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Forum : La Nuit de San Lorenzo

Sujet : 350% italien ? Ou ayant mal vieilli ?


De vincentp, le 21 juin 2010 à 23:42
Note du film : 4/6

Le film est coté, a obtenu en 1982 le grand prix spécial du jury à Cannes. Le Figaro a dit ceci à son sujet : "superbe, tendre, émouvant, fascinant, drôle, terrifiant". "Le siècle du cinéma" de Vincent Pinel (ce n'est pas moi) dit ceci : "le lyrisme des Taviani juxtapose tendresse et violence".

Hélas, mon avis est différent. Un mélange de farce bouffonne et de drame comme le cinéma italien a pu le faire il y a vingt ou trente ans avec Tornatore (Cinema paradiso) ou Bertolucci (1900) mais que je n'arrive pas à ingurgiter. L'ensemble sonne faux, emphatique… On n'y croit pas un seul instant. Trop lié à la culture spécifiquement italienne ? Ou est-ce que ce cinéma a mal vieilli ? Peut-être un peu des deux, probablement.

Ayant souligné sur ce forum à de très nombreuses reprises les qualités de la majorité des films de Fellini, Antonioni, Dino Risi, Rosi, Zurlini, Scola, Visconti, Rossellini, de Sica, je marque ma déception face au cinéma des cinéastes italiens du début des années quatre-vingt. Un cinéma à bout de souffle et d'idées, me semble-t-il, qui pratique une surenchère un peu vaine, à l'image des derniers films de Fellini.

Mais ce n'est qu'un avis, qui n'empêchera pas l'amateur de se forger sa propre opinion.

Anticipant une réponse de Arca1943, et connaissant maintenant assez bien le cinéma italien, je mesure aujourd'hui sa montée en puissance au tout début des années soixante et son déclin relativement rapide au début des années quatre-vingt. Un phénomène très net.


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De Arca1943, le 22 juin 2010 à 04:22
Note du film : 6/6

« …ma déception face au cinéma des cinéastes italiens du début des années quatre-vingt. »

Si VincentP lisait mes messages, il aurait su depuis longtemps que les années 80 – comme il est du reste bien connu – marquent la descente aux enfers du cinéma italien. Au lieu de quoi il le découvre par lui-même. Bravo.

Mais justement, une des rares exceptions, du côté du cinéma "d'auteur" – de plus en plus difficile à monter financièrement à cette époque, Cinecittà ayant perdu son principal rainmaker, la comédie à l'italienne – fut justement le cinéma lyrique et très personnel des frères Taviani, avec La Nuit de San Lorenzo, Kaos (encore plus italien que le précédent, ô malheur) et dans une moindre mesure Good morning Babilonia. On croit cependant comprendre – via le parallèle pour le moins inattendu avec Cinéma Paradiso – ce qui peut chipoter VincentP : de ce cinéma un tantinet difficile, voire austère, La Nuit de San Lorenzo est le plus accessible au grand public… tout étant relatif !

Par ailleurs, sauf à prendre naïvement sa propre culture pour le centre du monde, je ne crois pas qu'il existe de films "trop italiens", "trop français", "trop japonais", "trop américains" etc.

Je contemple mon coffret Taviani encore neuf… décidément, il va falloir que je le déballe, histoire de remettre ce fâcheux à sa place !


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De vincentp, le 22 juin 2010 à 10:01
Note du film : 4/6

Je fais observer que mes remarques pondérées ne concernent que ce film des frères Taviani…

Si vous déclenchez une "vendetta" sanglante à chaque fois qu'un chroniqueur met une note inférieure à la moyenne sur un film italien, les amateurs terrorisés vont se faire rare !

Vous dites : Par ailleurs, sauf à prendre naïvement sa propre culture pour le centre du monde, je ne crois pas qu'il existe de films "trop italiens", "trop français", "trop japonais", "trop américains" etc.

Et bien, si ! Un cinéaste comme Naruse est typiquement lié à la culture japonaise (que l'on est libre d'apprécier ou non). D'autres cinéastes japonais comme Ozu, Kurosawa dépassent celle-ci pour aborder des thèmes beaucoup plus universels, et toucher l'inconscient collectif planétaire. Il existe bel et bien un cinéma qui a un public national, et un cinéma susceptible de toucher un plus large public au-delà des frontières d'origine. La nuit de san Lorenzo est destiné avant tout à un public italien, c'est évident. Un anglais face à ce film gesticulateur et vociférateur aura un haut-le-coeur.

Nb : il est dix heures, le québecois Arca1943 dort encore… Son réveil, vers midi heure française, va être rude… Ses tartines beurrées au sirop d'érable vont avoir du mal à passer… Son humeur pour la journée sérieusement entachée… Prions pour ses collègues de travail… Mes arguments sont en effet malheureusement incontestables… Et la France est derrière moi mon cher Arca1943.


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De Arca1943, le 22 juin 2010 à 12:54
Note du film : 6/6

« La nuit de san Lorenzo est destiné avant tout à un public italien, c'est évident. Un anglais face à ce film gesticulateur et vociférateur aura un haut-le-coeur. »

C'est bien étrange ce que vous dites là, car Night of the Shooting Stars (titre anglais) a reçu réception fort enviable à sa sortie aux USA. Renseignez-vous, ce pourrait être utile.


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De Impéteux, le 22 juin 2010 à 13:08

je dois dire, pour aller dans le sens de Vincentp (et sans rien connaître des frères Taviani – j'ai vu Fiorile, qui ne m'a pas laissé grand souvenir – ni de La nuit de San Lorenzo) que je ne m'imagine pas que quiconque qu'un franco-franchouillard puisse trouver du plaisir à la vision du Congrès des belles-mères de Mon Curé champion du régiment ou du Costaud des Batignolles.

Mais je peux fort bien me tromper…


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De Arca1943, le 22 juin 2010 à 14:22
Note du film : 6/6

Vous ne vous trompez pas, Impétueux, avec cette réserve que des habitants d'autres pays francophones pourraient probablement s'amuser à regarder ces machins et même les décoder (au Québec notamment il n'y a guère de tambouille franchouillarde que nous ne puissions absorber). Seulement, mon adversaire a pris pour exemple un film qui a fait le tour du monde, alors… c'est mal parti.

On peut très bien être allergique à un film, mais de là à en tirer des conclusions indues sur le prétendu "inconscient collectif" (une billevesée signée Jung)… allons donc.


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De Arca1943, le 22 juin 2010 à 23:05
Note du film : 6/6

Bon. Je suis désolé, VincentP, de m'être laissé un peu emporter sur ce coup. Voilà.


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De vincentp, le 27 juin 2010 à 21:09
Note du film : 4/6

4,5/6. Je suis en train de regarder ce film (dans un TGV) et revois mon point de vue à la hausse. Les frères Taviani montrent la culture et la société italienne, d'une petite bourgade. Ils le font finalement assez bien, décrivant notamment la famille italienne type (celle que Gassman double dans son coupé dans Le fanfaron).

On est à des années-lumière de la culture française, et le choc culturel qui m'a frappé explique mon désarroi de la semaine dernière.

Me revient une anecdote entendue de la bouche du grand acteur italien, dont Arca1943 est fan : Rocco Siffredi. A la sortie de son premier long-métrage, toute la population du village dont il est originaire a pris la direction de la ville pour découvrir cet opus. La nuit de San Lorenzo, c'est exactement ça… Il y a le curé prêcheur qui raconte n'importe quoi, la jeune fille qui soulève sa jupe (il n'y a rien dessous), sa collègue qui se lave avec une pastèque, le bourgeois qui plastronne avec son costume clair, les villageois qui s'excitent dans tous les sens pour peu de choses avec de grands gestes hyper-démonstratifs… Une galerie de personnages inconnus…

Quoique… Me baladant en montagne et traversant à l'occasion la frontière transalpine, je rencontre parfois des pélérinages italiens d'une autre époque, toute une procession qui gravit jusqu'au sommet de la montagne (Rochemelon, au-dessus de Suze). Des curés en soutane à la pointe Hellbronner… Et il vrai -je peux le certifier- que les jeunes filles italiennes sont moins inhibées que leurs homologues françaises. La pudeur qui est la mienne ne me permet pas d'en dire plus à ce sujet sur ce site…

Revenons à la nuit de San Lorenzo. Il s'agit bel et bien d'un film 350% italien… qui peut logiquement déconcerter. Mais reconnaissons aux frères Taviani un certain savoir-faire pour passer de l'anecdotique à des choses graves, de l'individuel au collectif… notamment par des plans arabesques qui passent de personnage en personnage. La mise en scène est réfléchie et adaptée au sujet. Le talent de ces cinéastes ne souffre d'aucune contestation.


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De Arca1943, le 29 juin 2010 à 12:34
Note du film : 6/6

VincentP ayant eu la patience de revoir le film et la grâce de relever sa note de 2 à 4, j'étais prêt moi-même à baisser la mienne (de 6 à 4 ?), le cas échéant. Eh bien pas du tout, je reste au beau fixe ! Pressé par le temps, je m'en justifierai ce soir, si tout va bien.


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