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"Je n'ai jamais compris l'amour..."


De Impétueux, le 26 octobre 2012 à 11:09
Note du film : 6/6

Ce n'est peut-être pas le meilleur film de Marcel Pagnol (il me semble que La femme du boulanger est un zeste au-dessus, et il faudra que je revoie Regain quand la Compagnie méditerranéenne de films aura cessé de s'embrouiller avec Sylvie Giono), peut-être pas le meilleur film, donc, mais sans doute le meilleur écrit pour le cinéma, qui n'adapte ni un succès de théâtre (Topaze ou les deux premiers volets de la Trilogie Marius/Fanny/César), ni un autre écrivain (Giono, la plupart du temps, Daudet, Zola, Maupassant). C'est mieux que La fille du puisatier, mieux que Manon des sources qui sont pourtant des films formidables.

Ultra connu, Le Schpountz restauré et fort bien présenté dans ce DVD très attendu, émerveille toujours autant, aussi bien par la pertinence de son regard sur le monde du spectacle, les illusions et déconvenues qu'il suscite, la dureté de son atmosphère, que par les scènes absolument incroyables de pure bouffonnerie. Car s'il est un film où la formidable verve de Marcel Pagnol s'est donnée à plein, c'est bien celui-ci

C'est ouvert par la scène éblouissante de l'épicerie où les mots succèdent aux mots, les trouvailles aux trouvailles, les merveilles aux merveilles ; très écrit, comme on l'a beaucoup dit, mais porté par des acteurs d'un tel niveau, Charpin et Fernandel, qu'on en demeure sidéré, guettant avec gourmandise chaque réplique, comme l'épicier des Accates guette les Anchois des Tropiques.

Il est bien dommage d'ailleurs que l'apparition de la notion de film-culte, dont plusieurs générations connaissent par cœur les répliques (Les bronzés, ou Le Père Noel est une ordure, par exemple) soit un phénomène relativement récent, suscité par des passages continus à la télévision ; sinon, que de merveilles pagnolesques bruisseraient repas de famille, cours de recréation ou soirées entre amis ! (Tu manges, mais tu ne te nourris pas : c'est moi qui te nourris ! ou Rondin malsain de viande ambulante (le rôti de porc avarié) ou Je ne me vois pas vivre entre la morue sèche et le Roquefort humide ou encore Dieu m'aurait-il envoyé ce don pour me laisser vivre dans le gorgonzola ?).

Partant à une allure folle – car peu après la scène extraordinaire de l'épicerie, il y a le fameux Tout condamné à mort aura la tête tranchée – où Fernandel, souvent si mal employé, donne la mesure de son immense talent -, le film se calme ensuite. Un peu trop, peut-être, mais il n'était sans doute pas possible de conserver tout uniment le brio fabuleux de la première demi-heure.

Et puis le reportage acide sur les studios à la fin de l'Entre-deux-guerres est, pour les férus de cinéma que nous sommes, instructif et drôle à souhait. Et cette partie-là est aussi enluminée par le merveilleux monologue de Meyerboom (Léon Belières), si poignant et triste sous ses allures bonhommes (j'ai déjà dû dire quelque part qu'il m'a fait songer à ces pages définitives de Michel Houellebecq dans La possibilité d'une île sur l'effacement des vieux du paysage des jeunes, leur disparition symbolique).

Contrairement à beaucoup, je ne trouve pas niaise et complaisante la fin du film, le retour d'Irénée et de Françoise (Fernandel et Orane Demazis) dans la vieille épicerie, la supercherie et la révélation de la fortune d'Irénée. C'est attendrissant, doux, ça met la larme à l'œil et ce n'est pas un reproche…

C'est en tout cas du Pagnol bien exact. Quel bonheur d'avoir conservé en film ce Trésor !


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De New-JPL, le 14 février 2012 à 17:48
Note du film : 6/6

Joyau incontournable du VIIème art français, LE SCHPOUNTZ, en dépit des nombreuses rediffusions, ne lasse pas le cinéphile véritablement passionné.

Tout a déjà été dit sur ce film extraordinaire, je ne rappellerai ici qu'une seule citation : " le rire… peut-être est-ce Dieu qui a donné cela aux hommes pour les consoler d'être intelligents ". Une pensée constante chez Marcel Pagnol, qui défendra ce point de vue dans ses NOTES.

Le rôle qui consacra définitivement la carrière de Fernandel en " monstre sacré ".

Un monstre sacré dont certains (encore) se souviennent aujourd'hui.


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Quel sacrilège !


De WERTHER, le 26 avril 2008 à 11:02
Note du film : 5/6

Il est certain que Gérard Oury ne fut pas un branque, un cinéaste de pacotille. Mais reprendre "le Schpountz" de Pagnol (pléonasme) c'était une grossière erreur. "la Femme du boulanger", "Angèle" et quelques autres aussi peuvent se reprendre, "le Schpountz", non. L'image bien idéalisée et franchement mais volontairement naïve du monde du cinéma proposée par Pagnol était déjà en son temps admissible au second degré. Soixante ans plus tard, elle n'a aucune chance de convaincre… Smaïn ou un autre, pourquoi pas mais c'est moins une question de casting qu'une affaire de bon sens.

Fernandel avait livré ici l'une des plus puissantes créations du cinéma Français. Elle vaut toujours bien des décennies plus tard. Mais, comme toujours en cas de composition éclatante, le comédien ne trouve véritablement son génie que dans l'assurance de ses puissants étais. Fernand Charpin surtout mais aussi Robert Vattier, Jean Castan, Léon Bellières, Orane Demazis, Robert Bassac, Henri Poupon étaient là comme étais. Ils propulsent littéralement le Marseillais à tronche chevaline vers ses propres nues. Pagnol, d'ailleurs, ne s'y trompait pas qui n'avait que mépris pour ce qu'on appelle l'art du comédien. Nous sommes tous comédiens. Naturellement. C'est une tare naturelle. Dès la maternité, nous chialons pour être satisfait et dès lors, nulle tricherie, nul camouflage ne nous est trop cher pour honorer nos caprices ou simplement nos vouloirs… Certains hommes, de cette tare font une noblesse. Il faut les saluer mais ne jamais perdre de vue qu'un comédien n'est jamais aussi bon que lorsque trois autres comédiens le mettent bien en valeur. Brando dans "Sur les quais" a Malden, Steiger, Erickson et Cobb pour le prendre aux aisselles et le lever bien haut. Et il n'est pas de comédien qui puisse dire : c'est quand je suis seul en scène ou face à l'objectif que je donne le meilleur de moi – même. Rien n'es plus faux. L echant est une affaire perso, la comédie une histoire collective.


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De pamina, le 26 avril 2008 à 08:22
Note du film : 5/6

Très juste et bien réfléchi mon cher Droudrou !… c'est ce que j'ai dit à mon deuxième mari "si je t'avais connu en premier, j'aurais été follement amoureuse de toi"… Tout est une question de préséance dans la Vie !…


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Pour l'émouvante Orane Demazis


De Gaulhenrix, le 13 février 2008 à 12:50
Note du film : 5/6

Eh oui ! Le cadrage… C'est d'ailleurs tout l'art de la réalisation : le Tout Petit a pour ambition de regarder la Dame par en-dessous ; la contre-plongée le lui permet ! C'en est même un véritable tic de langage – notamment au spectacle de Guignol


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De droudrou, le 6 avril 2007 à 08:55
Note du film : 5/6

Je vieillis, votre honneur ! Je vieillis ! Et les circonstances atténuantes diminuent avec l'âge !

Vain Dieu, c'est le retour de bâton que j'attendais ! Qu'est-ce qu'il va encore me passer ? Si je pouvais lui parler de Catwoman ou de Marie-Antoinette… ou comme De Funès et Galabru dans un des gendarmes : "Mon Dieu ! J'ai un très grand regret ! – et l'autre qui enchaîne – Coeur sacré de Jésus ! – Priez-pour nous mon adjudant-chef !…" – Et qu'est-ce qu'il fait à veiller si tard pour invectiver les gens qui rentrent bourrés chez eux ! Avec Impétueux, la trêve pascale, il ne sait même pas ce que c'est !


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