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Sujet : Ça vieillit bien mal...


De jipi, le 4 mai 2007 à 09:10

Je viens de revoir "Le Cerveau. Quelle déception, ça vieillit bien mal tout ça, on ne se tient pas les côtes de rire, Elie Wallach fait franchement pitié dans sa caricature de Sicilien, Gérard Oury n'est pas tendre en plafonnant l'élégant David Niven (A découvrir absolument dans "tables séparées") dans un rôle de pitre surtout dans la navrante scène de la piscine, bref ça sent le cacheton tout ça et ressemble fort à une fin de carrière à l'image de Laurel et Hardy vieillis et nécessiteux venus tourner en France le ridicule Atoll K.

Gérard Oury signe un film trop ventru faussement auto satisfait d'un parcours humoristique semblant maîtrisé par des acquis précédents n'incitant plus qu'a la paresse.

Le Cerveau se positionne sur des hauteurs ou l'on respire de plus en plus mal. Le contenu est vide et surtout creux. Le tandem Bebel Bourvil n'est pas du meilleur cru, des gags douteux alimentent un parcours poussif truffés d'invraisemblances. Un sparadrap à l'image d'une fausse statue de la liberté est requis afin de capter l'attention d'un public assoupi .

La folie des grandeurs va réveiller la princesse, il était temps.


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De PM Jarriq, le 4 mai 2007 à 09:51
Note du film : 3/6

Eh oui… Oury sans De Funès… Et vice-versa…


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De Arca1943, le 4 mai 2007 à 11:48
Note du film : 2/6

Vraiment, vraiment pas fort. Moi qui suis pourtant bien ouvert à la grosse rigolade sans prétention, je suis resté de marbre. « We are not amused », comme disait l'autre. Dommage, surtout pour Eli Wallach.


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De droudrou, le 8 juillet 2007 à 07:45
Note du film : 5/6

Bien sûr, le film a vieilli. Mais il reste néanmoins des moments intéressants comme, par exemple, ces images qui prolongent le générique et donnent d'ores et déjà un ton au film avec ces différences si caractéristiques entre deux nations aux tempéraments si dissemblables : la revue du 14 juillet en France avec le son des fanfares et les bruits de bottes qui nous entraînent soudain en Grande Bretagne avec d'autres façons d'être et que sa gracieuse majestée passe en revue les troupes pour nous retrouver dans le Londres des hippies très typiques de ces années révolutionnaires qui se voulaient remettre en cause nos comportements passés et pour aboutir à un autre bruit de godasses cloutées dans une maison d'arrêt bien française où ce sont les matons qui passent en revue… les troupes. Aboutir sur la gueule satisfaite de Belmondo qui prépare son coup, même si on se doute que le savon va engendrer une belle glissade, les effets hyper-poussés qui suivent, prévisibles et "gros", bien sûr, nous rappellent ces portes qui s'ouvrent et se ferment pour livrer passage aux personnages du théâtre de Feydeau. C'est très franchouillard.

De fait, Gérard Oury exploite à fond les différences, les contrastes de tempéraments et de moyens jusque ces flêches qui nous donnent Nationale 17 Saint Quentin et Cambrai. Et puis va pour le dépaysement puisque de ma grande région du Nord on se retrouvera assister à une retraite-aux-flambeaux dans l'Aveyron (tant qu'à faire) qui se terminera en un superbe feu d'artifices…

L'idée de reprendre le transfert des fonds de l'Otan de Paris à Bruxelles offre un bon motif pour rééditer le vol du Glasgow-Londres et il est amusant de voir comme sur les images du dessin animé il semble simple de passer par "les toits" d'un wagon à l'autre quand la réalité s'avérera moins drôle et moins facile pour le "cerveau".

C'est une occasion de revoir un Paris qui, en ces années 60, est loin de ce qu'il est devenu tout comme, dans les dernières images, sur Le Havre nous sommes confrontés à des changements caractéristiques d'époque avec nos "majorettes", le fleuron de notre flotte transatlantique, le paquebot "France", et la Compagnie Générale Transatlantique.

Nous sommes dans le burlesque et la logique est quelque peu remise en cause. Néanmoins, il est encore une fois amusant de revoir l'effet produit par une tempête de billets de banque sur la foule qui, comme dans les dernières images de Un monde fou, fou, fou se rue sur l'argent pour s'en emplir les poches.

C'est vrai que c'est gros d'imaginer ce "casse" à la française par rapport à des équipes ultra-organisées qui utilisent des gaz soporifiques quand d'autres utilisent des boules puantes, mais la machine fonctionne quand, d'un côté, Belmondo referme la porte du wagon immobilisé au dessus de la route et que, de l'autre, Niven l'ouvre pour venir contempler son "trésor"…

Et c'est vrai aussi que si Bourvil a vu le haut et Belmondo le bas, qu'à eux-deux la vision de la p'tite soeur du Sicilien est très correcte. Ne disons pas de mal aujourd'hui de cette scène torride où elle apparaît aux regards de tous en bikini et que ne nous cachant pas grand chose de son anatomie (film "tous publics") elle prend une douche avant d'aller se plonger dans la piscine afin de rejoindre son petit frère, en grandes discussions avec son invité anglais. Rien ne se passera comme prévu mais les gags forcés avec un "mobilier aquatique" avant-gardiste pour l'époque nous feront quand même bien rire…

Débridons-nous et songeons à tous ces objets qui composent notre environnement comment nous pourrions les utiliser pour nous défouler un bon coup ou à la gueule de notre voisin imaginé autrement que dans notre quotidien…

Et puis, aujourd'hui, les transferts de fonds du Trésor Américain seraient susceptibles de pouvoir éveiller notre attention cupide rien que pour emmerder le p'tit père George W. Bush…


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De jipi, le 8 juillet 2007 à 10:19

Bravo Droudrou pour ce très beau texte redonnant des couleurs à un film qui en a bien besoin.


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De djogeo, le 9 avril 2008 à 16:02

Sans Louis de Funès, Gérard Oury a quand même réalisé de très bon films qui connurent des succès immédiats : Le Cerveau (un peu plus de 5, 45 millions d'entrées), La Carapate, Le coup du parapluie, l'As des as, La vengeance du serpent à plumes, La soif de l'or

Franchement, Gérard Oury est peut être unique dans l'histoire du cinéma français mais il n'en demeure pas moins que son cinéma de qualité fera encore beaucoup de générations… Et qu'il reste tout de même l'un des plus grands réalisateurs du cinéma français… Alors, stop aux critiques et aux phrases anti-ourysme je vais dire !!!!


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De Impétueux, le 23 juin à 17:24
Note du film : 2/6

Je pourrais presque reprendre – en pire – sur ce Cerveau ce que j'ai écrit il y a quelque temps sur La grande vadrouille : comment ai-je pu trouver ça drôle et enlevé lorsque j'ai vu le film sur grand écran ? Et encore… J'avais à peine plus de 20 ans, la salle devait être secouée de rires et le film, après les grands succès de Gérard Oury auparavant (La vadrouille donc mais aussi Le corniaud) partait avec un avantage très déterminé. Mais il me semble bien que dans les quelques années qui ont suivi, à la télévision, j'ai essayé de ne jamais rater une des nombreuses rediffusions qui assuraient d'ailleurs à la chaîne programmatrice un audimat du tonnerre de Dieu.

Et revu là, au hasard, l'autre soir, ça m'est apparu, sinon pitoyable, du moins effondré, asséché, exténué : du cinéma comique qui ne passe plus la rampe, dont les effets tombent à plat, qui ne parvient qu'à peine à faire ébaucher – et bien rarement – une lueur amusée dans un œil éteint par l'ennui ou la gêne. Et un film comique qui ne fait plus rire, c'est tout de même l'abomination de la désolation. Je ne disconviens pas que le genre est peut-être, sans doute même le plus périlleux qui soit : avec un bon roman noir, avec un fond d'épouvante, on arrive encore, au cinéma, à faire peur : regardez donc Les chasses du comte Zaroff ou même, plus ancien encore, Nosferatu le film muet de Murnau. Une belle histoire d'amour, de passion, d'aventures fonctionne encore très bien et il y a mille exemples…

Mais le cinéma comique ? Ne parlons pas du cinéma des mots d'esprit, à la Guitry, qui amuse et ravit mais n'a jamais déclenché des torrents d'hilarité. Alors ? Le Schpountz de Pagnol ? Knock ? C'est du fiel acide souvent associé à du génie verbal… Alors encore ? Le comique paysan du type Jean Richard ? C'est épouvantable et insupportable comme tous les films de Fernand Raynaud dont les sketches sont à peine écoutables… Alors enfin ? oui, sans doute, quelques grands titres de Michel Audiard, comme Le cave se rebiffe mais là aussi fondé sur le dialogue… Au fait, j'ai évidemment omis d'évoquer les pantalonnades du Muet (de Charlot à Laurel et Hardy que j'ai trouvé, depuis ma dixième année, ridicules et ennuyeuses. Le comique se périme plus vite que tout ; que restera-t-il, dans dix ans, dans vingt ans, des Visiteurs ou des Trois frères, que j'ai bien aimés mais qui, revus ici et là, me semblent désormais plutôt niais ?

Le cerveau m'a semblé irrémédiablement ringard, poussif, poussiéreux, minable, souvent grotesque, fait à coups de grimaceries, de gymnastiques diverses, de situations outrées, de cavalcades et d'acrobaties ridicules… Ainsi, la scène, qui m'avait bien fait rire jadis, de l'antenne de télévision arrachée par un Belmondo menacé par une panthère, antenne qui fracasse un gigantesque aquarium m'a paru bien minable et convenue… Et les évolutions du pourtant parfait David Niven entraîné en tous les sens dans la piscine par un fauteuil gonflant crevé par le cigare incandescent de Frankie Scannapieco (Eli Wallach) m'a fait un peu honte.

Rare moment de qualité, l'apparition envoûtante de Sofia (Silvia Monti), la sœur du truand, assez torride et rare dans les films de Gérard Oury pour qu'on s'y arrête… Mais tiens, sur ce simple point, la possessivité suspicieuse et jalouse de Frankie sur sa soeur, sur la vertu de qui il veille constamment, qu'on veuille bien comparer les attitudes grotesques, ridicules et finalement minables représentées avec celles, admirablement concises et de fait bien plus glaçantes mais vraiment drôles que fait subir Michelle Ferribotte (Tiberio Murgia) à Carmelina (Claudia Cardinale) dans le formidable Pigeon de Mario Monicelli.

À part la plastique de Silvia Monti, que sauver de ce Cerveau-là, où Bourvil, au demeurant, n'apparaît que comme le faire-valoir de Belmondo ? Bien peu de choses… Le petit dessin animé où le colonel Matthews (David Niven) présente le casse à ses commanditaires, le gardiennage du magot par des soldats à l'accent belge assez drôle (Patrick Préjean, Robert Dalban, Raoul Delfosse) et peut-être aussi l'idée d'avoir fait évoluer parallèlement les grands professionnels et les deux amateurs… C'est bien maigre…


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