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Une fresque tragicomique à couper le souffle


De Impétueux, le 31 juillet 2016 à 18:41
Note du film : 4/6

J'avais été agacé, lors de ma première vision du film, il y a près de 10 ans, par l'abondance excessive des sous-titres (juxtaposés et entassés, survenant quelquefois au rythme d'une folle mitraillette) et je m'étais fait conseiller par Arca de regarder le film en VF. C'est ce que j'ai fait hier, mais je ne suis pas non plus très satisfait : cette fois-ci, c'est la désinvolture de l'éditeur (PVB éditions) qui m'a agacé.

Je trouve, certes, plutôt positif que, dans la VF on puisse insérer une séquence qui ne devait pas figurer dans le film présenté sur les écrans français et qui arrive brutalement parlée en italien et donc sous-titrée ; mais les cartons d'intertitres ne sont pas traduits et, bien pis, la séquence où parlent les Autrichiens est en allemand… sous-titré en italien. Je ne sais pas si je suis clair mais tout cela fait désordre, d'autant que la photographie n'est pas de très bonne qualité dans plusieurs scènes. Le malheur des petits éditeurs est qu'ils n'ont pas les moyens de faire sur les copies un travail approfondi et qu'ils se contentent assez souvent de transposer en DVD de vieilles VHS.

Je ne pense pas toutefois que ce soit cette mauvaise impression sur le support qui m'incite à baisser ma note de 5 à 4. J'avais déjà trouvé, en 2007, que La grande guerre n'était pas tout à fait du niveau des chefs-d’œuvre de la comédie à l'italienne. Il me semble d'ailleurs que, tourné en 1958, c'est l'un des premiers films qui puisse revêtir cette étiquette et que tous les ingrédients n'y sont pas aussi exactement dosés qu'ils le seront plus tard.

Certes, il en pose les prémisses : pour exposer les choses un peu caricaturalement, la comédie à l’italienne, ça commence en farce et ça finit en tragédie. Et plus ça se dirige vers le drame, plus c'est prenant et substantiel. Arca l'écrit fort bien dans son message de septembre 2004 : Chaque nouvelle blague nous rapproche un peu plus du prochain punch tragique ; chacune nous fait entrer dans la dimension pathétique des personnages, c'est vrai, mais sans doute avec moins de précision et de lucidité que dans Les camarades du même Mario Monicelli, quatre ans plus tard et bien entendu que dans – à mon sens – le plus beau film du genre, Le fanfaron de Dino Risi en 1962.

Il me semble que La grande guerre, c'est plutôt moins bien cousu et que la suite des scènes qui donnent à voir les horreurs, les ridicules, les cruautés, les bouffonneries d'un conflit dont tous les personnages sont perdus et effarés apparaît un peu hétéroclite, un peu faite de bric et de broc. Suite cruelle de scènes atterrantes ou pathétiques, suite souvent un peu facile et trop diluée quelquefois.

Et même, au milieu de la marche à l'abîme des deux copains Oreste (Alberto Sordi) et Giovanni (Vittorio Gassman), il me semble qu'il y a une impropriété à faire intervenir, de façon un peu artificielle, la prostituée Costantina (Silvana Mangano, belle comme toujours), dont le rôle ne s'imposait pas et dont les interventions brisent un peu le rythme.

C'est un peu long ; mais ça s'achève de façon si glaçante et désespérée…


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De Arca1943, le 2 mai 2014 à 20:38
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Magnifique affiche japonaise d'époque.


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Miracle ! Il sort !!!


De Arca1943, le 23 juin 2005 à 03:30
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Les deux films ont les mêmes scénaristes, en effet : Age-Scarpelli et Luciano Vincenzoni. Certes, en soi, ce n'est pas une raison pour conclure à la ressemblance des deux films. La plus grande qualité des scénaristes italiens? « Nous n'avions pas d'ego », dit Scarpelli sur le supplément de mon DVD des Monstres. C'est-à-dre que ce sont des professionnels qui se mettent souvent au service de la vision d'un autre et changent d'univers quand ils changent de films. Mme Suso Cecchi d'Amico, par exemple, était incroyable pour ça. Ses deux collaborations les plus stables sont avec Visconti et Comencini : deux univers TRÈS différents et je dirais même des univers qui, à l'époque – les années 60 – ne se parlaient pas, ne se fréquentaient pas. Ou encore Ennio de Concini, qui passait sans sourciller d'un peplum à un Antonioni à une farce de Luciano Salce

(Cela dit, ego ou pas, ces scénaristes avaient pourtant leur "touche" bien à eux. Ils "portaient" mieux que d'autres certains univers, certains sujets. Ainsi, on ne va pas chercher Agenore Incrocci et Furio Scarpelli si on n'a aucune intention de faire rire le public, de raconter une histoire sans ironie ni réalisme).

Mais même si ce n'est pas une raison en soi pour conclure, donc, on peut, en jetant un oeil sur les deux films, voir qu'en effet il y a une parenté, disons au moins narrative. Prenez la blague des uniformes bleus sous la poussière grise, dans Le Bon, la brute et le truand : on aurait très bien pu trouver l'équivalent dans La Grande guerre, avec des uniformes italiens et autrichiens. Cette scène du western de Leone est un gag typique de comédie à l'italienne. Et Tuco (extraordinaire Eli Wallach) un "monstre" typique, c'est-à-dire un personnage surtout négatif mis avec une épaisseur humaine irréductible, une complexité qu'on ne trouve ni chez les bons purs et simples, ni chez les méchants purs et simples. (Et ce n'est certes pas pour rien qu'on le confronte avec son frère moine). J'imagine que pour Leone, faire appel à Vincenzoni (qui a également scénarisé Il était une fois la Révolution, mais aussi Liberté, mon amour) et Age-Scarpelli, spécialistes de la comédie satirique, cela servait à développer la dimension picaresque de son film.

Ce qu'il y a de commun aux deux films, pour le dire en bref, c'est ce mélange – qui selon moi est une des contributions majeures du cinéma italien au spectacle cinématographique – de dérision et d'épique, de satire et de réalisme. Tu mets un peu trop de l'un, un peu trop de l'autre, et ton cocktail vient de foirer. Une autre bonne raison d'engager de vrais pros de la scénarisation, qui travaillent et retravaillent cent fois leurs personnages, leurs folles variations.

Il y a plus, évidemment, sauf que nous entraînerait trop loin : c'est que la façon de voir la Guerre de sécession et la Première Guerre mondiale, la conception générale de ce qu'est une vraie bonne reconstitution historique, ont un sérieux air de famille… Mais ça, c'est Cinecittà…

Arca1943


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De verdun, le 22 juin 2005 à 02:23
Note du film : 4/6

Je ne l'ai pas vu mais les classiques italiens se font si rares de nos jours en dvd , salles et télés qu'on les attend comme le messie!

Mais ce n'est pas ce film qui a un rapport avec "Le bon, la brute et le truand" du sans doute à Age et Scarpelli?


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