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Sujet : Film culte du cinéma politique


De sartorius, le 4 septembre 2003 à 18:29
Note du film : 5/6

Un excellent film sur fond politique extrêmement bien mené de bout en bout avec fièvre et passion sur un rythme frénétique, une caméra nerveuse qui bouge sans cesse et un casting de qualité. Tout s'enchaine admirablement sans que jamais une sensation de lourdeur et d'ennui ne s'installe chez le spectateur.

"Z" est devenu un film culte dans le registre du cinéma "politique" et engagé dont Costa-Gavras est plus ou moins l'initiateur avec L'Aveu et Etat de siège, bien que l'auteur conteste ce terme de "cinéma politique".

Yves Montand, pourtant en tête d'affiche, ne fait que quelques brèves apparitions sur à peine vingt minutes dans ce film de 2 heures. A noter aussi la magnifique performance de Trintignant.

Le film ne semble pas avoir pris une ride mais reflète bien cette époque où les gens étaient beaucoup plus politisés qu'aujourd'hui.


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De Jarriq, le 5 septembre 2003 à 08:15
Note du film : 6/6

Chef-d'oeuvre absolu. C'est surtout le travail militant d'un exilé, utilisant l'arme du ciné populaire, pour exprimer ses vues sur son pays oppressé. Le musicien a écrit la BO de "Z" depuis sa prison !

Il fallait vraiment que Costa-Gavras soit concerné par son sujet pour signer un film d'une telle perfection formelle, car il n'a jamais retrouvé par la suite cette harmonie entre fond et forme, même dans "L'Aveu", film respectable mais tout de même un peu ennuyeux et solennel.

Quant à Trintignant, il suffit de se remémorer ses rôles dans "Le Grand silence" en chasseur de primes muet, "Z" en juge passe-murailles, "Flic story" en braqueur psychopathe ou "La Course du lièvre à travers les champs" en homme traqué, pour constater qu'il est un des acteurs les plus sous-estimés du cinéma français et bien plus versatile et culotté que les Noiret, Marielle, Rochefort, etc. plus ancrés dans le star system hexagonal.


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De xav, le 19 novembre 2003 à 22:54

Qui joue le role du journaliste ?

Merci, Xav


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De moumouju, le 12 juin 2005 à 06:15
Note du film : 6/6

UN FILM INCONTOURNABLE SUR LE PLAN POLITIQUE.COLORE TOUTEFOIS DE DESESPOIR MAIS LUCIDE ET PUISSANT


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De franzou, le 5 avril 2006 à 08:41

Un grand film, indispensable.

A quand sa diffusion en dvd?


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De wane, le 16 juillet 2007 à 00:47
Note du film : 6/6

Je l'ai acheté en dvd il y a quelques années. Dommage qu'il n'y pas de sous-titres français pour malentendants. Peut-être qu'on tiendra compte de cela pour la prochaine édition.


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De Arca1943, le 2 janvier 2008 à 20:28
Note du film : 5/6

Très bon film, en effet.


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De sansnom, le 8 juin 2009 à 01:06
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Ce film est un chef-d'œuvre. Très original comme film, beaucoup de suspense, très bien interprété (tous les acteurs sont formidables) et le message politique du film est assez universel pour plaire à tous.


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De fretyl, le 26 août 2009 à 22:34
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Assurément un très, très, très grand film. D'ailleurs Z est bien plus qu'un simple film. C'est un message, un témoignage, un discours mis en image, une démonstration de l'intérêt idéologique et de l'utilité que peut avoir le cinéma, lorsqu'il s'agit d'avertir. A l'époque le film marqua sans contexte les spectateurs qui le découvrirent, au point que ceux-ci se levaient à la fin de la séance pour applaudir ; le militantisme de Costa-Gavras venait de permettre au cinéma français de mettre les pieds dans un registre novateur qui jusqu'à présent avait surtout place en Italie et de cette manière quasi uniquement chez Rosi.
Du film précurseur qu'est Z allait naitre un tas de films politiques sérieux, permettant aux cinéastes de l'après soixante-huit de faire un quasi boulot de journaliste.
Boisset bien sûr, fut le premier à exalter la politique et à fouiner et à décortiquer, d'une manière, disons le, plus populiste que Gavras ou Rosi. R.A.S, L'attentat ou Le Juge Fayard, dit le shérif étaient réellement marqués par l'air politique du temps. Puis Verneuil s'y est mis ! Mille milliards de dollars et I… comme Icare d'un coup. Mille milliards de dollars dont certains ont cru déceler dans le personnage de Dewaere une réincarnation du petit juge de Z.
On remarquera d'ailleurs qu'en France comme ailleurs, le cinéma politique est désormais non pas censuré, mais plus financé. Les producteurs auraient-il peur des polémiques ? Des justifications ? En ce qui concerne les scandales diplomatiques désormais au cinéma, on préfère d'ordinaire les laisser à des gens issus de la presse ou s'inspirant du journalisme. Michael Moore est-il un artiste ?? J'attends sagement, qu'un réalisateur français ou étranger puisse levé le voile sur le grand tabou du World Trade Center, à l'heure ou The Loose Change documentaire passionnant et interdit sur le service public. Avec un sujet pareil il y aurait vraiment de quoi faire un grand brulot et un grand spectacle.

Mais revenons en à nos moutons ! Z ! en dehors de l'intérêt politique qu'a représenté ce film à sa sortie (Costa-Gavras fera encore plus fort avec L'aveu) il y a bien sûr l'intérêt artistique, sociologique ou historique. Sociologiquement le film dresse le portait du militantisme et de la politisation dans les sociétés en crise. C'est quasiment tous les protagonistes qui ont des idées dans Z. Le seul à garder en tapinois ses idées reste le juge (la réalité historique veut pourtant que le juge de son vrai nom Christos Sartzetakis devienne président de la république grecque en 1985) les autres, même les personnages infiniment secondaires ont quasiment tous une revendication ou un idéal en vue.
C'est aussi l'esquisse d'un vieux pays qui change et qui doit affronter les peurs, les inégalités, les contradictions dans un climat de violence politique omniprésente. Impossible de nier la justesse du propos. On a pu en France percevoir la même ambiance électrique que celle de Z dans la semaine suivant le 21 Avril 2002.
Cette semaine là en plus, il faisait beau et chaud, ce qui pouvait rappeler l'ambiance du film. Même si bien évidemment, le déploiement de fureur politique anti fasciste était à ce moment là, purement artificiel !

Au niveau historique le film permet de se rappeler comment un certains nombre de pays aujourd'hui européens ont pu basculer sous dictature… La dictature des colonels ne nous est pas montrée, le film s'intéresse plutôt à indiquer comment les tendances dictatoriales peuvent être admises et banalisées, au point d'intégrer même certains corps d'État juste avant la phase passagère entre la démocratie et le fascisme.
C'était à peu près la même situation qu'avait vécu l'Espagne juste avant la mise au pouvoir de Franco ; même si bien sûr l'ordre et la sécurité espagnole était à l'avance bien plus troublée, que ce que ne l'est la Grèce de Gavras. Ça a aussi été le cas avec les milices de Mussolini.

Et en ce qui concerne l'artistique. Certains s'interrogent ; peut-on faire de l'art avec ses engagements ?
Costa-Gavras l'a souvent prouvé. Z le prouve ! Ce n'est à l'évidence pas seulement Costa-Gavras qui se sent concerné par son sujet, mais l'équipe toute entière. Trintignant accepta le rôle par esprit de solidarité et fut payé une bouchée de pain, Montand était en mission quand à Mikis Theodorakis on l'a souvent dit ; c'est du camp de concentration d'Oropos qu'il écrivît l'une de ses plus belles musiques de film.
Montand trouve là le film le plus représentatif de ce que furent ses combats et tel que l'on peut l'imaginer aujourd'hui. Trintignant gagne son plus grand rôle au cinéma. Quand on me parle de Trintignant je pense systématiquement à Z. Charles Denner dans son rôle d'intellectuel ultra-politisé nous montre aussi une facette d'acteur physique au moment ou il est poursuivi par une voiture.
Claude Lelouch réutilisera les mêmes atouts de l'acteur et les feras progressé dans L'Aventure, c'est l'aventure. Bernard Fresson était à cette époque là, un Jean Yanne juste un peu plus courtois.
Le film est réalisé au galop, pas une minute pour s'endormir ! Le comportement nerveux des protagonistes nous est excellemment transmise. La musique et le tournage à Alger participe à rendre encore plus véridique et plus efficace le film. Et puis je suis bien obligé de nommer Jorge Semprun au scenario. Que du lourd…

Quand aux détracteurs de Z qui perdurent depuis quarante ans (!) ils reprochent toujours à Gavras d'avoir introduit dans Z un coté sensationnel, d'avoir soustrait le sens de l'austérité qui appartenait à Rosi.
Le cinéma de Francesco Rosi a bien évidemment connu de très gros succès. Mais un tel cinéma n'était pas toujours très accessible. Malgré l'intérêt cinématographique que représente des films tel que Lucky Luciano ou Cadavres exquis il est parfois difficile pour les non cinéphiles de pénétrer un tel univers. J'y arrive personnellement, mais pour certaines personnes ce cinéma parait parfois ennuyeux. Gavras lui ; permet à un grande majorité de spectateurs d'aller voir des films sérieux qui titillent l'esprit et essayent de faire réfléchir. On est d'accord ou pas d'accord. Mais avant d'être d'accord, apprenons à comprendre un film, qui par ailleurs parait aussi assez difficile pour certains.
Et à ces mêmes détracteurs, on leurs remémorera que Z fut récompensé par l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, l'Oscar du meilleur montage, au festival de Cannes par le prix du Jury pour Costa-Gavras à l'unanimité, le prix d'interprétation masculine pour Jean Louis Trintignant, BAFTA Award de la meilleure musique de film (Anthony Asquith Award) pour Mikis Theodorakis, prix Edgar Allan Poe du meilleur film pour Jorge Semprún et Costa-Gavras, golden Globe du meilleur film étranger pour le compte de l'Algérie, NSFC Award (National Society of Film Critics Awards) du meilleur film, NYFCC Award du meilleur réalisateur pour Costa-Gavras….

Chef d'œuvre !!!


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De droudrou, le 27 août 2009 à 06:40
Note du film : 4/6

Intéressant ce que nous dit notre ami Fretyl: en attendant c'est bien vrai que notre cinéma et nos acteurs n'oeuvrent plus dans ce genre de film . Notre cinéma produit des téléfilms ce que me disaient justement Jipi et Starlight. Pendant ma longue absence, on m'a offert Présidentau bout de 10 minutes j'ai cessé de regarder le film ! Je pense surtout que faute de sujets de qualité, notre cinéma gaspille des sommes colossales sans favoriser l'émergence de grands de la mise en scène et de l'interprétation qui semblent tous se déliter dans la mièvrerie contrairement à ce qu'ils voudraient parfois affirmer ou laisser croire !


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De Impétueux, le 17 février 2016 à 14:32
Note du film : 5/6

Z possède un tel rythme, une telle tension, une telle qualité d'interprétation qu'il parvient presque à faire oublier les outrances militantes du réalisateur Costa Gavras dans la confrontation entre les ridicules méchants militaires et les ridicules gentils pacifistes. Ayant depuis longtemps échappé à l'actualité de la grotesque dictature des colonels grecs, le film se bonifie avec l'âge grâce à son efficacité dramatique.

Et d'ailleurs, de fait, il gagne encore en intérêt dans sa seconde partie, au moment où l'intrigue se concentre sur l'enquête obstinée menée par le Juge (Jean-Louis Trintignant) et qu'il se dépouille de beaucoup de ses aspects conjoncturels pour se concentrer sur l'épure judiciaire et sur la mise à bas de plus en plus rapide de tous les paravents disposés par le Pouvoir pour dissimuler la réalité de l’assassinat du Député (Yves Montand). On sent alors de façon presque palpable la panique qui gagne les plus hauts échelons de la hiérarchie et on voit la bulle inéluctable qui va éclater. C'est vraiment très bien fait.

Pourtant Costa Gavras manque quelquefois un peu de finesse. Il abuse des flashbacks, sans doute souvent nécessaires et bienvenus quand il s'agit de faire revivre la soirée du crime mais aussi moins pertinents, ainsi la remémoration par la femme (Irène Papas) du Député de l'aventure que son mari a pu avoir, scène qui n'apporte absolument rien au récit. Il abuse également de quelques facilités un peu nigaudes comme celles de la succession finale des interrogatoires où tour à tour les responsables de l'assassinat, du plus insignifiant (Hassan Hassani) au plus important (Julien Guiomar) jusqu'au plus gradé (Pierre Dux) sont inculpés. Et qu'ils quittent le bureau du Juge par le même couloir, échouent à s'éclipser par la porte dérobée, toujours verrouillée et tombent sur un magma de journalistes de plus en plus nombreux. Mais ce ne sont là que broutilles par rapport au souffle réel du film.

Admirer aussi la capacité du réalisateur de faire entrer le spectateur dans les mondes particuliers de beaucoup de ses personnages, à sauter de l'un à l'autre sans jamais en perdre le fil, de passer de l'angoisse des amis du Député (Jean Bouise, Bernard Fresson, Charles Denner) aux complots chuchotés des militaires, aux agacements des magistrats (François Périer). Une mention spéciale pour le personnage de Vago le tueur (Marcel Bozzuffi, absolument bluffant), homosexuel compulsif dont la seule présence introduit le malaise (ainsi la séquence avec le journaliste/José Artur, mais aussi la brève scène de drague avec un adolescent qui joue au flipper).

Autre remarque, qui permet peut-être aussi de comprendre pourquoi le film n'a pas pris une ride et conserve sa force plus de quarante ans après la fin de la brève et ridicule dictature des colonels grecs : l'intemporalité volontaire, très habile. Personne n'ignore que Z est la transposition à l'écran du meurtre, en 1963, à Salonique, du député Gregoris Lambrakis, de l'enquête qui s'est ensuivie, du climat de troubles qui a abouti à la prise du pouvoir par Georges Papadopoulos et les militaires en avril 1967. C'est tout à fait transparent et renforcé encore par l'atmosphère filmée, le décor, quelques enseignes qui apparaissent ici et là. Et pourtant, à part les amis du Député, les personnages n'ont pas de nom : il y a le Juge, le Journaliste, le Procureur, le Colonel, le Général, autant de figures symboliques qui permettent de mettre en scène des archétypes et à les rendre universels.

Car – voilà ma minute de provocation – un film un peu analogue aurait pu mettre en scène l'assassinat, le 13 juillet 1936, de José Calvo Sotelo, un des chefs de la Droite nationaliste, après l'ukase en forme de menace lancé sur lui aux Cortès (l'Assemblée nationale) par la Pasionaria communiste, Dolorès Ibarruri : Cet homme vient de parler ici pour la dernière fois !.

Qui a dit que les temps changent ?


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