Bonjour. Je suis tombée par hazard (presque Balthazar) sur ce livre qui ne me quitte plus : la jeune fill. Je suis aussi passionnée par les rapports auteurs/interprètes et l'infime moment où la création se fait, que ce soit en écriture, au cinéma, en peinture. Ce livre est révélateur, passionnant, très années 1960 aussi, dans les rapports de la fille et de sa mère. J'ai aimé aussi que F.Mauriac ne soit qu'en filigrane, même si c'est lui qui écrit, page 159 : "grâce à des procédés (de Robert Bresson), l'âme réellemnt affleure, elle apparaît, nous la voyons, nous pourrions la toucher..." Je vais revoir ce film tellement triste mais si beau.[film=
Difficile de parler d'un film quand on ne peut le résumer à un ensemble, dans Au Hasard Balthazar
le temps semble s'évaporer à la moindre lueur de réalité... Bresson
capture ces instants volatiles mais précieux, parfois, la présence de Schubert déclenche une ivresse des sens anormale, certaines séquences deviennent mystiques, une dramatisation s'échappe même des interstices, où glissent les non-dits.
Ces instants choisis avec soins, forment le portrait mélancolique de ce village de campagne où le destin d'un âne se joint aux différents personnages. Leur histoire n'est pas limpide, les émotions dominent le récit, le spectateur doit se laisser porter par le rythme, la beauté, la tristesse et la cruauté de cette oeuvre complexe mais équilibrée, en attendant que les informations germent inconsciemment... Hem! C'est bon, c'est bon, je retourne voir Iron Man
! Mais j'veux mon nanard! Droudrou?...
Et moi, Torgnole, j'avoue avoir du mal à comprendre votre acidité, qu'elle s'adresse à moi ou à Henri Jeanson ; admettons que ce soit à moi (parce que, si vous vous attaquez à Jeanson, je crains que vous n'alliez chercher un peu trop haut vos défis ; faut être réaliste, tout de même !).
Nous sommes ici sur un site d'amateurs de cinéma ; d'amateurs passionnés, certes, mais d'amateurs tout de même ; ce qui nous donne le droit absolu de dire, avec ou sans mauvaise foi, et du moment que nous écrivons en français et respectons un bon nombre d'interdits (ceux qui, par exemple, tombent sous le coup des lois), le droit absolu, donc, d'encenser ou de vilipender tous les films et tous les artistes que nous souhaitons sans aucune retenue.
Nous pouvons donc, entre nous, nous moquer de nos choix, de nos aversions et de nos préférences ; je peux m'amuser du fait que vous appréciez les dessins animés japonais ; de là à en déduire que vous êtes un esprit simple, un inadapté social, ou un dangereux psychopathe... c'est un pas que je ne ferai en aucun cas ; merci de me rendre la pareille et de ne pas estimer que, puisque je n'apprécie pas Robert Bresson
, je suis un pauvre type dénué de toute sensibilité et de toute capacité poétique.
J'avoue avoir du mal à cerner les raisons de ces relents acides adressés aux artistes qui réalisent des oeuvres personnelles. Si certains n'arrivent pas à saisir toute la philosophie, les émotions multiples qui se dégagent de ces oeuvres, tant pis pour eux! Si les simplets ont besoin d'une histoire pour apprécier leur fifilm, ce handicap de sensibilité poétique ne leur permet pas pour autant de cracher sur ce qu'il ne comprennent pas et ne comprendrons jamais. Hélas, les plus pédants veulent toujours avoir un avis sur tout, même ce qu'ils ne comprennent pas, ou pire, ne connaissent pas...