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Son meilleur rôle... le sien !


De Impétueux, le 5 avril 2014 à 20:53
Note du film : 3/6

En 1961, lorsqu'elle tourne Vie privée, Brigitte Bardot est au sommet d'une popularité internationale, gagnée à partir du scandale de Et Dieu créa la femme et assise par le succès public et critique de La Vérité, en 1960, où Clouzot lui a fait gagner ses galons d'actrice, à coups de baffes et d'humiliations.

De son côté, Louis Malle, ancien assistant du Commandant Cousteau pour Le monde du silence a acquis d'emblée la notoriété par deux films jugés scabreux, Ascenseur pour l'échafaud et Les amants et par la fantaisie assez vaine de Zazie dans le métro.

Est venue l'idée de filmer une sorte d'adaptation romancée, mais presque documentaire de ce qui était, finalement, le parcours de Brigitte Bardot assez peu faite pour cette vie d'esbroufe, de clinquant et de vacuité, hachée par la fausseté des amitiés, la futilité des rencontres, la sauvagerie des paparazzis, la veulerie des foules. J'imagine que Louis Malle était sidéré et fasciné par ce que pouvait être l'adulation populaire pour une jolie fille sans réel talent et qu'une auscultation de ce phénomène séduisait ce grand bourgeois sceptique et distancié.

Je trouve le film à l'image de son sujet : parfaitement nul et vide, mais, en même temps, plein d'un certain charme. Ce milieu d'oisifs, de parasites artistiques, de photographes de presse voraces, de bourgeois mécréants qui côtoie un populo hypnotisé par ce qu'on n'appelait pas encore les people n'est finalement pas très intéressant. Et, multipliant les séquences vaines et répétitives, Vie privée est un peu languissant, jusqu'à susciter l'ennui. On pourrait dire que c'est précisément ce que souhaite montrer Malle, mais la gageure aurait été, de fait, de ne pas ennuyer avec l'ennui. (Ce qui, j'en conviens volontiers, n'est pas la chose la plus aisée du monde).

Le mystère du vedettariat demeure, en tout cas, et l'incapacité de le décrypter. Au premier quart du film, alors que Jill (Bardot) a quitté Genève, la paix du lac, la douceur de la vie pour user sa vie à Paris et qu'elle se lance dans le cinéma, le récitant (la voix de Jean-Claude Brialy) indique : Entre ce visage et cette machine, quelque chose s'est produit : un rapport mystérieux, un lien magique qui devait faire de Jill, qu'elle le veuille ou non, une vedette, une reine, une déesse, un monstre sacré. Tout est dit.

Film mineur dans la carrière de Louis Malle, (qui devait rebondir immédiatement après avec Le feu follet), Vie privée a la superficialité un peu lasse des romans des hussards mineurs, Stephen Hecquet ou Willy de Spens et un assez beau thème musical. On peut toutefois largement se dispenser de le voir.


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De vincentp, le 23 mars 2009 à 11:23
Note du film : 4/6

4,5/6. Un beau portrait, par Louis Malle, d'une vedette féminine de cinéma, victime de sa notoriété. Le mode de narration globalement moderne, comporte des séquences frappantes, elliptiques, ou sans dialogues, portées parfois simplement par quelques notes de musique, captant les sentiments intimes de ce personnage, ou la caractérisant. La caméra suit par exemple lentement et attentivement la déambulation de Jill Brigitte Bardot dans l'appartement de Fabio (Marcello Mastroianni), la devançant par moments –me semble-t-il, de mémoire-, marquant le caractère mélancolique et hésitant du personnage. Ou l'observant se déplacer à petit pas dans un jardin assombri –attitude caractéristique de sa personnalité introvertie, loin de son image publique.

Autre intérêt du film : intégrer ce portrait dans un cadre social, et montrer comment les antagonismes de classe –exprimés par des images récurrentes- générent à la fois le vedettariat et la presse à sensation.

Le soin apporté aux décors, aux dialogues, l'intelligence du scénario, la qualité des prises de vue, de la mise en scène…, feront oublier le doublage en français calamiteux de Mastroianni (sa voix naturelle, modulable à souhait est infiniment plus porteuse d'émotions), quelques développements un peu datés (ainsi ces reproches méprisants exprimés par plusieurs personnages à Jill et qui représentent aujourd'hui un mode de pensée bien dépassé), cette voix off, emphatique et ringarde, de type « actualités » des années cinquante, ou ces violons un peu déphasés. Le film date de 1962, le cinéma français est alors en pleine transformation, et sans surprise, plusieurs styles différents peuvent coexister.

Ce récit peut faire penser par moments à La dame sans camélias d'Antonioni (1950), ou à d'autres films ultérieurs du cinéaste italien, par le sujet, et son traitement. Citons comme éléments communs, pêle-mêle, les difficultés de communication, le mal-être ambiant, l'émancipation difficile du personnage féminin principal, le cadre bourgeois, ou l'importance accordée aux décors, au rythme, à la musique –le piano comme dans Le cri par exemple-, …


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