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Excellent film


De Impétueux, le 8 mai 2009 à 15:35
Note du film : 4/6

Ma foi, ami Arca, j'ai connu des algarades plus sanglantes ici et votre séduisant plaidoyer n'a rien qui me choque, ni même qui contrevienne au message – nullement dépréciant – que j'avais moi-même écrit !

Question de sensibilté, sans doute… J'ajoute qu'entre votre 5 et mon 4 la distance est d'autant moins abyssale que j'aurais volontiers mis 4,5 si la politique de notation de ce site nous l'avait permis !


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De Arca1943, le 8 mai 2009 à 01:38
Note du film : 5/6

« …la photographie, les décors, la beauté des interprètes, des maisons et des rues de Ferrare m'a semblé, comme on le note excellemment ici et là davantage parente à la démarche esthétisante un peu vaine – à mes yeux – d'un Luchino Visconti qu'à l'humanisme en action de Vittorio De Sica. »

Moi qui adore contredire Impétueux, c'est à un véritable picnic que je suis convié aujourd'hui. Ainsi je trouve que les différents niveaux du récit sont tissés ensemble de façon remarquable et que le caractère compact du film est une de ses plus belles qualités. S'il avait été plus long, il m'aurait moins serré le coeur. Les doux moments du passé sont si fugaces ! Il ne nous en parvient, au présent de l'indicatif, que de minuscules bribes.

C'est vrai que Visconti est "esthétisant" et que ce film l'est aussi. Pourtant avant Visconti c'est à Mauro Bolognini (celui de L'Héritage ou de Senilità) qu'immédiatement je pense en voyant ce très beau film – mais un Bolognini heureusement raccourci de près d'une demi-heure ! C'est que « la photographie, les décors, la beauté des interprètes » rattache Le Jardin à un courant du cinéma italien connu sous le nom de calligraphisme, auquel on peut aussi – mais avec un certain effort – rattacher Visconti.

« Calligraphisme », donc, d'après mes petites recherches, serait la recherche d'un style élégant, voire éthéré, un souci poussé de la composition picturale, généralement appliqué à des sujets du passé d'origine romanesque – souvent "à costumes", donc – et propice à la mélancolie, au mélodrame amoureux. Un côté « photoroman de luxe » fait partie intrinsèque de ce genre de cinéma, tout comme les plans sur les feuilles d'automne, tout comme le genre de casting à jolis visages (mais idéalement castés, comme le note Jarriq ; sans oublier Romolo Valli, magnifique).

Si ce pinaillage classificateur a son importance à mes yeux, c'est que le film emblème du calligrafismo au cinéma – et si j'ai bien compris, le moment où le terme lui-même apparaît – c'est Le Mariage de minuit, un film de 1941. Alors si Micol Vinzi-Contini va au cinéma, elle a toutes les chances de tomber sur ce film (ou d'autres de cette même veine par d'autres réalisateurs de l'époque). Mais à moins d'un miracle, elle ne vivra pas assez vieille pour connaître le néoréalisme.

Le Jardin des Finzi-Contini tourne résolument le dos au néoréalisme. Cependant il y a à ce choix d'excellentes raisons. Ce que je reproche à un film quand je le dis "esthétisant", c'est la gratuité, le fait que la forme pour ainsi dire soit travaillée indépendamment du fond. Or ici, il y a au contraire adéquation entre fond et forme : parce que ce genre de cinéma est typique de l'époque et du milieu décrits et est donc propice à en exprimer la mentalité.

Voilà une partie de ce que voulais dire, un peu à froid, de ce film qu'aujourd'hui encore je trouve magnifique et bouleversant.


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