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Forum : Le Vent de la plaine

Sujet : Unforgiven


De Jarriq, le 2 avril 2003 à 17:35

Beau western lyrique, renié par John Huston, mais aux images inoubliables. Un des grands rôles de Lancaster et Joseph Wiseman, génial en revenant de la guerre de Sécession, aux allures d'épouvantail. Entre ce film et "Dieu seul le sait", il ne manque plus que "Asphalt jungle" et "La Nuit de l'iguane" pour que John Huston soit dignement représenté en DVD.


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De Jarriq, le 3 avril 2003 à 09:44

Bien sûr ! Oubli impardonnable… Auquel on ajoutera encore "Reflets dans un oeil d'or".


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De Moonfleet, le 3 avril 2003 à 17:31

Reflets dans un oeil d'or, Dieu seul le sait et La Nuit de l'iguane et je suis le plus heureux des hustoniens  ;-) En revanche, Le Vent de la plaine, je le trouve seulement à moitié réussi (et donc à moitié…)


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De Jarriq, le 3 avril 2003 à 19:29

OK, mais une moitié d'Huston c'est déjà mieux qu'un film entier de la plupart des réalisateurs, non ?


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De Jarriq, le 4 avril 2003 à 13:02

On est d'accord. Je ne parlais évidemment pas de "Phobia", "A nous la victoire" ou "Les Racines du ciel", machins infâmes tournés du bout des doigts par le grand John. Le reste compense largement ceux-là.


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De Moonfleet, le 4 avril 2003 à 13:23

Là tu y va un peu fort : John Huston a fait de très mauvais films (pour ne pas dire des navets) comme tout un chacun y compris les plus grands. Mais bon, Le Vent de la plaine est bien quand même  ;


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De Moonfleet, le 4 avril 2003 à 13:30

Oui, tu as cité 3 films indignes du grand John mais j'avoue ne pas aimer non plus certains de ses grands classiques. mais on ne peut pas tout aimer non plus.


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De vl92, le 5 décembre 2003 à 11:25
Note du film : 6/6

Qu'attend la MGM pour sortir ce film en zone 2?


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De Kurosawa, le 21 janvier 2005 à 18:20
Note du film : 3/6

Le vent de la plaine est un bon film mais les "meilleurs Huston" sont les 3 cités plus haut par Moonfleet et ces deux-là : Quand la ville dort et le trésor de la sierra madre

Voilà, j'ai raison et un point c'est tout !!! c'est évidemment subjectif.


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De bullit, le 17 mai 2005 à 02:46

Je retiendrai de ce film, en plus d'une ambiance "vieux fou" l'extraordinaire interprétation d'Audrey Hepburn, cette dame qui est loin d'être un top model, m'émeut toujours ! J'aurais bien voulu croiser son regard ,et que dire de son jeu de rôle dans "diamants sur canapé " (breakfast at Tiffanys) ses mimiques, ses grandes oreilles, elle incarne le soleil qui se lève, l'amour qui nait, elle attire l'affection… Quelle émouvante actrice !!!!


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De vincentp, le 30 janvier 2011 à 00:21
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Revu ce soir. Unforgiven reposant sur une histoire de Alan le May brasse finalement des thèmes très proches de ceux de The searchers (bâti sur une nouvelle de ce même auteur) : vengeance, obsessions, racisme, construction de la nation américaine dans le sang, fractures familiales, sociales, religieuses, de territoire, psychologiques…

La mise en scène de John Huston est grandiose, cette histoire est exceptionnellement bien racontée et filmée, et les séquences anthologiques (arrivée du piano, séance de dressage des chevaux, poursuite de "Johnny Portugal", séance de piano pour impressionner les indiens, attaque finale, etc…) s'enchainent sans interruption pendant deux heures. Une atmosphère, des personnages, un environnement social introduits petit à petit en presque 45 minutes (l'intrigue se dessine très tardivement dans ce récit).

Un monde totalement crédible, ou bat le pouls de la vie en société, caractérisée par des conflits intérieurs privés et extérieurs publics. Et le couple d'acteur Lancaster-Hepburn, superbement dirigé par John Huston, est à son zénith aussi. Hepburn est magnifique dans ce rôle d'une jeune fille, rayonnante, éprise de liberté, de son soit-disant frère, et soumise à des choix difficiles, entre deux familles -l'une de sang, l'autre d'adoption-. Des choix difficiles faisant basculer petit à petit ce récit en un drame poignant, impliquant le spectateur, l'amenant à réfléchir à la place de ces personnages.

A mon sens, un des plus grands films du cinéma américain, et du cinéma tout court. Les réserves exprimées par John Huston lui-même à propos de son film (il fut "cadré" de près par la production), et relatées dans le livre de Patrick Brion consacré à Huston, me paraissent sans fondement. On peut même penser que les choix des producteurs furent pertinents tant le résultat semble couler de source. Loin d'être grandiloquent (avis de Huston), ce film est à mon avis un modèle de récit soigneusement composé. Comme pour The searchers, le lyrisme ambiant est contrebalancé avec finesse par de l'humour parfaitement introduit (ex: les personnages guindés, masculins et féminins). Même le jeu trop appuyé de Lillian Gish s'avère intéressant car il reflète le caractère un peu déphasé de son personnage.


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De DelaNuit, le 31 janvier 2011 à 14:15
Note du film : 6/6

La plupart des affiches du Vent de la plaine montrent Audrey Hepburn se trainant par terre, accrochée à Burt Lancaster pour l'empêcher d'avancer. Il ne me semble pas avoir jamais vu cette scène dans le film. A-t-elle été tournée puis coupée au montage, mais conservée sur les affiches en raison de son caractère percutant autant que symbolique ?

Quelqu'un aurait-il vu cette scène dans une édition plus complète du film ? Mystère…


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De vincentp, le 31 janvier 2011 à 16:34
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Il y eu des coupes selon le livre de P Brion (où il est écrit que, pour une scène coupée, le personnage de Johnny Portugal est abattu par les indiens), mais il n'est pas question de cette séquence. Je me suis fait la même réflexion que toi.


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De vincentp, le 17 décembre 2011 à 11:10
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Une bonne nouvelle (et un événement) : la parution en blu-ray de Le vent de la plaine prévue pour le 14 février 2012.


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De vincentp, le 23 avril 2012 à 23:06
Note du film : Chef-d'Oeuvre

J'ai regardé le film une nouvelle fois, cette fois-ci en blu-ray, ainsi que les suppléments liés de cette édition. L'image est de qualité, sans être exceptionnelle, mais les paysages de cette plaine gagnent à être vus en HD.

Au sein des suppléments les propos intéressants de François Guérif, qui réhabilite notamment le travail de Alan LeMay. On nous rappelle que le film faisait à l'origine trente minutes de plus : il est donc dommage de ne pas pouvoir disposer de la version intégrale. Les anecdotes de Brion sont intéressantes, mais on aimerait de sa part un peu plus d'analyse thématique, ou filmique.

En ce qui concerne le spectacle à proprement parlé, une confirmation : il est extrêmement réussi ! Sur le fond, le film est placé sous le signe de l'incertitude. Incertitude quant aux motivations du soldat porteur de sabre (Joseph Wiseman), quant aux origines indiennes ou non de "Sarah Zachary" ou "Johnny Portugal". Ou bien Charlie, masqué, surgissant devant la maison caché derrière une branche : une apparition qui oriente le récit vers un aspect de comédie alors qu'il y avait une possibilité d'aller vers le drame. Il suffit de peu de choses, se dit-on, pour basculer de l'un à l'autre.

Sur la forme, Unforgiven est particulièrement bien mis en scène. La gestion des mouvements, en particulier : la séance de dressage de chevaux par exemple, à regarder seconde par seconde. Des personnages statiques observant des chevaux en mouvement, propulsant le spectateur devant son écran, à leurs côtés. Mais idem pour les mouvements des personnages à l'intérieur de la ferme.

Une séquence simple m'a marqué : Wiseman trébuchant et entrant dans la rivière. Il est assoiffé mais Huston et ses collaborateurs ont l'idée géniale de lui faire faire quelques pas dans la rivière, se verser de l'eau sur son visage, avant qu'il ne boive. Cela donne un aspect très naturel à cet instant du récit. Cela caractérise le personnage (cherchant à s'imprégner des forces de la nature avant de satisfaire un besoin physiologique). Cela crée un instant à la fois poétique -un peu décalé- et étrange, associant un personnage à son environnement. Et cela nourrit un spectacle.

Ambivalence des sentiments, pensées et émotions, et idées des personnages, orientant leur destin individuel et collectif en fonction de valeurs, croyances et aptitudes personnelles et de groupe, en fonction d'éléments du passé (souvenirs), du présent, et du futur (projeté). Le tout au sein d'une nature certes accueillante, domestiquée mais aussi sauvage et obéissant à des règles immuables (fleuve en crue, étoiles filantes, migration des oiseaux). Une vision du monde aux relents bibliques, ou portée par une pointe de mysticisme.

Très, très grand film !


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De vincentp, le 16 octobre 2017 à 23:30
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Unforgiven réalisé en 1960 par John Huston au Mexique, près de Durango, frappe le spectateur par ses qualités artistiques élevées. Les séquences marquantes pour la rétine et l'esprit s’enchaînent pendant 1h55 : les deux chasses à l'homme tout en mouvement, dans la poussière et un espace confiné puis au soleil et à terrain découvert. Egalement le dressage du cheval sauvage dans un enclos, avec un affrontement imprévu de personnalités emblématiques. Une durée initiale de 2h35 jugée trop longue par les producteurs a pour conséquence des coupes et la suppression de séquences, modifiant le sens du récit voulu par Huston : à la trappe la séquence de la mort de "Johnny Portugal" (remarquable John Saxon), tué par les Kiowas. Malgré cela, la mise en scène de Huston impressionne et tient le spectateur en haleine. Les ruptures de ton captent l'attention du spectateur : ainsi la fin tragique de "Charlie" juste après avoir déposé un baiser fougueux à Audrey Hepburn.

Le récit de Alan Le May adapté par Ben Maddow creuse à la perfection les sujets de l'intolérance, du racisme, de la vengeance, dans un monde instable ou les éleveurs bataillent auprès de leur bétail, face aux indiens. Un lyrisme contenu porte l'oeuvre de façon visuelle et sonore : il est question du temps qui passe, des saisons, de leurs impacts sur l'activité terrestre (métaphore des oiseaux migrateurs et bruyants volant en escouade, du fleuve en cru en arrière-plan). Des contre-plongées spectaculaires placent régulièrement les personnages au milieu des nuages. Les indiens Kiowas sont présentés comme les victimes d'un monde qui leur échappe, par la férocité des lois et l'efficacité des armes des colons américains. Et puis, il y a le casting exceptionnel de Unforgiven, des premiers aux seconds rôles (Audie Murphy,…), et la qualité de la musique composée par Dimitri Tiomkin. L'ensemble de ces éléments positionne Le vent de la plaine comme l'une des oeuvres phares du western classique.


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