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Avis


De vincentp, le 12 septembre à 08:37
Note du film : 4/6

4.5 Un très bon film, dont les outrances de forme renvoient au personnage principal. Le problème de ce Dracula comme Tetro ou L'homme sans âge du même réalisateur est qu'il est légèrement ennuyeux. Problème de rythme, manque de diversité de propos, l'impression est que le spectateur n'est pas très bien géré. On a pléthore de films aux moyens matériels limités dont la principale qualité est précisément une gestion parfaite du spectateur (L'expédition, La chevauchée de la vengeance, par exemple,…).


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De Impétueux, le 4 novembre 2012 à 14:56
Note du film : 2/6

Avec une obstination qui frise le déni de réalité, j'ai regardé une nouvelle fois hier ce Dracula que je ne parviens pas à enterrer (image ô combien hardie !) dans mon cimetière personnel. Il est vrai qu'on était au lendemain du Jour des Morts, ce qui prédisposait à la gageure.

Mêmes réticences à l'égard du film que celles déjà manifestées : maniérisme, boursouflure, tics de réalisation (en fait les fondus dont je m'étais moqué dans mon message de 2009 ne partent pas tous d'un œil : mais d'une ocelle de paon, des deux morsures du cou de Lucy, d'un cercle de feu pour aboutir sur une sortie de tunnel, des prunelles de loup, d'une pleine lune : n'empêche que c'est vraiment du procédé !).

Mêmes critiques sur la sexualisation explicite du récit, que Coppola a sûrement voulu relier aux frustrations de la société victorienne et que l'on met sous le nez du spectateur de façon bien voyante, et quelquefois même graveleuse. D'ailleurs quand le réalisateur se veut allusif, il chausse des sabots de sept lieues : ainsi lorsque Lucy succombe à la morsure orgasmique du vampire les fleurs de sa chambre se fanent en un clin d'œil : métaphore enfantine de la perte de la virginité : c'est bien simple : on se croirait chez ce puritain d'Hitchcock !).

Je ne méconnais pas certaines qualités décoratives du premier tiers du film, celui qui se passe dans l'effrayant château des Carpates, même si j'y vois quelquefois des symbolismes un peu lourds, des yeux menaçants dans le ciel rouge lors de l'arrivée de Jonathan en Transylvanie, des ombres chinoises terrifiantes lors de l'entretien du comte avec le jeune homme… Mais enfin le château est remarquablement effrayant, la dégaine du vampire est baroque et somptueuse, quelques jeux de scène sont appropriés (le comte léchant le sang du rasoir avec quoi Jonathan vient de se couper).

Mais dès qu'on va en Angleterre tout se gâte et le décoratif n'est que décoratif. Les effets spéciaux prennent une part grandissante dans le déroulement du film et l'on tombe dans la banalité friquée d'un film d'horreur à gros budget.

Et puis je confirme qu'à mes yeux l'histoire est terriblement lourdingue et niaise. Je me demande, d'ailleurs, s'il ne faut pas dater de ce Dracula-là un changement d'orientation envers les vampires. Désormais la créature de la nuit est davantage représentée comme une sorte de victime d'une malédiction dont il est à peine responsable et jamais coupable (un virus, un sorcier fou, une fatalité transcendante) et non comme un instrument diabolique, une créature des ténèbres, liée à Satan par un pacte monstrueux. Même si dans le film de Coppola Vlad Dracul, guerrier cruel mais héroïque a bien fait alliance avec le Malin, c'est à la suite du rejet par l'Église du pauvre corps de sa femme chérie suicidée  : il est donc, fondamentalement une victime.

Voilà qui est bien agaçant. On ne peut même plus compter sur l'horreur grandiose des Maudits, désormais…


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