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Forum : Meurs un autre jour

Sujet : De moins en moins Anglais


De dumbledore, le 9 décembre 2002 à 00:00

James Bond ne serait-il pas passé à l'étranger ? Voilà la question qu'on peut se poser en voyant ce 20ème opus des aventures du plus célèbre agent secret anglais. Car anglais, il l'est de moins en moins, s'américanisant par contre de plus en plus.

James Bond, le vrai, celui des films de Sean Connery et même celui de Roger Moore (pourtant piètre acteur comparé par exemple à Pierce Brosnan) était un personnage complexe et original. Il y avait d'abord l'humour toujours distant, toujours classieux. Il avait surtout un rapport à l'opposant lui aussi tout aussi distant. Même s'il sauve le monde dans chaque épisode, James Bond n'est jamais « plus ennuyé que ça » à l'idée de cette destruction possible du monde. Il garde son flegme dans toutes les circonstances. Jamais un mot plus haut que l'autre, jamais un mouvement d'humeur.

Depuis que James Bond est fait essentiellement par des Américains et non plus par des Anglais, James Bond n'est plus ce qu'il était. Il devient personnellement impliqué dans les histoires (car c'est bien connu – tous les manuels de scénario américains le disent – plus le personnage principal est personnellement en danger, plus le film est dramatique), il réagit maintenant avec sérieux aux menaces (car m'sieurs dames, c'est tout de même indécent de considérer des terroristes avec humour et distance !). Du coup, l'humour prend un sérieux coup dans l'aile et le mauvais goût apparaît : que ce soit le joli clip gentillet sur des images de tortures (sic), ou bien encore James Bond en train de faire du surf comme tout bon américain. A coup sûr, il doit même écouter les Bee Gees à ses heures perdues !! Bref, quand on regarde le James Bond 2002, on peut se demander ce que ce personnage a encore de spécifique comparé à n'importe quel personnage policier de films hollywoodiens. Plus rien.

Sur le registre des codes de la série, ce film est sans doute aussi le plus terrible. D'un côté, on retrouve un culte des références aux autres épisodes (allant des petites phrases de Q sur la « 20ème montre », à la pâle copie de Ursula Andress qui sort de l'eau en bikini). D'un autre côté, on voit James Bond comme jamais il n'aurait dû être montré : sale, avec une barbe d'un an, haineux, etc… Même ses gadgets deviennent ridicules avec le summum de mauvais goût qu'est la voiture invisible !!

Quant à l'histoire en elle-même, elle est d'abord cliché et pas vraiment surprenante, mais surtout elle ne développe absolument aucune interaction entre les personnages. Le méchant est fuyant et manque totalement de machiavélisme et de danger. Halle Berry (mauvaise comme jamais) se voit comme contrainte de partager ses scènes avec un autre personnage féminin sans intérêt. Du coup, au lieu d'avoir assez de scènes pour tenter d'obtenir un personnage intéressant, on a deux personnages insipides…

Déception donc, et inquiétude pour la suite… Heureusement qu'il reste le DVD et la possibilité de revoir L'Espion qui m'aimait


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De Jarriq, le 25 mai 2003 à 13:26

Sûr que ce n'est pas le meilleur Bond ! Et Brosnan a l'air de mauvais poil, pas vraiment là. Par contre la réalisation (c'est à dire les plans sans effets digitaux, il y en a quelques uns) est soignée et même parfois jolie. Mais que de longueurs ! Chaque poursuite dure trois fois le temps nécessaire, la psychologie des personnages récurrents est incohérente ("M" n'a jamais eu ce genre de relation dure et impitoyable avec 007) et les clins d'oeil sont lourds. A vrai dire, l'ère des James Bond est révolue, le monde a évolué. 007 est mort, mais personne n'a osé le lui dire…


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De sartorius, le 7 septembre 2003 à 18:42
Note du film : 4/6

Il est vrai que le tournage d'un nouveau James Bond est chaque fois un véritable défi à relever lorsque l'on connaît le passé de cette série glorieuse. Même si les derniers opus avec Pierce Brosnan ont assez déçu, je trouve que cet acteur s'en tire plutôt très bien pour succéder aux irremplaçables Sean Connery et Roger Moore.

Mais rien ne rajeunit jamais et il faut savoir faire évoluer son héros avec son temps et en faire un film aussi percutant que le meilleur James Bond. Ce qui fait l'échec de ces derniers, bien que Meurs un autre jour ne soit pas trop mal, est que chaque film doit plus où moins suivre une recette de cuisine et savoir doser les meilleurs ingrédients pour rester fidèle à ce que l'on appelle "l'esprit Bond". Et ce n'est plus une mince affaire lorsqu'il n'y a plus Connery, Moore ou Saltzman-Broccoli à la production et le plus dur étant de trouver les meilleurs ingrédients. Cet aspect recette de cuisine rendant chaque fois moins naturels et spontanés les films de Bond. Derrière ce film, il y a encore une équipe solide ayant travaillé sur les précédents Bond et qui nous a fait un assez beau travail. On peut en effet contester les effets spéciaux numériques comme le pouvoir d'invisibilité de l'Austin martin et l'invraisemblable cascade en surf vraiment ridicule et dont le trucage nous rappelle les vieux trucages mal faits des années 50… Mais l'image est belle et les décors de glace vers la fin splendides. Juste dommage que le rythme soit un poil trop rapide pour mieux savourer les décors.

Ce film nous annonce l'image du James Bond du 21ème siècle qui ne semble pas encore près de mourir à en lire le titre du film et cela malgré une certaine lassitude du spectateur. Un film de plus dans la série qui permet un divertissment de plus même si l'on sait que l'on ne pourra pas refaire des chefs d'oeuvre comme "Opération Tonnerre" et "L'espion qui m'aimait". Le seul reproche dans "Meurs un autre jour" est qu'il faudrait que l'on souffle davantage entre les scènes d'action. Sans cela, c'est un film très agréable à regarder rendant plusieurs hommages aux premiers films de Bond. Suite au prochain épisode…


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De Siduboy, le 25 octobre 2003 à 12:04
Note du film : 6/6

Le vingtième James Bond est une pur merveille. Des acteurs magnifiques, des cascades à vous couper le souffle, des scènes torrides. Tous les ingrédients sont réunit pour faire une réussite totale.

Même si je l'admets James Bond c'est beaucoup américanisé mais il n'en reste pas moins Bond…

James Bond le meilleur agent des services secrets de Sa Majesté capable de tuer, de sauter d'un hélicoptère sans parachute ou encore de faire une magnifique course en hovercraft. C'est une des scènes du film que j'ai adoré. Elle rappelle un peu la course poursuite en hors-board du monde ne suffit pas. Un film très réussi mais je l'admets certaines scènes en font un peut trop comme Icare qui déverse son laser gigantesque et fait tout exploser. C'est un film que j'ai aimé, en le regardent je ne me suis pas ennuyé une seule minute.

Je trouve que par rapport à "Goldeneye", Pierce Brosnan à réussi à faire évoluer son personnage dans le bon sens car lorsque j'ai vu "Goldeneye" j'ai eu du mal à me dire que c'était lui James Bond comme si ce nom ne lui allait pas. Mais finalement j'ai réussi à m'y faire.


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De Arca1943, le 18 janvier 2004 à 01:23

J'espère seulement que Lee Tamahori, réalisateur du puissant Once Were Warriors, va redevenir le cinéaste extrêmement prometteur qu'il était alors (même si Mulholland Falls est aussi un très beau film, ça ne vole pas à la même hauteur, sans parler du dernier James Bond…).


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De dumbledore, le 18 janvier 2004 à 10:03

Vu son James Bond, ça me parait pas gagné… Il faut être plus que talentueux pour ne pas se faire avaler par le conformisme d'hollywood.


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De raulo tomazzi, le 20 août 2004 à 20:56

ce james bond est de loin le meilleur avec pierce brosnan,voir le meilleur depuis que sean connery n'endosse plus son uniforme.ce nouvel opus renoue en effet avec le roman initial de ian flemming,dans lequel on retrouve dans le personnage de james bond une vulnérabilité un un plaisir sadique à tuer.normal que cet épisode soit plus sombre que les autres,donc,et premier bon point.bonne idée également de renouer avec la démesure kitsch des films avec roger moore qui permet un retour aux sources rafraîchissant.ainsi le passage de la voiture invisible se révèle plutôt crédible et jouissif et permet des scènes d'actio dantesqueq et totalement décomplexées qui tranchent par leur rythme,leur originalité et leur ampleur.comme d'habitude le scénario est gadget mais est cette fois-ci largement compensé par le charisme des protagonistes.la mise en scène,efficace n'en demùeure pas moins quelconque et se permet quelques fautes de goût tels des plans accélérés.en définitive:un très bon bond,et un grand film d'action


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De Guillaume, le 27 juillet 2006 à 16:35

Totalement d'accord avec Dumbledore même si je me doutais qu'on serait loin des James Bond comme "Goldfinger" ou "bons baisers de Russie" je ne m'attendais pas a un film aussi navrant (scénario et personnages).

Enfin bon … je suis peut-être un peu trop nostalgique et j'exagère un peu mais c'est le sentiment unanime qu'ont mes proches cinéphiles.


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De Ific, le 4 janvier 2007 à 18:28

Tous les avis sont légitimes, aussi faut-il les confronter aux faits. Alors j'ai recherché le DVD (www.fravidis.com)pour le revoir, et je pense enfin que le film n'est pas le meilleur parce qu'il utilise les effets spéciaux à outrance et les sons à saturation; comme tous les films récents; hélas. On s'abruti rapidement et ça se gache le plaisir de regarder une comédie parfois réussie, quand même.


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De droudrou, le 7 septembre 2009 à 10:06
Note du film : 0/6

Entre Demain ne meurt jamais et meurs un autre jour, j'ai la nette impression d'assister aux funérailles de 007 qui pourtant avait déjà vécu de durs instants… quels gâchis !


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De Arca1943, le 8 septembre 2009 à 23:50

Avouez qu'avec leurs limites, les deux Bond avec Daniel Craig ont plus de personnalité que ces produits malheureusement interchangeables.


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De verdun, le 1er décembre 2015 à 23:44
Note du film : 1/6

je me contenterai de ce que j'ai écrit pour Meurs un autre jour puisque les deux films eux-mêmes se répètent.

"L'un des rares James Bond auxquels je n'accroche pas du tout.

Les moyens démesurés et l'inflation des scènes spectaculaires ne suffisent pas à faire un film. Pierce Brosnan n'était pas un mauvais choix pour jouer 007 mais après un bon Goldeneye, il n'eut l'occasion de jouer que dans des blockbusters interchangeables même si certaines qualités sont toujours présentes.

Daniel Craig a pu imposer une certaine personnalité après tant de surenchère fade, même si je lui préfère Sean Connery ou Timothy Dalton."


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De Impétueux, le 25 septembre 2021 à 19:41
Note du film : 0/6

Après avoir regardé, il y a quelque temps, Le monde ne suffit pas, je pensais avec quelque naïveté qu'il ne pouvait pas y avoir quoi que ce soit de pire dans la geste bondienne. De fait, d'ailleurs, les films ultérieurs, notamment Casino Royale ou Skyfall, l'un et l'autre avec Daniel Craig m'avaient paru rehausser légèrement un niveau en pleine décadence depuis des années. Mais là je découvre Meurs un autre jour, ce qui justifie, d'ailleurs la volonté roublarde des producteurs de revenir ensuite un tout petit peu aux fondamentaux, tant le film de Lee Tamahori est écrasant de suffisance et de nullité. C'est aussi mauvais qu'ennuyeux.

Pourtant l'idée n'était pas mauvaise de placer le combat de James Bond (car toute l'action de Bond n'est qu'un combat contre les forces du Mal) à l'encontre de ce pays singulier, surréaliste et anormal qu'est la Corée du Nord ; on se demande toujours pourquoi les Étasuniens (et leurs caniches occidentaux) vont chercher des noises à des pays archaïques, retardés, souvent ridicules pour prétendre imposer leurs valeurs (il est évident que le nom de l'Afghanistan est le premier qui me vienne en tête), alors qu'ils laissent le nord du Pays du matin calme développer une cinglerie dangereuse. (En fait je pense que l'industrieuse Corée du sud n'a aucune envie de réunification, qui plomberait gravement ses performances économiques bien davantage que l'annexion de l'Allemagne de l'Est n'a gêné l'Allemagne fédérale).

Donc, la Corée du Nord, ce n'était pas mal : un méchant bien identifié et haïssable unanimement, ce n'est pas si fréquent dans notre monde si soucieux de politiquement correct, qui rougirait de dénoncer les dictatures africaines où sévissent tribalisme et corruption. Mais les scénaristes de Meurs un autre jour et son réalisateur Lee Tamahori ne vont pas dans ce sens : comme d'habitude, ils font voguer le spectateur sur toute la surface du monde, passant en un clin d'œil de Hong-Kong à Cuba et de Londres en Islande. Ce cosmopolitisme est d'ailleurs désormais une des marques de fabrique de la franchise : chacun veut avoir tout son soûl de paysages novateurs ; que cela se fasse au détriment de la cohérence du récit n'a aucune importance. De toute façon, plus la saga James Bond se développe et métastase, la complication des intrigues atteint des sommets. Il n'est que de comparer sur Wikipédia les résumés des premiers films (Bons baisers de Russie, Goldfinger), issus directement des romans de Ian Fleming et ceux des vingt dernières années (Goldeneye, Demain ne meurt jamais, les autres) : les seconds occupent quatre fois plus de place que les premiers.

Complication n'est pas raison ; en tout cas, à partir du moment où les scénaristes placent tous leurs efforts à élaborer des histoires aussi tordues qu'incompréhensibles. Le spectateur n'assiste qu'à une suite de séquences spectaculaires, supportables et même acceptables lorsque l'on les regarde coincé dans le fauteuil de son multiplexe de banlieue, au côté de son énorme pot de maïs éclaté (le fameux pop-corn, qui fait un duo magnifique avec le sucré Coca-Cola). Mais elles deviennent affreusement lassantes, sous le regard plus rassis et fatigué de celui qui les découvre à la télévision. Il n'y a rien, rien du tout, dans ce récit de la bagarre habituelle de James bond contre tout ce qui peut gêner le Gouvernement de Sa Majesté britannique. Le malheur est qu'il n'y a presque plus de Majesté britannique (un peu davantage tout de même que de Nation française) et qu'on se demande bien pourquoi 007 combat.

Il est terrible, d'une certaine façon, de se remémorer la longue suite des aventures de l'espion magnifique et de constater qu'au fil des époques, il baisse, lui aussi, casaque. Pauvre monde occidental qui ne survit que par sa lumière fuyante…


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