Forum - 3H10 pour Yuma - Western mythique
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Forum : 3H10 pour Yuma

Sujet : Western mythique


De cormega, le 26 mai 2006 à 12:50
Note du film : 6/6

3h.10 pour Yuma fait partie de ces westerns cultes, profondément humanistes, réalisé par l'un de ses pourvoyeurs de chefs-d'oeuvres: Delmer Daves (La Flèche Briséé et La Colline des potences pour ne citer que ces deux-là).

Une réalisation aux petits oignons de Daves, il n'y a qu'à voir ces fameux travellings ascendants pour constater du soin apporter à la mise en scène, à cela ajoutons une photographie noir & blanc magnifique et nous avons un film totalement abouti sur le plan formel.

Au niveau du contenu, le film est parfait également, le suspens tient en haleine vraiment jusqu'à la dernière seconde et une apothéose miraculeuse. Les rôles féminins sont mémorables, malgré une présence à l'écra assez réduite, elles ont pourtant une influence prépondérante dans le récit.

Enfin, le duel entre Van Helfin et Glenn Ford est un sommet de tension psychologique, le premier étant constament poussé dans ses derniers retranchements par le second qui nous ferait presque oublié qu'il est le méchant de l'histoire.

Sublime!


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De uredele, le 26 avril 2008 à 20:27

la bande originale du film a été chantée par Sandy Denny, une talentueuse chanteuse britanique, qui n'a rien à voir avec toutes les chanteuses à voix que l'on peut écouter. Elle est à l'origine, avec le groupe Fairport Convention, de la naissance du folk-rock. On n'entend malheuresement pas parler d'elle en France, d'autant que ce mois ci correspond au trentième anniversaire de sa mort accidentelle. Son interprétation reste dans l'esprit du film.


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De vincentp, le 17 décembre 2012 à 22:56
Note du film : Chef-d'Oeuvre

5,4/6. Je revois mon avis à la hausse… Oui, c'est un western étrange, qui donne l'impression d'un songe éveillé les trente premières minutes. Cette impression est due à l'emploi de la musique (omniprésente), aux relations étranges qui s'établissent entre les êtres, au rythme du récit assez lent aussi. Comme dans les passagers de la nuit, deux personnages (Glenn Ford, Felicia Farr) établissent une relation romantique brève et quasi-onirique (une relation imaginée mais impossible à concrétiser) qui semble prendre le pas sur l'intrigue principale. Gestes, voix, regards, sont utilisés à merveille pour décrire cette relation. Tout ceci positionne le bandit du récit comme un être doté de pensées et sentiments, ambigu, assez décalé des normes du western des années cinquante. Mais le film date de 1957, et le cinéma à cette époque s'apprête à entrer dans une phase de mutation… Trois heures dix pour Yuma fait figure d'œuvre précurseur.

La mise en scène de Delmer Daves alliée à la photo de Charles Lawton Jr. (superbes mouvements aériens de caméras) nous plongent dans une intrigue ou la psychologie l'emporte sur les actions trépidantes. Subtilité, effectivement, du récit qui suggère des faits en mettant à contribution à de nombreuses reprises l'imaginaire du spectateur, pour en comprendre les tenants et aboutissants. Un rythme soutenu marque par ailleurs les brefs moments d'action, les plans intégrant parfaitement le spectateur au cœur de ceux-ci.

Quelques petites réserves concernant certains aspects du scénario (un peu conceptuels, et démonstratifs) qui ont peut-être un petit peu vieilli. On a aussi l'impression à mi-longueur que l'on meuble un petit peu. Mais tout ceci n'est peut-être qu'une impression subjective de spectateur…

Les dix dernières minutes de Trois heures dix pour Yuma sont très réussies, les deux dernières minutes étant tout simplement anthologiques (une des fins les plus réussies de toute l'histoire du cinéma).


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De droudrou, le 16 juin 2015 à 15:40
Note du film : 4/6

je ne connaissais que de titre et ai acheté assez récemment le DVD : il va me falloir revoir le film : j'ai été relativement déçu ce qui a été le même cas pour le dernier train de gun hill quand pour moi règlement de compte à OK Corral demeure un must sur lequel je reviendrai à propos d'une de mes prochaines critiques de films…


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De vincentp, le 26 décembre 2016 à 23:18
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Film revu avec un avis en très forte hausse. Le support blu-ray met en valeur la photographie magnifique en noir et blanc de Charles Lawton. Eclairage en lumière naturelle des intérieurs, des rayons de soleil frappant les visages des personnages allongés ou assis, utilisation de la lumière naturelle pour projeter des ombres gigantesques sur le sol en extérieurs et intérieurs, avec peut-être des emprunts au style visuel de Winchester '73. Les plans de Lawton (plans larges associé à des mouvements lents de caméras, ou plans courts en plongée), participent à la création d'un drame psychologique, mixant réalisme et onirisme. Les premières séquences (attaque de la diligence, jusqu'à la rencontre entre Glenn Ford et Felicia Farr) installent une ambiance rarement vue dans un western, alternant aspects brutaux et moments de tendresse… baignés de nostalgie. On se remémore un passé heureux, on évoque un présent difficile, on construit un futur en conséquence…

La musique, omniprésente, et qui fait date dans l'histoire du genre, contribue également à la création de cette étrange atmosphère, peu commune dans le western. Plusieurs personnages chantent ou sifflent le thème musical du récit, omni-présent, modulé de différentes façons selon la nature des séquences. Le thème est par exemple chanté par une femme invisible, sur un ton lancinant, quand les décisions difficiles doivent être prises. Dans cet environnement ambivalent, les deux personnages principaux (Glenn Ford et Van Heflin) oscillent logiquement entre rêves d'une vie paisible et ordonnée et réalisme des conflits liés à l'obtention de l'argent. Ils finissent par ne former plus qu'une seule entité physique et morale, lors d'une fin de récit que l'on pourrait qualifier de miraculeuse. C'est au final un très grand western, extrêmement abouti, qui trouve aujourd'hui une nouvelle existence avec les bienfaits de la haute définition, associée à une copie restaurée. Incontournable.



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De Commissaire Juve, le 28 décembre 2016 à 00:22
Note du film : 4/6

Tiens ! j'ai justement visionné le Blu-ray mardi après-midi.

Je ne ferai qu'une remarque : j'y étais surtout allé pour Felicia Farr et… j'avoue être resté sur ma faim. De fait, on ne la voit pas beaucoup. Dommage.

Accessoirement : dans le registre "le héros attend un train pour y emporter un bad guy", je préfère Le Dernier train de Gun Hill de John Sturges (1959).


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De Impétueux, le 7 juin 2019 à 21:57
Note du film : 4/6

Pour un western et malgré les limites du genre, sommaire et brutal, ce n'est pas mal du tout, sans doute d'abord parce qu'on y retrouve ce qu'on peut y apprécier : l'espace. Et de ce point de vue, on en a son content : Delmer Daves a la capacité de montrer au spectateur de grands panoramas, d'élargir sa vision, de le faire pénétrer dans d'immenses paysages exotiques souvent très beaux, de l'emmener dans un ailleurs exotique, qui était, aux yeux des Européens civilisés qui découvraient et absorbaient, au mitan des années 50, toute une kyrielle de récits presque primitifs et en tout cas sauvages, une occasion de s'évader de leur quotidien.

La principale qualité de 3h10 pour Yuma est en effet la beauté presque hiératique de ses images, admirablement composées et photographiées. Une beauté qu'on regrette dès que le film part se réfugier de façon infiniment plus classique, dans les habituelles ruelles de ces villages poussés on ne sait trop comment autour d'un saloon où le whisky se débite en quantités industrielles. Et à ce moment là on retombe dans la banalité répétitive d'histoires sommaires où, comme dans l'ennuyeux Rio Bravo et dans nombre d'autres films Le train sifflera trois fois et cent autres, de braves courageux citoyens essayent de promouvoir la Loi et l'Ordre.

Au fait il y a lieu de s'interroger sur la prévalence singulière des chemins de fer dans l'imaginaire fantasmé du Far-West ; outre les films que j'ai cités, il y en a bien d'autres qui se bâtissent autour d'une gare : du Dernier train de Gun Hill à Il était une fois dans l'Ouest, en passant par Un homme est passé, on croirait presque que l'histoire des États-Unis n'existe qu'entre deux voies ferrées Et après tout, ce n'est peut-être pas inexact. Le pays est vaste et encore primitif lorsque le film commence.

Ça se passe dans le sud de l'Arizona, à la frontière proche du Mexique ; dans d'immenses étendues presque désertiques et, en tout cas, asséchées, il n'est pas bien compliqué pour la bande de voyous dirigée par Ben Wade (Glenn Ford) d'attaquer des diligences qui transportent des sacs d'or. Et en fait, ça ne dérangerait personne, pas davantage que les expéditions menées au cours des siècles par Robin des Bois, Cartouche ou Mandrin sur l'argent des opulents si, à la suite d'une malencontreuse péripétie, il n'y avait des morts au bout du hold-up. Et si n'était pas témoin de l'algarade le brave Dan Evans (Van Heflin), parcimonieux éleveur qui attend avec impatience que la pluie puisse faire reverdir ses terres desséchées. Les catastrophes volant en escadrille, comme chacun le sait et en tout cas peut le constater, voilà que Dan Evans, par une sorte de fatalité, se charge de convoyer vers le pénitencier de Yuma le bandit, moyennant finances, mais surtout pour reconquérir une fierté qui paraît lui être déniée par sa femme Alice (Leora Dana) et ses enfants.

Dès lors se mêlent au récit traditionnel, d'une très grande banalité, des considérations qui ne sont pas tout à fait négligeables sur les rapports des deux hommes qui ne sont, chacun de leur côté, pas très satisfaits de leur existence, Dave Evans, le fermier qui s'épuise et épuise femme et enfants à faire survivre une exploitation qui n'a pas d'avenir économique et Ben Wade, qui a passé toute sa vie à rêver aux yeux des femmes et n'a pas su en capter une (mais qui aurait pu tant de fois…). Entre les deux hommes il y a une sorte de complicité qui se noue, qui fait qu'on ne sera pas tellement surpris, finalement, lorsqu'ils se retrouveront complices, même si Delmer Daves, le réalisateur, en fera peut-être un peu trop dans le genre noble. Mais enfin, pour une fois que les personnages d'un western ont un peu de substance psychologique, on ne va pas se plaindre…

Histoire minimale, donc, au regard de nos critères européens, mais magnifique exaltation de la nature sauvage ; profondeur de champ et utilisation maximale de l'espace et de la nature sauvage. C'est presque aussi bien que Le dernier train de Gun Hill.


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