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Forum : Le Général della Rovere

Sujet : Un grand Rossellini


De Arca1943, le 10 octobre 2005 à 15:48
Note du film : 6/6

Sur un thème moral qui rappelle celui de Il Bidone et le pattern de plusieurs romans de Pierre Boulle – celui de l'escroc, du menteur pris à son propre jeu – mais dans le contexte dramatique de la Seconde Guerre mondiale, ce drame puissant est un Rossellini de haute cuvée, qui offre à Vittorio de Sica un des grands rôles de sa vie d'acteur. C'est l'histoire d'un escroc minable payé par les nazis pour se faire passer, en prison, pour un certain général della Rovere, afin de soutirer des informations sur la Résistance. Mais voilà que notre homme, tout à son rôle de héros antifasciste, commence à changer d'avis…

C'est bouleversant. Et ce ne serait pas en DVD ? Laissez-moi rire !


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De Arca1943, le 13 octobre 2007 à 18:54
Note du film : 6/6

Ce dernier message date d'il y a 18 mois. Eh bien, croyez-le ou non, sur les entrefaites, Le Général della Rovere n'est toujours pas sorti sur DVD ! Quel est ce scandale ?

Et ce qui aggrave encore mon impatience : aux côtés de Vittorio de Sica dans un de ses plus grands rôles dramatiques, on retrouve Anne Vernon, Giovanna Ralli et Sandra Milo ! Je m'en veux de sembler frivole vu l'austère gravité morale du sujet de cet incomparable film, mais enfin, comme disait Peppone (se plaignant à l'archevêque que Don Camillo eût été remplacé par un prêtre demi-portion tout petit et malingre), l'oeil veut aussi son dû !


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De rocafortis17, le 14 décembre 2008 à 17:24
Note du film : 6/6

Et oui, on peut souvent rêver à la sortie de ces chefs-d'œuvres. Nous aimerions bien retrouver ces films que nous avons aimés, et aimons encore. Nous aimerions pouvoir y retrouver certains détails enfuis en mémoires mais qui ne ressortirons que lorsque nous serons devant le film. Mais ceux qui peuvent les rééditer ne doivent pas penser comme nous. Dommage quand même. Quand on aperçoit tant de navets. Enfin espérons d'être un jour entendu.


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De Impétueux, le 9 août 2010 à 14:52
Note du film : 6/6

Le film est d'autant plus profond et puissant que le récit de Roberto Rossellini est tout en retenue. L'abjection de la fripouille Bardone (Vittorio De Sica) et ses trafics crapoteux, la lourdeur de l'oppression, les exécutions sommaires, cette période de 1944 où tout graduellement s'effondre autour de la République de Salo, où personne ne se fait d'illusions sur l'issue finale de la guerre, mais qui n'est pas encore la débâcle, qui conserve encore les apparences d'une structure, les ruines et les restrictions, tout cela pouvait aller vers le romanesque, presque le mélodramatique et, la force du souffle et de l'époque aidant, on s'y serait laissé prendre.

Mais dans Le général della Rovere, il n'y a rien de spectaculaire ni de brutal, à l'exception – qui n'est pas complaisante – du pauvre visage torturé de Banchelli (Vittorio Caprioli), le résistant qui se suicide de peur de parler et dont le sacrifice achève d'ouvrir les yeux du petit escroc minable et de le faire entrer dans son destin. Il y a, dans des images d'une sobriété extrême, l'histoire d'une vie qui a mal tourné, et qui pourrait aller, par la force des choses, encore davantage vers le pire mais qui, dans une sorte d'évidence, sort par le haut, dans la lumière.

Rien d'héroïque, d'héroïciste, plutôt : la mort de Bardone, ni même la mort du général della Rovere, dont il a revêtu l'habit, ne changeront pas le défilement de la guerre ; mais cette fausse élégance que Bardone a endossée toute sa vie et qui lui a servi à gruger, à rouler, à escroquer ceux qui l'ont approché, cette élégance d'arsouille séduisante, il va enfin la transformer en valeur, en griffonnant, pour la veuve du général, ces quelques mots d'adieu qui, on peut le gager, scelleront à jamais la figure éclatante de patriote et de héros du soldat.

Pouvait-on, d'ailleurs, pour incarner Bardone, alias colonel Grimaldi, crapule au bout du rouleau, à peu près lâché par tout le monde, canaille cauteleuse et inventive qui essaye pathétiquement de refiler un faux saphir, faire meilleur choix que celui de Vittorio De Sica, à la beauté régulière un peu veule qui a si souvent incarné les fripons faciles en délicatesse avec les lois et le cœur des femmes (en vrac Dommage que tu sois une canaille, Le signe de Vénus, Casino de Paris ou Du sang pour Dracula !).

L'intéressant supplément de l'édition DVD en tous points excellente, composé de plusieurs témoignages de collaborateurs de Rossellini sur le film précise que De Sica, flambeur comme l'est Bardone, ne refusait jamais de tourner un film, fût-ce une daube ; quel talent dilapidé, dans trop de trucs insignifiants (ce que j'ai cité ci-dessus n'entre pas forcément dans la catégorie !) ; ledit supplément présente aussi comme premier assistant au réalisateur… notre vieille connaissance Tinto Brass, qui s'égaya ensuite dans le film hot (Miranda, Paprika, Caligula et tutti quanti) et comme assistant tout court Ruggero Deodato, qui est le papa cinématographique de mon cher Cannibal holocaust… Bizarre, non ?


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De vincentp, le 26 septembre 2010 à 23:55
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Un chef d'oeuvre absolu de Roberto Rossellini, selon l'expression consacrée. Beaucoup de thèmes -universels et intemporels- brassés de façon magistrale (les relations humaines, les classes sociales, les rapports entre la vérité et le mensonge,…). Le portrait tout en nuances du colonel Muller constitue un point fort du film. Il adopte la psychologie de son alter-égo face à la comtesse dela Rovere, alors que Bardone fait le chemin inverse et obéit à la doctrine de son groupe.

Très belle édition blu-ray (son, image) de Gaumont pour un film indispensable dans toute médiathèque digne de ce nom.


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