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Sujet : On ferme !


De fretyl, le 2 septembre 2008 à 00:05
Note du film : 1/6

Le solitaire marque la fin d'une époque et la fin d'un mythe.

Une époque : celle où le cinéma français savait réaliser des inoubliables polars. Un mythe : celui de Belmondo. Le Belmondo en blouson en cuir que le public avait adoré.

En 1982 le gros succès de Rambo bouleverse le cinéma français. Gabin et Funés viennent de mourir et Ventura va mourir ; au même moment la Delonmania commence à s'essouffler, le cinéma français ne tient plus que par un fil : Belmondo.

On peut dire que les producteurs ont mis le paquet pour essayer de faire croire que le Bébel de cinquante ans pouvait tenir tète à la grosse machine américaine. Par conséquent Bébel n'a plus qu'a exhiber ses biceps pour prouver qu'il est plus costaud que Stallone.
Étonnant que l'affiche des Morfalous ressemble tant à l'affiche de Rambo.

Le solitaire sera le dernier film du genre tourné par l'acteur, le film est une suite sans surprise au Marginal, ou Belmondo cogne, sort des propos racistes pour faire viril et tellement fatigué ne dégomme même plus les affreux. C'est vraiment mou !
Les quelques cascades se résume à une tamponnade en voiture et à Belmondo sautant d'une terrasse, en plus le film s'encombre d'une histoire d'adoption, Bébel devant jouer les papas pour faire tendre et le méchant dans ses crises de nerfs, grimace jusqu'à s'en rendre ridicule.

Le film ressemble étrangement au feuilleton télévisuel qui s'apprêtait à naitre ; le film a le mauvais gout d'un Julie Lescaut, d'un Navarro ou plus justement d'un Commissaire Moulin. Rien ne vient relever ce triste scénario ou même Belmondo au moment du tournage à comprit sa fin. Malgré tout il aurait été intéressant et intelligent que Jacques Deray ait l'idée qu'eut Chaplin en tournant Monsieur Verdoux ou l'assassin qu'il interprète, dans les dernières minutes part à la guillotine avec la démarche de Charlot. Imaginons que ce se soit clôturé ce film avec une fin similaire à celle du Professionnel.
Le héros s'écroulant sur le sol aurait pu rester une image symboliquement forte dans l'esprit des spectateurs.


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De Impétueux, le 2 mars 2016 à 18:32
Note du film : 1/6

Frétyl avait raison : c'est un Belmondo en Monsieur Boum-Boum de trop ; on pourrait d'ailleurs aussi presque dire que c'est un Deray de trop et qu'après l'excellent On ne meurt que deux fois, le cinéaste n'a plus rien tourné d'intéressant (à la toute petite exception de Netchaïev est de retour, qui ne vaut déjà pas grand chose).

Le solitaire est poussif, languissant, ennuyeux comme une pluie d'hiver. Pratiquement tout y est indécent de banalité : la chaude amitié virile du début, interrompue par le sauvage assassinat de Michel Creton ; la concurrence détestable entre les différentes brigades de la PJ (avec un Michel Beaune assez gluant) ; l'existence d'un charmant blondinet, fils du flic mort et filleul du vivant ; la succession de mandales envoyées en pleine poire aux indicateurs récalcitrants ; les innombrables succès féminins du commissaire Stan Jalard (Belmondo, donc) qui a une amoureuse dans chaque bar de nuit et dans chaque clandé.

Ajoutons à ça, qui n'est donc rien, une musique absolument insignifiante, dont on ne retiendra pas trois notes et des dialogues qui sont très au dessous de la ligne de flottaison de l'indigence. Et comme Belmondo avait été blessé quelque temps auparavant (et allait l'être quelque temps après à nouveau) lors de cascades (l'âge est un vigilant et impitoyable magister !), il y a dans ce film beaucoup moins de ces morceaux de bravoure que, bon an, mal an on allait rituellement retrouver au cinéma dans ces époques.

Il y avait pourtant une idée assez intéressante et un personnage que Jacques Deray et ses scénaristes auraient pu et dû développer, d'autant qu'il est remarquablement interprété par Jean-Pierre Malo, au visage inquiétant, c'est celui du tueur sadique Schneider, qui est complètement dépourvu de toute humanité et de toute émotivité. On a beau répéter, depuis Hitchcock, que Meilleur est le méchant, meilleur est le film, on n'est pas satisfait que des gens de cinéma aussi expérimentés (en plus de Deray, il y a Alphonse Boudard et Daniel Saint-Hamont) négligent cette vérité et ce gage d'efficacité. Dans Le solitaire, toutes les scènes avec Schneider (finalement quatre ou cinq seulement) sont vibrantes et angoissantes, toutes les autres – c'est-à-dire la quasi totalité du film – sont lourdingues.

C'est vraiment à regretter d'avoir perdu 90 minutes de sa vie à regarder ça.


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