Forum - Les Salauds dorment en paix - La mise en scène, l'élément clef du cinéma
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Forum : Les Salauds dorment en paix

Sujet : La mise en scène, l'élément clef du cinéma


De sartorius, le 13 janvier 2004 à 17:46
Note du film : 5/6

Peut-être l'un des films les plus aboutis de Kurosawa et toujours d'actualité. J'ai par contre trouvé toute la première scène du mariage sans doute un peu trop longue et assez ennuyeuse, il faut un certain temps pour essayer de comprendre les rouages et les trafics financiers complexes de ces "salauds" mais progressivement, au bout de 30 minutes, on est happé par la suite des événements et de la machinerie machiavélique que Nishi met en place pour se venger. A noter cette scène extraordinaire avec Shirai et de la paranoia et de la folie qui s'emparent du personnage lorsque qu'il croit voir le faux fantôme de Wada. La fin du film est également très touchante et émouvante par la mort de Nishi qui s'était rééllement épris d'amour pour Kieko au-delà de son infirmité et de la haine sans borne pour Iwabuchi. Kieko et son frère renient ainsi leur père, ce "salaud", qui lui choisit la fuite à l'étranger.


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De doa2, le 20 octobre 2005 à 22:57
Note du film : 6/6

Je n'ai découvert que récemment Akira Kurosawa. C'était là une grave erreur de ma part. Au vue des deux films que j'ai vu de ce réalisateur ,les salauds dorment en paix et entre le ciel et l'enfer,(je compte bien en regarder beaucoup d'autre) je peux dire que je suis vraiment impressionné par sa qualité de mise en scène. Et pourtant ces deux films datent respectivement de 1960 et de 1963.

Pour en revenir au film, il est vrai que j'étais assez dubitatif durant les toutes premières minutes. En effet commencer le film par une séquence de mariage alors que nous ne savons encore rien des personnages est une alternative que peut de réalisateurs prennent. Mais c'est à partir d'environ cinq minutes que j'ai commencé à entrevoir les possibilités qu'offraient ce genre de mise en scène. Cela permet au spectateur de s'investir pleinement dans le film. Malgré tout, c'est vrai qu'il est dure de retenir tout les noms qui sont prononcés durant les 10 premières minutes. Mais, cette particularité donne d'emblée l'impression que le réalisateur a travaillé son film dans les moindres détails. Et durant tout le film (2h30) Kurosawa nous prouve sa maîtrise par une mise en scène digne des meilleurs réalisateurs (d'ailleurs il en fait partie).

De plus tout ce potentiel est mis à profit pour créer un climat propice au thème du film : une critique acide de la corruption dans le domaine financier et politique. Le scénario est un peu trop noir à mon goût pour que le spectateur puisse prendre la mesure des scandales financiers ou politiques qui secouent le monde depuis quelques années. Mais, là n'est pas l'essentiel. Kurosawa a réussi à créer un film d'une certaine profondeur notamment grâce aux acteurs qui donnent une prestation à la hauteur des attentes du réalisateur. Je retiendrais surtout la performance de Toshirô Mifune. A travers cette critique, il arrive également à faire exister ces personnages. Kurosawa a fait en sorte de créer des personnages qui puissent symboliser les enjeux humains dans ce rouage qu'est la corruption. Pouvoir, richesse, amour, haine, violence … autant de notions qui seront tour à tour ressenti par l'ensemble des personnages, ce qui ne fait que renforcer le climat de tension que Kurosawa distille tout au long du film.

Je crois que vous l'aurai compris, les salauds dorment en paix est un film noir qui fait la part belle à une histoire des plus travaillée et à des acteurs au sommet de leur art. Un film à voir tout simplement pour en prendre sa vrai mesure.


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De vincentp, le 9 décembre 2006 à 21:12
Note du film : Chef-d'Oeuvre

On peut ajouter que la distribution réunit une belle brochette d'acteurs : outre Mifune, Masayuki Mori, Takashi Shimura, Chishu Ryu,…, soit les acteurs vedettes japonais de cette époque. Ce film met en scène un nombre considérable de personnages masculins : c'est que le monde des affaires est alors une affaire d'hommes ! Mais les femmes, qui incarnent la sagesse et la bonté, ne sont pas absentes du récit. Kurosawa montre dans ce récit comment la vie professionnelle et familiale englue les individus dans une toile d'araignée, dont les fils sont les intérêts parfois convergents, parfois divergents, des uns et des autres. Un film très noir, qui se clôture dans un final à la narration destructurée, surprenant et brillant. Il constitue, par sa thématique, et sa sophistification formelle, en quelque sorte, le pendant japonais de Réglement de comptes de Fritz Lang.


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De vincentp, le 24 juin 2017 à 23:46
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Revu dix ans plus tard avec l'édition blu-ray qui vient d'être publiée par Wild Side. Le souvenir d'un excellent film, mais mon impression de ce soir est bien plus favorable. C'est une d'oeuvre sans défaut, époustouflante, moderne, innovante à l'extrême par sa construction (le personnage principal interprété par Toshiro Mifune prononce par exemple sa première réplique à la 33° minute, bien après avoir été présenté par les invités de la cérémonie de mariage). Commenter ce film revient sans doute à commenter un ticket gagnant à Euromillions ou à enfoncer des portes ouvertes. Exercice délicat. Je citerai simplement l'emploi de la musique -très présente et très variée, opérant un mixte entre la culture nippone et la culture occidentale- pour porter les personnages, gérer les pensées des spectateurs…

Une oeuvre qui avec une poignée d'autres commentées récemment dans ces colonnes, place évidemment Kurosawa dans la liste restreinte des candidats au titre du meilleur cinéaste de l'histoire du cinéma. Certains citent néanmoins Hitchcock, Fritz Lang, Mizoguchi, Ozu, Ford, ou Chaplin… Difficile de trancher. Les dix meilleurs films de Kurosawa ont tous été tournés (de mon point de vue) de 1949 (Chien enragé) à 1965 (Barberousse) avec Mifune, aussi à l'aise dans la peau d'un samouraï, que d'un policier, médecin, etc… Lui aussi peut concourir dans la catégorie du meilleur acteur de l'histoire. Il y a un côté démonstratif d'interprétation (sobre et élégante) et de mise en scène (puissante et facile) dans Les salauds dorment en paix (1960) qu'il faut évidemment redécouvrir en urgence via l'édition contemporaine de Wild Side.


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