Accueil
Voici les derniers messages de ce forum :

Critique


De Arca1943, le 29 février 2008 à 16:09

« …l'extraordinaire capacité étasunienne à imposer – ou plus exactement à faire reconnaître – partout dans le monde des codes et des manières d'être… »

Et qui a pour corollaire une inquiétante tendance à l'autarcie culturelle : ainsi les albums d'Astérix – pour prendre un seul exemple, mais croquignolet – n'ont jamais été publiés aux États-Unis, alors qu'ils le sont depuis des décennies, avec un immense succès, dans presque tous les autres pays du monde – et même en Russie, depuis la fin de la Guerre froide.


Répondre

De Impétueux, le 29 février 2008 à 15:12
Note du film : 4/6

Sans partager la sévérité de Dumbledore (qui n'a pas, d'ailleurs, donné de note chiffrée), je suis naturellement bien plus proche de sa position que des billevesées et outrances hystériques des gamines qui voient en cette comédie gentillette et datée un chef-d'œuvre insurpassable, John Travolta un titan de la comédie musicale et le scénario un exemple d'étude psychologique fouillée.

J'ai paresseusement glissé ça dans mon lecteur, hier, fatigué un instant par les nanards franchouillards et les polars glauques, parce que j'avais envie d'un petit spectacle sans prétention, d'humeurs adolescentes, de grands méchants qui sont finalement de braves types… J'avais le choix entre Mary à tout prix et ça ; comme j'avais envie de musique et de danse étasuniennes et guère le temps de me replonger dans Top hat, Brigadoon ou West side story, je me suis décidé pour Grease

Même si l'histoire est censée se passer au milieu des années Cinquante (on y parle, à un moment donné du vice-président Richard Nixon (qui le fut, aux côtés d'Eisenhower), c'est effectivement d'une niaiserie sans nom et d'une vivacité de caramel mou. Cela dit, j'aime assez les lyrics, Olivia Newton-John est bien jolie (surtout en jeune fille sage) et Stockard Channing (Betty Rizzo) pétule un maximum.

Surtout je me faisais l'observation de l'extraordinaire capacité étasunienne à imposer – ou plus exactement à faire reconnaître – partout dans le monde des codes et des manières d'être qui, pourtant, ne ressemblent en rien à tous ce qu'en Europe on connaît. L'appartenance à un collège, la fierté d'en être (et tout ce qui en découle : le bal de fin d'année, la fanfare, les équipes sportives, les pom-pom girls), l'omniprésence de la bagnole décapotable pilotée à moins de dix-huit ans, l'extraordinaire médiocrité urbaine (en fait, l'absence de toute ville au sens où nous l'entendons ici), tout cela est entré à grande vitesse dans l'imaginaire européen et a été assimilé…

Je n'en tire pas d'autre conclusion, si ce n'est, sans doute, qu'un pays jeune et sûr de lui a une capacité d'attraction qui dépasse tous les discours structurés. Ce qui ne manquera pas d'étonner tous ceux qui n'ont vu en Grease que ce que c'est, un petit téléfilm qui s'est haussé du col et a eu bien du succès…


Répondre

Installez Firefox
Accueil - Version bas débit

Page générée en 0.033 s. - 6 requêtes effectuées

Si vous souhaitez compléter ou corriger cette page, vous pouvez nous contacter