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Forum : Le Dernier tournant

Sujet : Tiens ! V' là l' facteur...

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De Tamatoa, le 30 mars 2012 à 19:03
Note du film : 4/6

Les adaptations du roman de James M. Cain, Le facteur sonne toujours deux fois, dont il faudra bien un jour que quelqu'un m'explique le pourquoi de ce titre, les adaptations, dis-je, ont fleuri au fil des ans. Personnellement j'en recense quatre :Les Amants diaboliques de Luchino Visconti en 1943, The Postman always rings twice de Bob Rafelson en 1981, Le Facteur sonne toujours deux fois de Tay Garnett en 1946, et ce Le dernier tournant de pierre Chenal en 1939. Je sais qu'il y en a eu d'autres, dont une Maltaise je crois bien, qui m'échappent aujourd'hui. On prétend même que Jean renoir avait pensé à illustrer ce livre mais il abdiqua pour d'obscures raisons. Je ne connaissais jusqu'à ce jour que la version de Rafelson avec Jack Nicholson. Peut-être la plus célèbre (?) des adaptations du Best-seller de James M. Cain. Peut-être aussi la moins fidèle, la moins noire . Même si Jessica Lange y trouve un de ses plus grands rôle.

Et voilà que France 2, dans le cadre du ciné-club, nous gratifie, Mardi à deux heure du matin (merci le service publique), de la toute première transposition cinématographique du roman, rebâptisé Le dernier tournant. Il serait fou de faire la comparaison avec The Postman always rings twice et la folie de Nicholson qui donne dans une grandiloquence pas très bien venue dans ce film. Fernand Gravey sait jouer les fous meurtriers mais surement moins emphatique que le héros de Vol au-dessus d'un nid de coucou. Cette version là est beaucoup plus confinée, intimiste que les suivantes. Le roman n'est pas trahi à aucun moment. Et la palme d'or de la restitution de notre rêverie littéraire revient sans conteste à l'éblouissante Corinne Luchaire, belle, belle…

Viviane Romance avait été préssentie pour le rôle mais s'était désistée. Je pense qu'elle aurait donnée au personnage une autre souplesse, moins grave. L'atmosphère glauque, noire et poisseuse de cette histoire, qui rappelle par instants (seulement) l'avant dernier film du grand Duvivier, Chair de poule, est formidablement restituée par des acteurs de premier plan. Un très grand Michel Simon (existe t'il un jour, un film, oû il ne l'a pas été même si il est à déplorer son comportement quelque peu vicelard ?), Jovial accordéoniste, très adroitement sobre mais beaucoup moins naif qu'il n'y parait. Robert le Vigan, maitre chanteur, tout droit sorti de l'océan de Quai des brumes dans lequel il s'était jeté, fatigué du monde, et un Fernand Gravey sinistre comme il en avait le secret quand il ne jouait pas les grands illuminés dans la fantaisie, son domaine de prédilection. Sans oublier un Marcel Vallée toujours exquis même dans le drame. Pierre Chenal, lui, signe là un très grand film. Il venait de nous offrir son excellent Alibi et la très grande Maison du maltais. Son Dernier tournant en boite sera pour lui prémonitoire car il fuira l'envahisseur teuton et partira se réfugier en Argentine oû il tournera plusieurs films de très bonne facture.

Le dernier tournant est à mes yeux (mais je n'ai pas vu toutes les versions) la meilleure variante du bouquin. En tous cas, bien suintante de crasse. Avec peut-être un bémol concernant des dialogues un peu faiblards. Mais chacun se fera son idée de la chose. Il se dit, dans les milieux autorisés, que le Le facteur sonne toujours deux fois de Tay Garnett est d'une excellente facture avec une Lana Turner au sommet. Allez savoir…
En tous cas j'ai vu Le dernier tournant, bien Français, et, mise à part l'heure indéçente, j'ai beaucoup aimé et je vote sans hésitation pour une édition DVD !


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