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Démons et merveilles ..


De Nicoco, le 3 janvier 2014 à 21:10

Je ne vous ai pas répondu Tamatoa mais je manque cruellement de temps pour participer comme il se doit à ce forum de qualité.

La question de l'existence de Dieu est effectivement très présente, surtout dans les dernières oeuvres de Dostoïevski, l'analyse psychologique de l'âme humaine également, Dostoïevski mettant souvent en scène des personnages outranciers, caricaturaux, aux comportements grossiers : ils témoignent des contradictions de l'homme et de la complexité de la nature humaine.

Mon analyse rapide du livre est la suivante.

L'idée basique du roman est folle : justifier les crimes commis par les personnes intellectuellement supérieures, qui contrairement à Raskolnikov, ont la force de ne rien regretter. Raskolnikov ressassant son geste se rend compte qu'il n'a pas cette force de caractère des gens supérieurs. Qu'il n'en n'est donc pas un. Qu'il n'avait donc pas le droit de tuer et qu'il ne mérite que le bagne. Ce qui fait penser à Raskolnikov l'idée monstrueuse suivante : "Voilà en quoi seulement il se reconnaissait un crime : le seul fait de n'avoir pas été capable de le supporter, et d'être venu se dénoncer lui même".

Et pourtant je crois que Dostoïevski en écrivant cela renverse complètement la théorie de Raskolnikov : par sa dénonciation, Raskolnikov prouve au contraire qu'il est un être humain, et non un monstre, et que la vie humaine est tellement sacrée qu'on ne doit pas y porter atteinte. Et qu'en tant qu'être humain rempli de faiblesses, il a le droit au pardon, il a le droit à la "régénérescence", idée évoquée à la toute fin du livre.

Je ne sais malheureusement pas ce que tout cela donne en film…

Allez Tamatoa, je ne résiste pas à la tentation de vous faire découvrir un écrit de Dostoïevski et vous fait part d'une citation tirée de L'idiot, selon moi d'une puissance folle (il parle de la peine de mort) :

« Mais la douleur la plus forte, la plus grave, peut-être, elle n'est pas dans les plaies, elle est dans ce qu'on sait à coup sûr que, là, dans une heure, et puis dans dix minutes, et puis dans une demi-minute, et puis maintenant, là, à l'instant, l'âme va jaillir du corps, et qu'on ne sera plus jamais un homme – et que tout ça c'est à coup sûr ; le pire, c'est ça – à coup sûr. Et quand on met la tête sous cette lame, et qu'on l'entend qui glisse au-dessus de la tête, c'est ce quart de seconde là qui est le plus terrifiant »

 

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De Impétueux, le 6 décembre 2013 à 13:03

Tamatoa, s'il vous plaît, ne nous faites pas le coup de Personne ne me répond ! ; la récrimination vous va mal… Je ne suis pas un aussi fin lecteur de Dostoievski que Nicoco (qui a bien raison de se plonger dans l'intégralité de l’œuvre) et je n'ai lu que Crime et Châtiment, L'Idiot (et Souvenirs de la maison des morts) mais vous avez vu juste : de ce que je perçois, la question spirituelle et le mystère du Christ sont au centre de sa réflexion.

Ce qui rend particulièrement compliqué la représentation cinématographique de ces questionnements..;


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