée, scrutée, décortiquée, avec une certaine tendresse mais avec un non moins certain mépris…

Alma n'arrête pas, s'ouvre, s'expose, se décortique, conte ses émois et ses scrupules, une aventure érotique (réelle ou fantasmée ?) connue naguère en l'absence de son fiancé. Elle aimerait sûrement qu'Elizabeth lui rende la pareille, ne parvient pas à la décrocher de son silence. La tension monte entre les deux femmes…

Et brusquement Bergman part dans le n'importe quoi : sévères semonces adressées par Alma à Elizabeth qui n'a pas désiré son enfant unique, l'a rejeté tant qu'elle a pu, ne l'aime toujours pas alors que le gamin l'idolâtre. Bon bon bon. Et puis totale confusion entre les deux femmes dont l'une devient l'autre (et réciproquement comme dit l'humoriste). Le film s'achève sur une image de plage grise, de ciel gris et d'une silhouette qui monte dans un autobus terne.

On est bien content de n'être pas Suédois. D'ailleurs les chers Zozos de Pascal Thomas avaient connu la même déception après leur exploration scandinave…


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De vincentp, le 8 mai 2020 à 04:21
Note du film : Chef-d'Oeuvre

0/6 ? Le film est régulièrement classé parmi les meilleurs films de l'histoire du cinéma… 17° selon le classement de "Sight and Sound" "based on 846 critics, programmers, academics, and distributors,1 and the directors' list, based on 358 directors and filmmakers."

The Sight & Sound Greatest Films of All Time 2012


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De jack andrus, le 8 mai 2020 à 08:38

"La binette de Greta … " Une remarque impétueuse dans cet article (bien long) sur Bergman, qui reflète du racisme inconscient (le pire …) et qui nous éloigne de ce que devrait être une intervention dur DVDtoile. Pouah !


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De vincentp, le 8 mai 2020 à 16:03
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Chacun est libre d'émettre un jugement qui lui est propre, et toutes les sensibilités sont les bienvenues. Respectons ce principe de base d'échange. Les ciné-clubs publics produisent exactement les mêmes controverses. Je pourrais en citer une longue liste, provenant d'un vécu. Un des films les plus controversés auquel j'ai pu assister en public est Les aventures du capitaine Wyatt. Celui-là, soit ça passe, soit ça ne passe pas ! Comme un médicament, qui ne passe pas pour tout le monde. Idem pour Ivan le terrible.


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De Impétueux, le 8 mai 2020 à 20:08
Note du film : 0/6

Je n'ai aucune révérence envers les classements qui mettent régulièrement au premier rang Citizen Kane – pour être le meilleur film du monde – et La règle du jeu  – pour être le meilleur film français -, deux oeuvres que j'estime mais qui ne figurent pas dans mon Panthéon, loin de là.

Quant à mon aversion envers Greta Thurnberg, elle est délicieuse, voluptueuse et entière (mon aversion, bien sûr, pas ce laideron). Que cette momie sponsorisée par Soros et ses parents soit continuellement promue par le Camp du Bien suffit à ma détestation.


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De vincentp, le 8 mai 2020 à 20:21
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Citizen Kane a effectivement longtemps occupé la première place, mais est aujourd'hui détrôné par Vertigo. Je pense effectivement que Vertigo est le meilleur film de l'histoire du cinéma.


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De verdun, le 8 mai 2020 à 20:45
Note du film : 6/6

Je dissocierais de mon côté les films les plus importants du 7e art et les films qui me donnent le plus de plaisir et d'émotions.

Ainsi, à titre personnel, je préfère Falstaff à Citizen Kane, Psychose à Vertigo, Violence et passion au Guépard, Les sentiers de la gloire à 2001 et j'en passe…

Il y a dans l'histoire du cinéma, de grandes avenues dont l'importance est indiscutable, mais on a, me semble t-il, le droit de préférer le charme des ruelles trop peu fréquentées.


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De vincentp, le 9 mai 2020 à 07:57
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Il faut à la fois connaitre les avenues et les ruelles…

A noter que Pique-nique à Hanging Rock (1975) est élu meilleur film australien de tous les temps par des membres de l'Australian Film Institute, des guildes et syndicats de l'industrie, des critiques de cinéma, des universitaires et des professeurs, et des membres du National Film and Sound Archive (en), dans un sondage organisé par le comité cinématographique du centenaire victorien et le National Film and Sound Archive en 1996.

Pour rappel, la musique de ce film est très largement inspirée de celle de El Mercenario.

  • Morricone : https://www.youtube.com/watch?v=hZLPD6de6Dk : seconde 45 à 90.
  • Hanging Rock : https://www.youtube.com/watch?v=x05QuAhpq6o

Les "meilleurs films" selon chaque pays :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_meilleurs_films_jamais_r%C3%A9alis%C3%A9s


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