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Unforgiven


De vincentp, le 16 octobre 2017 à 23:30
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Unforgiven réalisé en 1960 par John Huston au Mexique, près de Durango, frappe le spectateur par ses qualités artistiques élevées. Les séquences marquantes pour la rétine et l'esprit s’enchaînent pendant 1h55 : les deux chasses à l'homme tout en mouvement, dans la poussière et un espace confiné puis au soleil et à terrain découvert. Egalement le dressage du cheval sauvage dans un enclos, avec un affrontement imprévu de personnalités emblématiques. Une durée initiale de 2h35 jugée trop longue par les producteurs a pour conséquence des coupes et la suppression de séquences, modifiant le sens du récit voulu par Huston : à la trappe la séquence de la mort de "Johnny Portugal" (remarquable John Saxon), tué par les Kiowas. Malgré cela, la mise en scène de Huston impressionne et tient le spectateur en haleine. Les ruptures de ton captent l'attention du spectateur : ainsi la fin tragique de "Charlie" juste après avoir déposé un baiser fougueux à Audrey Hepburn.

Le récit de Alan Le May adapté par Ben Maddow creuse à la perfection les sujets de l'intolérance, du racisme, de la vengeance, dans un monde instable ou les éleveurs bataillent auprès de leur bétail, face aux indiens. Un lyrisme contenu porte l'oeuvre de façon visuelle et sonore : il est question du temps qui passe, des saisons, de leurs impacts sur l'activité terrestre (métaphore des oiseaux migrateurs et bruyants volant en escouade, du fleuve en cru en arrière-plan). Des contre-plongées spectaculaires placent régulièrement les personnages au milieu des nuages. Les indiens Kiowas sont présentés comme les victimes d'un monde qui leur échappe, par la férocité des lois et l'efficacité des armes des colons américains. Et puis, il y a le casting exceptionnel de Unforgiven, des premiers aux seconds rôles (Audie Murphy,…), et la qualité de la musique composée par Dimitri Tiomkin. L'ensemble de ces éléments positionne Le vent de la plaine comme l'une des oeuvres phares du western classique.


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De vincentp, le 23 avril 2012 à 23:06
Note du film : Chef-d'Oeuvre

J'ai regardé le film une nouvelle fois, cette fois-ci en blu-ray, ainsi que les suppléments liés de cette édition. L'image est de qualité, sans être exceptionnelle, mais les paysages de cette plaine gagnent à être vus en HD.

Au sein des suppléments les propos intéressants de François Guérif, qui réhabilite notamment le travail de Alan LeMay. On nous rappelle que le film faisait à l'origine trente minutes de plus : il est donc dommage de ne pas pouvoir disposer de la version intégrale. Les anecdotes de Brion sont intéressantes, mais on aimerait de sa part un peu plus d'analyse thématique, ou filmique.

En ce qui concerne le spectacle à proprement parlé, une confirmation : il est extrêmement réussi ! Sur le fond, le film est placé sous le signe de l'incertitude. Incertitude quant aux motivations du soldat porteur de sabre (Joseph Wiseman), quant aux origines indiennes ou non de "Sarah Zachary" ou "Johnny Portugal". Ou bien Charlie, masqué, surgissant devant la maison caché derrière une branche : une apparition qui oriente le récit vers un aspect de comédie alors qu'il y avait une possibilité d'aller vers le drame. Il suffit de peu de choses, se dit-on, pour basculer de l'un à l'autre.

Sur la forme, Unforgiven est particulièrement bien mis en scène. La gestion des mouvements, en particulier : la séance de dressage de chevaux par exemple, à regarder seconde par seconde. Des personnages statiques observant des chevaux en mouvement, propulsant le spectateur devant son écran, à leurs côtés. Mais idem pour les mouvements des personnages à l'intérieur de la ferme.

Une séquence simple m'a marqué : Wiseman trébuchant et entrant dans la rivière. Il est assoiffé mais Huston et ses collaborateurs ont l'idée géniale de lui faire faire quelques pas dans la rivière, se verser de l'eau sur son visage, avant qu'il ne boive. Cela donne un aspect très naturel à cet instant du récit. Cela caractérise le personnage (cherchant à s'imprégner des forces de la nature avant de satisfaire un besoin physiologique). Cela crée un instant à la fois poétique -un peu décalé- et étrange, associant un personnage à son environnement. Et cela nourrit un spectacle.

Ambivalence des sentiments, pensées et émotions, et idées des personnages, orientant leur destin individuel et collectif en fonction de valeurs, croyances et aptitudes personnelles et de groupe, en fonction d'éléments du passé (souvenirs), du présent, et du futur (projeté). Le tout au sein d'une nature certes accueillante, domestiquée mais aussi sauvage et obéissant à des règles immuables (fleuve en crue, étoiles filantes, migration des oiseaux). Une vision du monde aux relents bibliques, ou portée par une pointe de mysticisme.

Très, très grand film !


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