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Sujet : La psychanalyse selon Hitchcock


De urspoller, le 4 octobre 2007 à 20:49
Note du film : 6/6

Sir Alfred Hitchcock sacrifia à la psychanalyse qui était alors à la mode comme son coreligionnaire Fritz Lang à travers "le Secret derrière la Porte". De nombreux puristes mépriseront le traitement de la psychanalyse par Hollywood en général et par Hitchcock en particulier. Les scènes de rêve/hallucination ont été dessinées par Salvador Dali, lequel avait imaginé beaucoup d'autres choses qui ne purent être tournées.

Le suspense reste présent de la première à la dernière minute. En outre, le scénario signé Ben Hecht fait preuve à la fois simplicité et d'originalité. Au final, sir Alfred brosse un film romanesque, aux relents psychanalytiques et surréalistes, offrant un message optimiste où l'amour dompte la mort et la folie.

En sus des qualités intrinsèques évoquées précédemment, se surajoute la présence de la sublimissime Ingrid Bergman qui illumine ce métrage de sa sensualité éveillant même chez le spectateur le plus blasé fantasmes et vénération !

Dès lors, ce film injustement méconnu demeure remarquable et fera date dans l'histoire du cinéma car cette oeuvre marque la rencontre de deux monstres sacrés du septième art à savoir l'indispensable Hitch et la troublante Ingrid Bergman dont la beauté froide fascinait littéralement Hitchcock (et pas que lui !)

Je considère cette pépite comme l'une des clefs de voûte de la filmographie sans égal du maître du suspense, alors que pourtant Spellbound demeure méconnu du plus grand nombre contrairement aux classiques Psychose, Sueurs froides, Fenètre sur cour ou La Mort aux trousses. Miklos Rozsa remporta pour le film l'Oscar de la meilleure musique.


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De droudrou, le 4 octobre 2007 à 21:16
Note du film : 4/6

Amusant de voir comme Miklos Rozsa, Dimitri Tiomkin, Max Steiner et Elmer Bernstein, Michel Legrand ou Maurice Jarre et j'en oublie ont pu être associés à de très grands films de l'Histoire du Cinéma. Je parle là du cinéma Américain.


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De urspoller, le 4 octobre 2007 à 21:49
Note du film : 6/6

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De droudrou, le 4 octobre 2007 à 22:00
Note du film : 4/6

Et si on élargit à la planète !… On n'évoque jamais ou que très rarement les partitions des films même s'il existe un commerce pour leur distribution. La question à se poser serait peut-être de savoir quelle place, ces derniers temps, la musique représente dans le succès d'un film d'autant que certains compositeurs se font reconnaître de suite pour graviter presque sempiternellement sur le même leit-motiv…

A propos du film, je ne me souviens plus si le générique ne tourne déjà autour des dessins de Dali qu'on a peut-être retrouvé avec Vertigo (ma mémoire pouvant me faire cruellement défaut…).


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De fretyl, le 4 octobre 2007 à 22:08
Note du film : 5/6

Je croit que la meilleure musique de Hermann que j'ai pue entendre chez Hitchcock au de la de la déja superbe b.o de La mort aux trousses , c'est dans l'étau un de ces plus mauvais films , mais méme si le film est raté impossible de ne pas remarquer la musique plus que rythmée .


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De urspoller, le 4 octobre 2007 à 22:42
Note du film : 6/6

La musique de l'Etau est signée Maurice Jarre, et non Bernard Herrmann, dans une distribution à forte connotation tricolore.

Quant à Dali, il n'intervient que dans la scène du rêve. Et aucunement au générique, si mes souvenirs sont bons.


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De droudrou, le 5 octobre 2007 à 06:25
Note du film : 4/6

L'Etau : je ne pense pas qu'il soit si raté que tu le prétends, Simon.

C'est une politique fiction quant à l'interprétation de certains évènements qui se sont déroulés à Cuba. Le roman de Léon Uris a pris une option possible quant à la participation de la France dans on ne sait si c'est la résolution de l'affaire ou dans un quelconque partage de complicités.

Ca me paraissait quelque peu difficile à corroborer mais des détails glânés ici ou là me font dire qu'il y a diverses options plausibles. De façon certaine des détails que l'on retrouve au hasard de L'étoffe des héros quand on assiste à la course à l'espace qui a caractérisé les relations Etats-Unis et U.R.S.S.

Ce qui est un point très fort de Hitchcock et qui donne toute sa valeur au film, ce sont ses 4 fins potentielles dans lesquelles il a fallu faire un choix.

Ce film se complète très bien d'une vision du film Treize jours de Donaldson avec un Kevin Costner pas mauvais du tout. Remettons Costner à sa juste place : il y a ses erreurs mais il y a aussi de très bonnes choses dans sa filmographie que nous avons tendance à oublier…


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De urspoller, le 5 octobre 2007 à 07:52
Note du film : 6/6

Le rythme endiablé, de décors somptueux, des couleurs étincelantes, une réalisation soignée auraient pu faire de L'Etau un métrage de très grande facture. Malheureusement il est plombé par un matériau initial confus voire ennuyeux. Mais, l'aspect esthétique et visuel reste tout de même exceptionnel où le symbolisme des couleurs apportent un éclairage particulier à cette œuvre, ainsi le vert est associé aux castristes et le rouge aux communistes.

A noter la forte connotation politique de ce film où Hitchcock exprime sans ambages son anticommunisme. Mais est-ce étonnant, lorsque l'on connaît le contexte de l'époque?


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De urspoller, le 5 octobre 2007 à 14:06
Note du film : 6/6

Ingrid Bergman de La Maison du docteur Edwardes aux Enchaînés, incarne le poids dévorant du secret, thème récurrent chez Hitchcock. Son visage impassible, diaphane, sobre, impénétrable, preuve irréfutable de la certitude qui la guide faisant montre d'une implacable volonté de ne point dévoiler le secret qui l'habite. Elle campe, dans ces deux métrages, une femme déterminée, condamnée au mensonge soit par devoir soit par amour. Dans Les amants du Capricorne, elle est captive de l'amour et du crime indivisibles du lourd secret qu'elle partage avec Joseph Cotten.

Ingrid Bergman campe donc, dans ce triptyque, une héroïne hitchcockienne passionnée mais prisonnière de son passé ou de ses mensonges où la quête du bonheur ne peut exister sans expiation préalable. Quelle actrice aurait pu nous offrir un tel éventail de sentiments contradictoires, de passions douloureuses, d'amours inopportunes et rédemptrices ou de secrets qui la consument?? Ajouter à cela une aura, une allure gracile, une prestance sans égal, une beauté virginale et une blondeur chère au cinéaste d'origine anglaise. Et vous avez au final, l'archétype de la Femme au cinéma, association de doutes et de certitudes, de sensualité et de froideur, de passion et de répulsion, de légèreté et devoir sacerdotal, de frivolité et de contrition, d'amour et de haine, d'ignorance et de convictions… bref, Ingrid Bergman!


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De vincentp, le 5 octobre 2007 à 15:28
Note du film : 6/6

Est-ce la fonte de la banquise polaire qui vous rend si prolifique, Urspoller ? En tous cas, bravo ! Continuez !


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De urspoller, le 5 octobre 2007 à 16:14
Note du film : 6/6

Presque, je suis cloué au lit par une crise d'asthme due, comme de bien entendu, à un défaut d'étanchéité dans le pelage ! Alors, je rêve à Ingrid Bergman en respirant comme une soufflet de forge.


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De s é p i a, le 5 octobre 2007 à 18:54

Que lis-je ? Le petit ours des neiges malade ? Le docteur Seiche intervient :

           Petits bisous doux     ( à volonté )
           Un sourire              ( un , matin et soir )
           un trés prompt rétablissement   ( définitif )
                              Docteur Seiche
                         Professeur agrégé ès Tendresse

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De urspoller, le 5 octobre 2007 à 19:29
Note du film : 6/6

La prescription est mal adaptée aux symptômes car voilà trois jours que le rasoir a gardé ses distances du visage peu glabre de l'ours sus-nommé et, de facto, le « bec » québécois peut s'avérer dangereux pour la lippe. Heureusement, que depuis le temps (29 ans), je suis habitué à vivre avec cette maladie respiratoire. Merci quand même de votre bienveillance de céphalopode.


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De BOB 55, le 5 octobre 2007 à 22:09

c'est un hitchcock moyen, qui aborde la psychanalyse de fa çon un peu maladroite…


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De urspoller, le 7 octobre 2007 à 21:50
Note du film : 6/6

Merci de cette argumentation solide, Sigmund!

"C'est un peu court, jeune homme, Vous auriez pu dire bien des choses, en somme…"


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De DelaNuit, le 7 octobre 2007 à 23:51
Note du film : 6/6

Ce qu'il nous faudrait maintenant, c'est un dvd contenant en bonus les scènes coupées du rêve filmées par Hitchcock d'après les délires visionaires de Dali !

Il en est une notamment présentant Ingrid Bergman vêtue et coiffée à l'antique, le cou enserré dans un collier d'esclave au centre duquel est fichée une flèche… Elle y danse avec Gregory Peck puis celui-ci disparait et, perdue dans un paysage onirique désertique, elle se transforme en statue…

Intéressant, d'autant que certains mouvements de la musique du film par Miklos Rozsa (qui vient d'être éditée d'ailleurs il y a peu en version complète) sont assez proche de sa partition pour Sodome et Gomorrhe où la femme de Loth subit la même métamorphose…


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De Frydman Charles, le 13 août 2017 à 11:33
Note du film : 5/6

On pourrait dire que John Ballantine dont la véritable identité n’est révèlée qu'à la fin est blanc comme neige, "pure as the driven snow" en anglais . La couleur blanche striée de noir est le grand mystère à décrypter . Blanc car il est innocent , le blanc de la neige parcourue par les skieurs qui hante John Ballantine et pour finir la robe blanche de la mariée ! Le blanc doit certainement être un symbole psychanalytique important , celui du film n’est pas pur, immaculé , c’est la nappe blanche marquée par la fourchette, l ’ hallucination d’une tâche noire sur la robe blanche , une couverture de lit striée, une neige "salie" par les skieurs . Dans la séquence du rêve les yeux du décors de Dali peuvent symboliser la culpabilité comme l’oeil de Cain dans "la conscience" de Victor Hugo . Par opposition les cartes en blanc du rêve c’est l'innocence. On peut également penser à l’expression donner carte blanche qui se dit "carte blanche" en Anglais , mais qui s'explique mal dans le film . En fait dans le film , la couleur blanche qui traumatise John Ballantine n’est pas tant évoquée pour son symbole de pureté ou d'innocence, mais parce qu’elle évoque la neige de stations de ski, des endroits où John Ballantine a vécu des expériences traumatisantes.


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