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Pulpant !


De Gaulhenrix, le 9 octobre 2007 à 14:10

Un autre point de vue sur Pulp fiction pour faire apparaître une certaine cohérence que la structure « éclatée » du récit et la violence de nombreuses scènes peuvent dissimuler.

S'il est un sens au film, c'est assurément celui véhiculé par la référence récurrente à la Bible (Ezéquiel 25 – Verset 10) de Jules (Samuel L. Jackson) et l'évolution de son personnage : de l'amour divin à l'amour humain. Dans ce Los Angeles qui dessine une moderne Tour de Babel où les hommes se côtoient sans véritablement communiquer, se comprendre ou s'aimer – et qui rappelle même les antiques Sodome et Gomorrhe du sexe et de la sodomie -, mais trichent, se droguent, et se tuent, le personnage qui a l'apparence d'un Christ – ô combien dérisoire -, (Lance), est celui qui distribue aux hommes de l'héroïne (et non les pains comme Jésus) dans une sorte de confusion totale des valeurs (Vincent / John Travolta assassine cruellement sans le moindre état d'âme, mais est choqué parce que la carrosserie de sa voiture a été rayée). Le Salut ne touchera que ceux (« les simples d'esprit ») qui ont l'assurance (le courage ?) d'une Foi qui permettra leur Rédemption. Ce miracle qui sauve les deux tueurs pourtant visés à bout portant, seul Jules a su l'interpréter comme un Signe divin. Il est aussi le seul des deux à rester en vie.

C'est que l'univers du film, contrairement à ce que pourrait laisser croire une vision superficielle, ne fait la part belle ni au cynisme ni au nihilisme. Dans Pulp Fiction, en dehors des deux sadiques qui incarnent le Mal – d'ailleurs éliminés pour notre plus grand plaisir de spectateur -, rares sont les personnages entièrement méchants : le terrible Marsellus, au final, montre son sens de la justice ; de son côté, l'inquiétant Jules est capable de s'élever (!) jusqu'à Dieu et de philosopher, voire de prêcher. Surtout, la romance (qui rappelle le True Romance de Tony Scott, dont Tarantino a écrit le scénario) entre Butch et Fabienne, voire entre Pumpkin et Honey Bunny, colore de rose ce film ô combien noir. Bref, la Grâce divine est présente au cœur même de cet univers du Mal, et l'incroyable histoire de la montre passera alors pour la métaphore par excellence qu'elle est : cachée dans l'anus (et donc synonyme de trivialité), la montre symbolise pourtant la fidélité, l'amitié et l'amour familial, valeurs morales par essence nobles. On peut proposer de même une explication à la lueur qui irradie de la fameuse mallette dès l'instant qu'on l'ouvre : ne s'agirait-il pas de ce Signe d'une espérance lumineuse que nous recherchons tous tout au long de notre vie ?

Mais la plupart des personnages du film agissent selon un réflexe tout animal et l'instinct semble leur tenir lieu de pensée. Il faut donc les raisonner comme le montre la longue, patiente et vaine discussion de Mr Wolf (Harvey Keitel) aux prises avec les deux tueurs pour le nettoyage de la voiture ensanglantée ou encore le discours sur le miracle qu'adresse – sans succès – Jules à Vincent. Bref, Tarentino présente des personnages rétifs à toute éducation, dont l'humanité est incertaine (Vincent, le "premier" Jules et les deux sadiques) ou, au contraire, très affirmée (Cf. les rapports sentimentaux très étroits qui unissent Butch et son amie et l'attitude de Jules après sa rédemption), mais qui sont susceptibles, à tout moment, de trouver le bonheur ou, du moins, de s'engager sur le bon chemin.

Ce décalage entre la réalité prosaïque et celle du film, qui définit certains des personnages ou qui rythme les dialogues, fait naître chez le spectateur une double réaction de fascination et de distanciation. Chaque séquence est si élaborée et si forte émotionnellement que l'on est constamment « pris » par ce qui se déroule à l'écran. Mais, à l'inverse, certaines scènes sont si désopilantes que l'on se retrouve dans la position de l'observateur. Dès lors, il appartient au spectateur, s'il prend le recul nécessaire, de tirer la leçon de ce qui est montré.


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De Vincenzo Vega, le 30 août 2005 à 11:06

Saturday night fever n'est pas un hommage a John Travolta comme beaucoup de personne l'affirme, car Quentin Tarantino a ecrit la célébrissime scène de la danse avec Uma Thurman avant meme de l'avoir choisi pour etre le redoutable tueur a gage Vicenzo Vega.


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