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Qui a vu ce monument ?.


De fretyl, le 3 avril 2010 à 16:58
Note du film : 3/6

C'était à l'époque un film scandaleux. A la sortie, on frôla l'incident diplomatique entre la chine et la France, le film fut censuré en Allemagne, des critiques communistes accusèrent Jean Yanne d'être un anticommuniste primaire, l'affiche du film fut retiré sur les champs Élysée ; et le comble un journaliste accusa même Jean Yanne d'être un poujadiste intellectuel et trouva même le film raciste et antisémite.
Dés le début du tournage Jean Yanne constata certaines pressions : menaces de mort, tag sur la façade en face de chez lui, une voiture brulé et pour couronner le tout, les services secrets chinois mirent l'acteur/réalisateur sous surveillance pendant tout le long du tournage.
Jean Yanne vécu ces incidents avec humour. On raconte qu'il allait frapper aux vitres des voitures stationné devant le tournage pour provoquer les agents des services, chargés de le surveiller.

Et pourtant, il n'y avait pas de quoi hurler. Comme aujourd'hui avec l'affaire Dieudonné, le déchainement médiatique lors de la sortie des Chinois à Paris parait excessif comparé à ce qu'est vraiment le film.
Je ne vois personnellement pas de politique là dedans. Les chinois à Paris n'est qu'une farce. Le film utilise la même technique que celle de Moi y'en à vouloir des sous ; prendre la société en contre-sens, pour provoquer et pour rire. Dans cette occupation, ce sont les humanistes de gauche les collabos, le parti socialiste collabore, le président de la république (Bernard Blier) se taille aux États-Unis ; sur les routes de France, dans les embouteillages les français s'entretuent.
Jean Yanne collabo sans scrupule propose alors un plan aux Chinois. Faire de la France, le pays du mauvais exemple, aux yeux des autres peuples. Un pays ou l'on baiserait, ou l'on picolerait en permanence, ou l'on se vautrerait dans la décadence extrême… Devenant le gérant de lieux de dépravation Yanne devient milliardaire et une fois les chinois partit, c'est avec le pape qu'il fait des affaires…

Les ambitions du film sont un peu excessive pour Jean Yanne. La plupart du temps, le film est plus vulgaire que drôle. Assez lourd sur la fin et la deuxième partie complétement anarchiste, s'essouffle tant le délire généralisé est excessif et souvent trop gras.
Mais le film offre aussi de bons moments. La fuite de Bernard Blier, Paul Préboist curé convertit au taoïsme, Daniel Prevost et Michel Serrault rentrant en résistance…

Les chinois à Paris n'est en rien un classique, il est nettement moins réussi que les précédentes réalisation de son auteur et annonce bien la catastrophe que sera l'année d'après Chobizenesse, film qui provoquera la faillite de la maison de production de Jean Yanne.


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De Frydman Charles, le 23 juillet 2009 à 09:11

Le film fait une allusion loufoque à l'occupation allemande. Avez-t-on si peur des Chinois en 1974 , pour métamorphoser les Allemands en Chinois ? Les Français incroyablement dociles au début du film, font un peu de résistance vers la fin. Pourquoi les Chinois ont-il choisi les Galeries Lafayette pour leur siège central ? En raison de la position central du magasin ? Parce qu'a l'époque le vice président du magasin avait fait l'école Centrale ? Je ne pense pas néanmoins qu'il ait reconnu des camarades de l'école parmi les camarades Chinois. En tout cas le comité central chinois semble satisfait de ce choix.


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Paris (re)brûle-t-il ?


De David-H, le 19 avril 2006 à 21:43
Note du film : 4/6

Signe que les 'craintes' de la montée en puissance asiatique ne datent pas d'aujourd'hui – le film est de 1973 -, Jean Yanne s'attaque au pari aussi ambitieux que saugrenu d'imaginer une occupation chinoise, imitant l'allemande trente ans plus tôt. Cocasse et drôle. Le projet, qui coûtera bien plus qu'il ne rapportera hélas, réunit toujours les camarades du plus célèbre et malin franc-tireur du moment, à savoir Michel Serrault, Daniel Prévost, Bernard Blier – en lâche président -, Jacques François et sa compagne du moment, Nicole Calfan. Puis, les milliers de figurants rappellent que Paris fut durant 15 jours privé…de restauration asiatique (pas que chinoise !), la production ayant recruté dans ce secteur ! Si le film fait probablement moins rire qu'hier, il en devient aujourd'hui plus instructif. La période toujours si mouvementée des années post-68 se révélant toujours passionnante à analyser, imagée ici par l'exemple du maoïsme ambiant. Le filme pique sans doute moins que le fameux 'Tout le monde il beau, tout le monde il est gentil' mais le rappel douloureux des femmes gratuitement tondues durant l'occupation allemande, ou le profit des riches y compris en cette sombre période, suscitent bien des réflexions. La répartie de Jean Yanne reste elle, toujours aussi délicieuse. Original et malin.


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