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Critique


De Steve Mcqueen, le 19 juin à 19:52
Note du film : 6/6

Entre coups de blues et coups de feu, coups de reins et coups de sang, Joshua (Tim Roth) promène sa silhouette bardée de cuir dans les rues de Brighton Beach. Masque impassible d'où la moindre émotion semble bannie, le tueur à gage est de retour au bercail, prompt à dégainer pour donner la mort comme on accorde une faveur.

Reuben (Edward Furlong), son frère rudoyé par l'existence, vivote en tirant sur sa clope comme s'il consumait sa vie, enchaînant séances de ciné et petit boulot de vendeur de journaux dans un kiosque aux côtés de son père.

Leur mère (Vanessa Redgrave), masque de douleur qu'une mort tant redoutée viendra apaiser, vit ses derniers instants, se débattant dans les draps de son lit comme entre les suaires d'un tombeau.

Surplombant ce trio tragique, la figure tutélaire du père (impressionnant Maximilian Schell), régente ce monde entre accès de brutalité et compassion feinte.

Dans un univers glacé jusqu'au malaise, l'argument du polar n'est qu'un prétexte pour mettre en scène une tragédie familiale aux sentiments exacerbés, où les fils sont frappés à coup de ceinture, où les pères finissent défroqués dans un terrain vague, le canon d'un flingue sur l'occiput et le coeur à terre.

James Gray, âgé d'à peine 25 ans, réalise son premier chef- d'oeuvre, glacé comme l'empreinte d'un flingue appuyé sur la joue. Âpre et virtuose, il explore les relations familiales comme le terreau maladif engendrant des trajectoires diamétralement opposées.

De ce coup de maître abrasif, où les silences sont plus mortels que les balles, Reuben en sera la victime expiatoire. Dans l'une de fins les plus déchirantes que j'ai pu voir sur un écran, un incinérateur deviendra bûcher funéraire scellant la tragédie.

Microcosme familial aux ramifications complexes, porté par l'interprétation irréprochables de ses interprètes, Little Odessa expose les thématiques que James Gray ne cessera de décliner par la suite.

Inoubliable.


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De Steve Mcqueen, le 28 avril 2010 à 14:43
Note du film : 6/6

Totalement d'accord avec Dumbledore, Droudrou et Aragorn !! James Gray réalise un polar culte, ignoré par la critique à l'époque de sa sortie (même "Studio" fera son mea culpa) et qui a acquis depuis sa vraie stature : celle d'un chef d'oeuvre du polar psychologique. Gray réalise un film pur comme le diamant et tranchant comme l'acier, sur la corde raide entre pathos et violence….

Un tueur revient chez lui, dans le quartier russe de Little Odessa, à New York. Il revoit son petit frère (excellent Edward Furlong), entrEtient des rapports tendus avec son père (éblouissant Maximilian Schell) et revoit furtivement sa mère (touchante Vanessa Redgrave) tout en préparant son nouveau coup : l'assassinat d'un bijoutier russe. Laquelle séquence est magnifiquement filmée, à la fois belle et ultra-violente : les deux hommes sont filmés de loin, dans une décharge, de nuit. Tim Roth : "Tu as 5 secondes pour faire ta prière avant de mourir". Le juif sanglote et Roth lui tire une balle dans la tête…. Traumatisant.

Mais le film est avant tout une tragédie shakespearienne, dans le sens où elle montre la lutte pour la prise du pouvoir dans le cadre du cercle familial : Schell voit son pouvoir paternel vaciller sous les coups de boutoir de Roth ( dans une scène éblouissante Roth force son père à s'agenouiller avant de lui coller son arme sur la nuque ) , son cadet lui échapper, il n'a pour seule alternative que de fréquenter une autre femme…

A la fin, Roth, les yeux dans le vague, brûle le corps de son frère dans une immense chaudière…

Déchirant.


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