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Forum : Les Jeunes filles

Sujet : Quelle aisance !


De Xaintrailles, le 13 novembre 2007 à 17:15

Je n'ai pas vu l'adaptation télévisée des Jeunes Filles de Montherlant, mais le quadruple roman est une merveille inégalable d'insolence et de drôlerie ! Personne n'a jamais écrit avec autant de verve, avec une telle aisance, un tel aplomb et une telle désinvolture !


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De fandor13, le 12 mai 2012 à 22:57

ce film: les jeunes filles d'apres montherlant et interpreté par jean piat, je l'ai vu à la télévision. mais depuis je n'ai jamais pu en trouver traces nul part et comme c'était du noir et blanc je doute qu'on le reverra un jour si vous avez plus de renseignements n'hésitez pas! fandor13@neuf.fr


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De Impétueux, le 13 mai 2012 à 00:09
Note du film : 6/6

Non, Fandor, Les jeunes filles de Lazare Iglesis n'étaient pas en noir et blanc, mais en couleurs. Ce qui était une adaptation de Montherlant en noir et blanc, c'était Les célibataires de Jean Prat.

Mais, où vous n'avez pas tort, c'est qu'on n'est pas près de voir édités ces deux téléfilms magnifiques. Montherlant vit son purgatoire littéraire et l'aigreur et la misogynie, fussent-elles géniales, n'ont plus droit de cité dans le monde consensuel où nous vivons.


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De Impétueux, le 6 novembre 2015 à 18:19
Note du film : 6/6

C'est comme ça : on a édité, dans diverses collections, tout ce qui fit la richesse et l'intérêt de la télévision française de jadis, qu'elle fut R.T.F., O.R.T.F ou, plus récemment, TF1 ou Antenne2. On se procure sans grand mal les feuilletons, les séries, les grandes heures de La caméra explore le temps, mais il y a un grand déficit dans ce qu'on appelait les Dramatiques. Introuvables, Illusions perdues de Maurice Cazeneuve, La cousine Bette d'Yves-André Hubert, Vipère au poing de Pierre Cardinal (ces deux derniers avec une immense Alice Sapritch) ; introuvables, inédités, Les célibataires de Jean Prat, Les jeunes filles de Lazare Iglesis, superbes adaptations de Montherlant.

Donc Les jeunes filles, revues hier par la grâce miraculeuse d'un enregistrement pirate et bienvenu. Quelle merveille ! Quelle intelligence, quel charme, quelle subtilité ! Et quelle certitude que si un metteur en scène inconscient tout autant qu'imprudent voulait aujourd'hui réaliser ce monument de morgue, de cynisme, de cruauté et de misogynie, la doxa aux dents d'acier, la déferlante venimeuse du politiquement correct lui ferait vitement rebrousser chemin en le menaçant de procès public et de mise en pièce dans les talk-shows !

Et pourtant Montherlant et son adaptateur, Louis Pauwels ne donnent pas une image valorisante du personnage principal, Pierre Costals (Jean Piat), grand écrivain couvert de femmes, qui n'aime, dans l'ordre, que son plaisir, son œuvre et son fils, ce petit Brunet (Yves Coudray) de quinze ans qui est à peu près sa seule ouverture hors de son égoïsme farouche et assumé.

La grande qualité de l'adaptation est d'être parvenue à respecter, sur une durée d'un peu plus de trois heures (deux épisodes), l'esprit d'un long roman de quatre segments, parus entre 1936 et 1939, à peu près dépourvu d'intrigue romanesque et consacré à la longue passionnante analyse de ce qui peut être fondamentalement défini comme la radicale impossibilité pour les hommes et les femmes de se comprendre. Impossibilité mise en exergue, fouillée, scrutée par l'infantilisation/féminisation des sociétés modernes décrites par Jacques Laurent naguère et Éric Zemmour aujourd'hui. Aucun jugement moral chez les agnostiques Montherlant et Pauwels (celui-ci postérieurement converti) mais une sorte de quête du bonheur individuel, un hédonisme à la fois grave et gai.

Et puis c'était le temps où la télévision, qui n'avait pas obligation d'audimat, détenait les moyens de proposer un spectacle de qualité : pour Les jeunes filles, on n'a mégoté ni sur les figurants, ni sur les décors et les intérieurs présentés sont des merveilles de reconstitution du monde chic 1930, ses mobiliers en loupe d'orme et ses statuettes Arts décos.

Et la distribution ! Jean Piat, lippe boudeuse et œil narquois est parfait en méchant et incertain Costals, Emmanuelle Riva, pathétique bréhaigne Andrée Hacquebaut, constamment humiliée et constamment fascinée par la cruauté de l'Homme. Mais peut-être au dessus de tout Yolande Folliot, tout à la fois la grâce, la séduction, la délicatesse, la beauté de Solange Dandillot. Comment se fait-il que cette actrice n'ait connu que quelques succès télévisés (Les beaux messieurs de Bois-Doré) alors que tout aurait pu la conduire vers une très belle carrière ? Mystère inexpliqué…

On peut ne pas aimer le cynisme et la véracité de Montherlant ; on ne peut pas lui dénier d'avoir été un des très grands écrivains du siècle passé.


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De verdun, le 6 novembre 2015 à 21:58

"Yolande Folliot, tout à la fois la grâce, la séduction, la délicatesse, la beauté de Solange Dandillot. Comment se fait-il que cette actrice n'ait connu que quelques succès télévisés ( Les beaux messieurs de Bois-Doré) alors que tout aurait pu la conduire vers une très belle carrière ? Mystère inexpliqué…"

Effectivement, j'avais oublié cette actrice et après avoir vu La poupée sanglante, Les fiancés de l'empire, Le tourbillon des jours, ou Venise en hiver, grandes réussites de la télé du début des années 1980 où elle à chaque fois magnifique, je me pose la même question…


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De Nadine Mouk, le 7 novembre 2015 à 00:33

La réponse est peut-être dans le fait que Yolande Folliot a toujours privilégié le théâtre au cinéma et à la télévision ..


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De Juve75, le 1er juin à 08:40

Bonjour, Cet excellent téléfilm issu de la grande télévision … d'avant est disponible sur le site Ina.fr, et téléchargeable en pack pour un peu plus de 4 euros, à ne pas manquer, tout y est sublime, dont le fameux Jean Piat


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