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Ça vieillit bien mal...


De Impétueux, le 23 juin à 17:24
Note du film : 2/6

Je pourrais presque reprendre – en pire – sur ce Cerveau ce que j'ai écrit il y a quelque temps sur La grande vadrouille : comment ai-je pu trouver ça drôle et enlevé lorsque j'ai vu le film sur grand écran ? Et encore… J'avais à peine plus de 20 ans, la salle devait être secouée de rires et le film, après les grands succès de Gérard Oury auparavant (La vadrouille donc mais aussi Le corniaud) partait avec un avantage très déterminé. Mais il me semble bien que dans les quelques années qui ont suivi, à la télévision, j'ai essayé de ne jamais rater une des nombreuses rediffusions qui assuraient d'ailleurs à la chaîne programmatrice un audimat du tonnerre de Dieu.

Et revu là, au hasard, l'autre soir, ça m'est apparu, sinon pitoyable, du moins effondré, asséché, exténué : du cinéma comique qui ne passe plus la rampe, dont les effets tombent à plat, qui ne parvient qu'à peine à faire ébaucher – et bien rarement – une lueur amusée dans un œil éteint par l'ennui ou la gêne. Et un film comique qui ne fait plus rire, c'est tout de même l'abomination de la désolation. Je ne disconviens pas que le genre est peut-être, sans doute même le plus périlleux qui soit : avec un bon roman noir, avec un fond d'épouvante, on arrive encore, au cinéma, à faire peur : regardez donc Les chasses du comte Zaroff ou même, plus ancien encore, Nosferatu le film muet de Murnau. Une belle histoire d'amour, de passion, d'aventures fonctionne encore très bien et il y a mille exemples…

Mais le cinéma comique ? Ne parlons pas du cinéma des mots d'esprit, à la Guitry, qui amuse et ravit mais n'a jamais déclenché des torrents d'hilarité. Alors ? Le Schpountz de Pagnol ? Knock ? C'est du fiel acide souvent associé à du génie verbal… Alors encore ? Le comique paysan du type Jean Richard ? C'est épouvantable et insupportable comme tous les films de Fernand Raynaud dont les sketches sont à peine écoutables… Alors enfin ? oui, sans doute, quelques grands titres de Michel Audiard, comme Le cave se rebiffe mais là aussi fondé sur le dialogue… Au fait, j'ai évidemment omis d'évoquer les pantalonnades du Muet (de Charlot à Laurel et Hardy que j'ai trouvé, depuis ma dixième année, ridicules et ennuyeuses. Le comique se périme plus vite que tout ; que restera-t-il, dans dix ans, dans vingt ans, des Visiteurs ou des Trois frères, que j'ai bien aimés mais qui, revus ici et là, me semblent désormais plutôt niais ?

Le cerveau m'a semblé irrémédiablement ringard, poussif, poussiéreux, minable, souvent grotesque, fait à coups de grimaceries, de gymnastiques diverses, de situations outrées, de cavalcades et d'acrobaties ridicules… Ainsi, la scène, qui m'avait bien fait rire jadis, de l'antenne de télévision arrachée par un Belmondo menacé par une panthère, antenne qui fracasse un gigantesque aquarium m'a paru bien minable et convenue… Et les évolutions du pourtant parfait David Niven entraîné en tous les sens dans la piscine par un fauteuil gonflant crevé par le cigare incandescent de Frankie Scannapieco (Eli Wallach) m'a fait un peu honte.

Rare moment de qualité, l'apparition envoûtante de Sofia (Silvia Monti), la sœur du truand, assez torride et rare dans les films de Gérard Oury pour qu'on s'y arrête… Mais tiens, sur ce simple point, la possessivité suspicieuse et jalouse de Frankie sur sa soeur, sur la vertu de qui il veille constamment, qu'on veuille bien comparer les attitudes grotesques, ridicules et finalement minables représentées avec celles, admirablement concises et de fait bien plus glaçantes mais vraiment drôles que fait subir Michelle Ferribotte (Tiberio Murgia) à Carmelina (Claudia Cardinale) dans le formidable Pigeon de Mario Monicelli.

À part la plastique de Silvia Monti, que sauver de ce Cerveau-là, où Bourvil, au demeurant, n'apparaît que comme le faire-valoir de Belmondo ? Bien peu de choses… Le petit dessin animé où le colonel Matthews (David Niven) présente le casse à ses commanditaires, le gardiennage du magot par des soldats à l'accent belge assez drôle (Patrick Préjean, Robert Dalban, Raoul Delfosse) et peut-être aussi l'idée d'avoir fait évoluer parallèlement les grands professionnels et les deux amateurs… C'est bien maigre…


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De djogeo, le 9 avril 2008 à 16:02

Sans Louis de Funès, Gérard Oury a quand même réalisé de très bon films qui connurent des succès immédiats : Le Cerveau (un peu plus de 5, 45 millions d'entrées), La Carapate, Le coup du parapluie, l'As des as, La vengeance du serpent à plumes, La soif de l'or

Franchement, Gérard Oury est peut être unique dans l'histoire du cinéma français mais il n'en demeure pas moins que son cinéma de qualité fera encore beaucoup de générations… Et qu'il reste tout de même l'un des plus grands réalisateurs du cinéma français… Alors, stop aux critiques et aux phrases anti-ourysme je vais dire !!!!


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Titre de la chanson


De Vito, le 21 janvier 2007 à 12:16

Par contre, avez-vous des photos des années 60 sur Silvia Monti? A bien cherché, il n'y a rien… Amicalement


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De Vito, le 21 janvier 2007 à 12:12

La version originale de "Cento Giorni" est sur l'album "Qualcuno mi puo'giudicare" de Caterina Caselli.


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....on rit comme à l'accoutumée....


De paul_mtl, le 23 décembre 2006 à 13:46
Note du film : 5/6

Oui effectivement Jarriq.

Son rôle de Tuco l'a sans doute cloisonné au western et son look de mexicain | sicilien ne l'a pas aidé aux USA dans la fin des années 60 et apres pour avoir un premier rôle.


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De PM Jarriq, le 23 décembre 2006 à 13:00
Note du film : 3/6

Oui, Paul. Je sais qui est le grand Tuco. Le non moins grand Eli Wallach. Depuis Les sept mercenaires, jusqu'au tueur bigleux de Coup double, en passant par le mafieux manipulateur du Parrain, et même le marchand de liqueurs de Mystic river, il a traversé le 7ème Art comme un grand second rôle, s'inscrivant dans les mémoires grâce au film de Leone. Je voulais seulement dire qu'il a sûrement fallu de drôles d'accords de copros, pour que l'interprète de Fortunat, se retrouve un jour face à Eli Wallach. A ce propos, il est étrange qu'après le succès mondial du Bon, la brute et le truand, Wallach soit immédiatement retombé dans les seconds rôles dans des films U.S. (L'or de Mackenna, où il apparaît le temps de se faire tuer), des spaghetti westerns de seconds ordre, et donc des coproductions internationales où il n'est que "guest". Il est pourtant l'attraction n°1 du western de Leone, et y fait une performance extraordinaire…


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