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Risi crépusculaire et passionnant


De Arca1943, le 10 février 2014 à 00:48
Note du film : 5/6

En réponse à une remarque d'Impétueux sur le fil de la fort décevante comédie Je suis photogénique (1980), j'invite quiconque à découvrir ou redécouvrir ce petit miracle tardif (1990) du célèbre tandem Dino Risi et Vittorio Gassman (quinze films ensemble au compteur !). Miracle fragile, miracle avec ses limites, mais c'en est un.

En boutade, je dirai que tout se passe comme si les années 80 étaient carrément allergiques à la comédie à l'italienne, elle si parfaitement à sa place dans les 50, 60 et 70 ; et donc, pour de bonnes comédies italiennes dans les années 80 il faut aller vers un humour aux antipodes, avec par exemple le burlesque Maurizio Nichetti et ses excellents Voleur de savonnettes et L'Amour avec des gants (qui soit dit en passant existent tous deux en VF). Mais dès que les vilaines eighties sont finies ou achèvent, eh ben voilà ! Certes ils se fait tard, mais la sauce peut reprendre: Valse d'amour est le meilleur Risi en dix ans, tout comme Parenti serpenti est le meilleur Monicelli en dix ans. Au même moment, Comencini et Brusati reviennent à la comédie à l'italienne, qu'ils avaient délaissée, avec respectivement Joyeux Noêl, bonne année et L'Oncle indigne. 1990 arrivait, donc la mystérieuse malédiction des années quatre-vingt était levée…

Ce n'était pas, bien sûr, un retour en force mais un nouveau chant du cygne (sic!) Plus important, au même moment, des comédies satiriques de nouvelle génération et de nouvelle facture arrivent sur les écrans et amassent (enfin!) beaucoup de spectateurs, telles Le Porteur de serviette ( 1990, satire politique) et Mediterraneo (1991, satire de mœurs), deux belles réussites qui portraituraient et caricaturaient et caractérisaient elles aussi, mais à leur manière, dans une clé très indépendante des «titans du passé» (1) alors octogénaires.

(1) Comme les appellent Fruttero et Lucentini dans Le Retour du crétin, 1991.


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De Arca1943, le 27 juillet 2013 à 16:45
Note du film : 5/6

« …qui serait presque parfait de délicatesse sans Elliott Gould, à l'aise dans la farce magnifique de Mash mais, dans un film italien, curieusement distribué. S'il n'y avait eu cet histrionisme… »

Sous notre accord couve le désaccord ! Je vous paraphraserai donc à l'envers. Le film serait presque parfait de dérision tragicomique et de grotesque pathétique si Dominique Sanda, bonne actrice à l'aise dans l'intensité dramatique mais peu douée pour la satire, n'y était curieusement distribuée. Le choix d'Elliott Gould comme sidekick du sublime Gassman, est une trouvaille: son histrionisme contribue à ancrer solidement le film dans le sillon d'un cinéma de genre peu soucieux de "délicatesse", volontiers caricatural, qui dérive toujours de la farce, de la commedia dell'arte, malgré la mélancolie crépusculaire qui s'est ajoutée sur le tard aux ingrédients de la recette à compter de Parfum de femme et Nous nous sommes tant aimés (1974).


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