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Les bons sentiments ne font pas les bons films


De Impétueux, le 2 juillet 2010 à 18:16
Note du film : 2/6

A prendre connaissance rapidement du thème du film, on se rend compte, évidemment que Le carrefour des enfants perdus ne fait pas trop dans la nuance, au plan du mélodrame, mais ne dit pas assez qu'il y a bien des bonnes idées dans ce film…

Comment dire du mal – à tout le moins ne pas dire du bien – d'un film et d'un sujet qui font appel à de belles valeurs et à des sentiments nobles et intelligents : solidarité dans l'épreuve, courage, sens de l'effort, générosité entre générations, ouverture et confiance dans ce que l'autre peut avoir de bon, de meilleur, de perfectible, malgré les apparences ? Qui marque, d'une façon assez nette et pas trop mièvre que la main qu'on tend à l'autre peut lui permettre de s'en sortir…?

Et pourtant, c'est bien lourd et bien pesant, finalement, et ça paraît durer longtemps parce que, si ça ne manque pas de conviction, ça manque de franchise.

Le carrefour des enfants perdus est sorti sur les écrans parisiens le 26 avril 1944 et cette date ne me semble pas tout à fait neutre ; il n'est pas impossible qu'elle gâte un peu mon jugement : j'y vois, sous les mots nobles, le côté piteux de la Révolution nationale, surtout à cette extrême fin, après que les grands idéaux de redressement français du début (dont les meilleurs aspects ont été l'École d'Uriage, par exemple, véritable pépinière de vrais résistants) ont été engloutis par la politique de collaboration, après l'envahissement de la Zone Sud, le 11 novembre 1942.

Dès lors ne demeure qu'un jeu d'ombre, une fiction, un décor de théâtre de plus en plus mité et de plus en plus sale. Dès lors Le carrefour des enfants perdus n'apparaît-il plus que comme un film de propagande, mais une propagande à quoi plus personne ne croit ni n'attache d'importance…

On jugera peut-être que j'accorde, moi, trop d'importance à des événements d'apparence bien extérieurs au film ; on n'aura pas tout à fait tort parce que, vu hors de cette perspective historique, le film est un machin assez banal, nettement moins prenant que Chiens perdus sans collier, qui est postérieur de dix ans mais qui, sans valoir tripette, est tout de même assis sur un scénario plus solide…

Alors que sauver du Carrefour ? Quelques acteurs, essentiellement : si René Dary est là un soupçon moins mauvais que dans 120 rue de la Gare où il atteignait le tréfonds, il ne casse pas grand chose pourtant ; je ne piffe pas Serge Reggiani (eh oui ! malgré Casque d'or, Le doulos et Vincent, François, Paul… et les autres) ; en revanche Raymond Bussières est étincelant, en marlou profiteur et pourtant bon zigue (il y a une scène assez amusante où il présente à René Dary les charmes et décorations de sa maison de tolérance avec autant de fierté naïve que le fait Bernard Blier à Jean Gabin dans Le cave se rebiffe ; la parenté des deux scènes, en tout cas, m'a frappé) ; et puis j'aime beaucoup le frais minois de Janine Darcey, co-vedette féminine, avec Odette Joyeux, d'Entrée des artistes ; mais on ne la voit pas assez… Autres bribes : Gérard Blain, Michel Barbey, très jeunes…

Ah… Et puis la mise à sac du centre de rééducation par les gamins semble bien inspirée de celle de Zéro de conduite de Jean Vigo et n'est pas trop mal filmée.

C'est bien maigre.


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