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Forum : La Bataille du rail

Sujet : Un monument à avoir chez soi


De Arca1943, le 27 mars 2004 à 20:06
Note du film : 6/6

Ah! Comme je suis content que ce film soit disponible en DVD ! À chaque fois que je le vois, je suis galvanisé ! Tétanisé ! Comme dit l'affiche : À LA GLOIRE DES CHEMINOTS FRANÇAIS ! Yes sir ! À noter que le film est sorti en 1946 (immense succès en salle), mais que le tournage débuté en 1944, à l'initiative du Conseil national de la Résistance. Or, en 1944, les événements décrits dans ce film n'étaient pas tout à fait terminés. Ce qu'on appelle des conditions de tournage difficiles…

Arca1943


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De vincentp, le 22 octobre 2011 à 00:24
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Vu il y a longtemps et revu avec plaisir. C'est effectivement un film merveilleusement écrit, et réalisé… Il montre l'agrégation d'éléments individuels dans un collectif. Il va aussi à l'essentiel et véhicule beaucoup d'idées, parfois par des images muettes (exemple : le regard ultime du cheminot vers la fumée noire de la locomotive : il sacrifie sa vie à une cause professionnelle). Très grande réussite du cinéma français !


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De Impétueux, le 7 juin 2012 à 22:36
Note du film : 4/6

Revue avec tendresse, la Bataille du rail ne me laisse pas une impression de chef-d'œuvre, ni même de grand film, sans doute parce que l'aventure collective y efface les destins individuels et que, pour me secouer vraiment, le souffle épique – très réel – de la Résistance doit tout de même s'incarner dans des personnages, fussent-ils des paladins sans faille, des héros de légende comme le sont Luc Jardie (Paul Meurisse) et Philippe Gerbier (Lino Ventura) de L'armée des ombres de Jean-Pierre Melville.

Le genre du film de propagande héroïque n'est pas en cause : La vie est à nous, La Marseillaise commandes faites par, respectivement, le Parti communiste et la C.G.T. à Jean Renoir, exhibent fièrement leur drapeau (et leur sponsor) et je ne suis nullement choqué, bien loin de là, qu'en 1946, les cheminots aient vu leurs actions anti-allemandes exaltées dans une sorte de manuel didactique de sabotage. Soit dit en passant, ce que nous devons à tous ces inconnus, artisans de l'ombre, héros modestes, braves gens courageux, rend absolument écœurantes les actions dressées par M. Alain Lipietz et quelques associations de fanatiques étasuniens qui ont attaqué les chemins de fer français prétendument complices des déportations.

La bataille du rail est une sorte ce documentaire héroïque et exaltant qui s'achève en geste lyrique lors de la déroute des Boches. On y voit les trésors d'ingéniosité qu'il a fallu pour faire passer à des réfugiés la ligne de démarcation, livrer du courrier, des marchandises, cacher des évadés, retarder les convois, saboter les lignes et les machines et avoir, en fin de compte, une action décisive en juin 44, pour empêcher les renforts de rejoindre le front de Normandie.

Si je ne marche pas totalement, c'est parce que la note est trop haute, trop tenue, trop intense. On est dans les cimes, continuellement, dans la tension d'admiration : René Clément filme avec un peu de sécheresse un peuple qui se tend et résiste, mais il se refuse, par une sorte de pudeur, à y mettre de la chair. Caractéristique est, sur ce point, le générique, où la quasi totalité des acteurs apparaît sous le seul patronyme, sans le prénom, comme à l'Armée.

Mais pourtant, quand Clément s'accorde un peu d'émotion, il filme une des séquences les plus poignantes qui se puisse : celle de l'exécution des six victimes, prises au hasard par l'Occupant, après un nouvel attentat : en focalisant sa caméra sur le regard perdu d'un des otages, le dernier du rang, contemplant avant d'être fusillé, les dernières images du monde et de la vie, en captant un mur lépreux, une araignée à longues pattes qui s'y agrippe, un panache de fumée, Clément, sans emphase ni sensiblerie, montre en quelques minutes l'horreur de l'exécution et la grandeur du sacrifice. C'est vraiment magnifique.


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De Tamatoa, le 8 juin 2012 à 02:25

N'est ce pas à propos de ce film que Clément raconte cette fameuse anecdote : Pour la scène finale, le déraillement d'un train ( l'Apfelkern ? ) filmé avec trois caméras, tout s'est joué à deux, trois secondes près à cause d'un énorme nuage qui obscurcit le ciel une fois le dernier wagon au fond du ravin …Clément n'avait droit qu'à une seule et unique prise ! Le nuage serait passé deux secondes plus tôt, c'était fichu. Et il parait (je n'ai jamais vu ce film) que le nuage se voit parfaitement à l'ultime seconde de la séquence !

Je ne suis pas catégorique mais il me semble bien que cette anecdote célèbre vient de ce film…Vous confirmez ?

Soit dit en passant, ce que nous devons à tous ces inconnus, artisans de l'ombre, héros modestes, braves gens courageux… Oui, nous ne dirons jamais assez le tribu payé par ces inconnus de suie et de sueur, jamais rassasiés de sacrifices et d'héroisme, ce cortège d'ombres éloquemment évoqué par Malraux ,… rend absolument écœurantes les actions dressées par M. Alain Lipietz et quelques associations de fanatiques étasuniens qui ont attaqué les chemins de fer français prétendument complices des déportations.
Je vous avoue que, sans plonger dans les extrémités exprimées par Lipietz, je me suis quand même intérrogé souvent…Je ne sais plus qui avait soulevé cette question : Que pensait le chef de gare (car il y en avait un !) d'Auschwitz quand il voyait arriver les convois ?… On a jugé Maurice Papon pour avoir obeit aux ordres (!) de sa "fonction" et de sa hiérarchie. La SNCF, qui n'avait surement "pas le choix non plus" (!), n'a jamais été inquiétée. Elle a pourtant pleinement collaboré aux déportations massives. Mieux, (si je puis dire) elle a été rémunérée pour ça ! Il ne faut pas oublier que l'armée Allemande PAYAIT pour chaque juif déporté! Le prix étant basé sur le tarif ordinaire d'un voyageur ordinaire en temps de paix ! Et ça, Monsieur, personne ne peut le nier ! Sans parler de la publicité dégueulasse que la SNCF faisait en proposant au Allemands des wagons à bestiaux de "qualité" ! Et que je sache (je n'y étais pas !) les conducteurs de trains ne prenaient pas la route sous la menace d'une mitraillette ! Mieux, (si je puis dire encore) ils s'engageaient, contre monnaie sonnante et trébuchante, à livrer un maximun de juifs "vivants" à destination.

Aujourd'hui, le premier quidam venu peut faire un procès à la SNCF pour un oui, pour un non. Et beaucoup ont gain de cause. Je me garderai bien de juger une époque et des faits que je n'ai pas connu. Qu'est ce que j'aurais fait, moi ? (Air connu). Mais cette histoire de SNCF qui passe par les mailles d'un filet nauséabond, il y a un malaise …Vous me direz que ce n'est pas le seul qui plane encore aujourd'hui. Mais quand même : La grande SNCF…Fierté de notre pays..

Non, tous les trains n'étaient pas ceux de John Frankenheimer et tous les conducteurs n'étaient pas des Papa Boule


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De Impétueux, le 8 juin 2012 à 09:39
Note du film : 4/6

Je ne tiens pas Tamatoa, à ouvrir au delà de ce que j'ai fait un sujet aussi brûlant que celui de l'Occupation. Je fais simplement remarquer que le meunier qui meulait la farine utilisée pour le pain des Allemands, les compagnies qui fournissaient de l'eau, de l'électricité, de ceci et de cela pourraient à ce moment-là être inquiétées. Et les directeurs de théâtre, les directeurs de musées, s'ils n'ont pas prêté la main aux déportations des Résistants et des Juifs, contribuaient à maintenir le moral des troupes allemandes.

L'Occupation, ce n'est plus la Guerre. On n'ose pas dire Hélas !, mais on est bien fondé à admettre que les choses sont plus claires quand on a les armes à la main, et qu'on est préoccupé de tuer le maximum d'ennemis, plutôt que lorsqu'on a l'ennemi installé chez soi, dans une sorte de paix fallacieuse où les frontières peuvent se brouiller. Et ce que nous pouvons le plus reprocher à Vichy, c'est précisément d'avoir introduit l'ambigüité fictionnelle d'un pays qui n'était plus en guerre.

Ce sujet, si vous le voulez, nous pourrions l'aborder dans une conversation privée. Si cela vous plaît, allez voir mon identité sur Mes chers amis.

Et je viens de regarder, à votre instigation, la séquence du déraillement : il est exact que les quelques instants qui le précèdent (par exemple la mise à feu des explosifs par les cheminots, mais aussi le dernier kilomètre parcouru par le train) se font sous le soleil, alors que le déraillement lui-même a lieu sous un ciel menaçant : il n'y a plus d'ombres. Mais est peut-être excessif de croire que la séquence eût été gâchée si le ciel s'était couvert auparavant…


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