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Chef-d'oeuvre oublié ?


De Impétueux, le 12 novembre 2011 à 11:40

Jamais entendu parler, effectivement, de ce Miroir, mais je veux bien essayer de le regarder, si on le trouve encore…

Dans le genre Double vie, on peut ajouter aussi Le Bienfaiteur, avec Raimu


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De Gilou40, le 12 novembre 2011 à 00:06
Note du film : 5/6

Mon beau miroir…

Comment se fait-il que ce film soit resté dans l'ombre, aussi peu connu ? C'est quand même très étrange : il est de ces films oubliés de l'histoire du cinéma et de ses propres acteurs qui ne les citent jamais, alors que ces œuvres sont d'une très grande qualité. Comme si on ne voulait assigner à la face du public, des journalistes, des différents sites de cinéma, que les films ayant eu une très grande reconnaissance populaire. Et c'est là que nous devons avoir bien conscience de l'importance primordiale d'un site comme le notre, qui nous permet d'offrir une reviviscence à certains longs-métrages trainant dans le tunnel de l'oubli. C'est vraiment un mystère car nous sommes ici dans l'excellent ou bien peu s'en faut. Mis en scène par un monteur qui avait fait largement ses preuves dans le genre, Fanny, La poison, Si Versailles m'était conté, Le Mariage de Chiffon et j'en passe, reconnu par les plus illustres metteurs en scène, Raymond Lamy nous concocte un deuxième et dernier film (déjà) avec une maestria du feu de Dieu. Que diantre n'a-t-il pas poursuivi dans la catégorie c'est moi l'patron ! . Le scénario bâteau qui raconte la double vie d'un type n'est pas nouveau, mais il est fouillé au plus près avec une débauche de trouvailles et va comme un gant à l'expression et au profil d'un Gabin largement aussi inspiré que pour Touchez pas au grisbi ou encore Le rouge est mis. Je suis tout à fait de l'avis de Xaintrailles qui ose la comparaison !

On retrouve très vite plusieurs atmosphères qui feront les prochains succès de Gabin. Pour le côté "Blanc" de notre homme, Les grandes familles pointent déjà leurs nez. Pour le côté "Noir", Le rouge est mis cité plus haut, n'a pas à rougir (!) de la confrontation et du rapprochement. C'est vraiment un très bon film. miroir, c'est L'Étrange Monsieur Victor, le côté méridional en moins et dans un milieu beaucoup plus bourgeois. Le vice et la vertu. Les deux faces d'un homme bien sous tous rapports. Car côté dorures ou côté raclures, il est très sympathique notre homme. Gabin, pourtant dans une période loin d'être faste pour lui, s'y promène avec l'aisance qu'il affichait dans ses anciens succès et qu'il démontrera plus tard, en des temps plus heureux. Et c'est une distribution magnifique qui lui facilite le travail, si "travail" il y a pour lui. Si sa rencontre avec Martine Carol est aussi rapide que le passage d'une étoile filante (elle n'apparait que quelques secondes), celle avec la merveilleuse Colette Mars est des plus heureuses qui soient. Ah ! Colette MarsLa Garçonne  ! C'est bien la seule qui aurait pu sauver Cargaison blanche dont j'ai parlé ici même dans ses colonnes. Hélas, un rôle trop court en a décidé autrement.


Chanteuse à la voix si pure et au parlé adorablement cassé. Je ne sais rien de mon amant chante- t-elle dans ce film et dans le disque présenté. Colette Mars, la scandaleuse à qui le Tout-Paris pardonnait tout… Et excellente comédienne avec ça ! L'ancienne et fidèle maitresse de Gabin dans le film a autrement plus de présence que Martine Carol. Le regard noir et la phrase concise, elle envoûte encore un Gabin qui la veut toujours plus proche, même s'il s'en défend. Elle a, à la pelle, ramassé ses feuilles mortes, ses souvenirs et ses regrets aussi… . Elle a le chagrin vrai. Martine Carol est juste une poupée qui chiale…
Pour ce qui est des méchants de service, on les connait : tiens, j'en parle pour le naufrage La lumière d'en face : Antonin Berval, pas encore avachi pour le désastre, Sardou, Henri Poupon sans oublier Paul Oettly et son regard d'aigle  !

Du maitre d'hôtel au préfet, de la femme de ménage à la starlette de service auprès de ces messieurs, , de la belle mère toujours affairée, Gabrielle Dorziat au fils adopté, discret Daniel Gélin, en passant par le curé de service chez toute famille bien pensante, Paul Faivre, c'est une constellation de talents qui font tourner cet excellent manège ! Et je ne parle pas des mille troisième couteaux qui peuplent ces deux mondes radicalement opposés. Je redis à cet instant ma surprise, mon grand étonnement de ne pas voir figurer ce film en haut du hit-parade Gabin. Sinon le haut du podium, du moins les places d'honneur. Car voilà un film qui ne dépareillerait pas entre En cas de malheur, Voici le temps des assassins… ou Le Sang à la tête. Le propos n'est pas le même, certes, mais la qualité elle, est bien présente ! Je vous avais d'ailleurs entretenu d'une autre très heureuse surprise : Le tunnel de la période oubliée de Gabin. Et bien ce Miroir est très largement aussi surprenant. Et il reflète tout à fait ce que deviendra notre plus grand acteur, quelques années après…

Vous trouverez ce film dans le coffret présenté par notre site . Personnellement, je l'ai eu comme suit :

S'y m'en croyez, n'hésitez surtout pas  !


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