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Critique


De littlecat, le 14 janvier 2008 à 13:04

Entièrement d'accord avec toutes vos remarques sur ce film que j'ai admiré. C'est le nom de Paul Newman, encore si séduisant il y a quelques années, qui m'avait attirée. J'ai découvert Tom Hanks, très paternel, un peu grassouillet peut-être pour le rôle inquiétant d'un tueur, en tout cas pas avec une tête de salop ; j'ai découvert Jude Law et Daniel Craig, plus inoubliable que le précédent. Ce n'était pas du temps perdu.


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De Gaulhenrix, le 24 mars 2007 à 00:29
Note du film : 5/6

Je découvre avec quelque retard ton avis, PM Jarriq, sur ce film, mais je tiens à partager tes remarques concernant la note du film et le choix des séquences à retenir : la scène de l'exécution des membres de la pègre orchestrée en un tableau saisissant (filmée au ralenti, nocturne, sous une pluie battante, muette et silencieuse) magnifié par une photographie splendide ; la scène du châtiment final précédée d'une photo surexposée qui met en lumière l'accomplissement du héros.. J'ajouterai la scène du premier meurtre – partiellement (sans doute pour mieux révéler symboliquement l'effroi de la vision forcément tronquée qui est celle d'un enfant) – entrevue par les yeux horrifiés du fils caché.

J'ai, par ailleurs, apprécié le double mouvement – parallèle mais inverse – qui succède au meurtre : à la fois une descente aux enfers (se venger signifie pour Michael Sullivan se retrouver seul, en danger de mort, contre la pègre), et une ascension vers une rédemption spirituelle (assurer la survie de son fils est une façon de se racheter de son passé de criminel et de mauvais père).

Mais c'est visuellement – et c'est l'un des atouts du film – que Sam Mendès traduit ce double mouvement : il nous montre un Michael Sullivan très entouré à l'écran au début du film (relations nombreuses, amis précieux et famille refuge) pour, progressivement, l'installer dans une solitude désespérée, en charge d'un enfant qui représente une entrave face à un univers hostile et menaçant, alors même qu'il est pourchassé par un tueur psychopathe (Jude Law) lancé à ses trousses. De même, le chemin du rachat se lit à travers les transformations successives d'un décor et d'une lumière très symboliques : la neige glaciale du début du film fond peu à peu ; lui succède une pluie dense, diluvienne, oppressante ; avant que la lumière de l'océan n'envahisse l'image à la fin du film. De la neige au soleil de la mer, de l'ombre à la lumière, ces sentiers-là mènent au salut. Mais un salut qui exige son tribut : le châtiment est souvent le prix à payer pour pouvoir se racheter… La qualité de la photographie (due au chef opérateur Conrad Hall, décédé depuis) est proprement superbe, qui organise souvent une profondeur de champ visant à exprimer le refus des apparences (c'est-à-dire le premier plan) et la sensation (Cf. la partie inférieure de la jaquette du Dvd) que le héros et son fils sortent littéralement d'un passé trouble (désormais derrière eux) qu'ils rejettent pour s'avancer vers la lumière et la réconciliation avec eux-mêmes.

Le réalisateur s'interroge ainsi, comme dans American beauty, sur le rôle social des apparences et, en contrepartie, sur notre besoin profond de vérité et d'accord avec nous-même, à travers des personnages nuancés et complexes qui sont, tour à tour, dans l'ombre et la lumière, comme l'illustre la photographie du film.

Il signe un film, certes, très construit et – en apparence seulement – glacé, mais que j'ai trouvé, pour ma part, émouvant, voire poignant.


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