Forum - Le Tracassin ou les plaisirs de la ville - Un bon film au comique intelligent.
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Forum : Le Tracassin ou les plaisirs de la ville

Sujet : Un bon film au comique intelligent.


De dady, le 25 février 2005 à 23:17
Note du film : 6/6

Voici un film avec un vrai scénario, des dialogues simples de la vie courante mais à l'humour pertinent et fin.

Quelques scènes mythiques avec fou rire assuré pour amateurs du genre.

Film vivant, sans longueurs, coulant comme la vie avec la particularité de voir Bourvil dans un grand rôle PRINCIPAL à l'interprétation magistrale. Le tout soutenu par de grands et excellents acteurs (Pierrette BRUNO, Christian MARIN, etc… )!!!

Malheureusement ce film n'est jamais rediffusé à la télévision, introuvable en DVD ou en VHS, bref un morceau de culture cinématographique tombant dans l'oubli alors que d'autres classiques du rire nous sont cycliquement retransmis.

A voir absolument.

N'hésitez pas à voter avec nous pour sa réédition, vous ne serez assurément pas déçus.


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De Arca1943, le 26 février 2005 à 07:10

Eh bien, certes ! Ça me semble alléchant comme tout. (En passant, avez-vous remarqué qu'Alex Joffe scénarise un vieux Cantinflas?)


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De shev, le 10 avril 2005 à 21:44

Je pense que ce film sera bien, même si je crains qu'il ne soit pas à la hauteur de Fortunat.


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De Tamatoa, le 3 juillet 2013 à 04:21
Note du film : 5/6

Je ne connaissais pas et j'ai adoré ce film ! Et tout d'abord, une question : Alex Joffé a-t-il voulu rendre hommage à Jacques Tati ? Parce que si c'est le cas, il ne pouvait pas mieux faire. Et si on regarde ce film sans faire attention au nom du metteur en scène, on croit à tous les coups que c'est le réalisateur de Mon oncle qui est derrière la caméra. Ce n'est pas possible que les amateurs de Tati ne voient pas le truc. Cela étant posé, cette œuvre est d'une immense drôlerie. Les emmerdements de ce type, les quiproquos, les hasards malencontreux, les contretemps fâcheux, tout au long d'une journée qui se voulait banale au départ, tout cela est mené tambour battant par un Bourvil en forme olympique et en noir et blanc, ce qui ne gâche rien ! Il vient de tourner Tout l'or du monde avec René Clair et Alex Joffé s'apprête à lui faire endosser Les culottes rouges. Il pète le feu. Alors avant, il lui offre de parcourir le Paris des années 60 avec tous les problèmes que cela implique. Et les embouteillages ne sont qu'un tout petit tracas à côté de ce que le hasard va lui réserver. On se plait à suivre ce brave homme dans des situations dingues, complètement inattendues, carrément chtarbées (comme dirait le grammairien), qui semblent le dépasser sans jamais en venir à bout. Il y a des scènes absolument délirantes de fantaisie. La scène du restaurant est un petit chef-d’œuvre à elle seule ! Et la dernière qui m'a fait pleurer de rire devant mon écran :

Il faut vous dire que Bourvil travaille pour un labo qui fabrique des pilules pour avoir bonne mine. Et elles ont un léger pouvoir euphorisant. Lassé de ces turpitudes que le destin lui réserve, il en prend pas mal dans la journée. Elles n'agiront pleinement que le soir. A l'instant précis où notre homme va demander une augmentation à son patron (furieux) pour cause de mariage. Et quand on connait le rire de Bourvil

Après un très net refus, toujours sous l'emprise des pilules euphorisantes, il annonce à sa fiancée qu'il vient d'être foutu dehors et elle aussi par la même occasion vu qu'elle est secrétaire dans la même boite, et que le patron a horreur que les employés se marient entre eux ! (je ris aux larmes en écrivant !). Avant de retrouver sa deudeuche, entourée de flics, parce qu'il s'est garé devant une ambassade. Vous avez déjà essayé de parler à des flics avec un fou-rire atroce ? Le rire, le rire indescriptible de Bourvil !! Quel bonheur !… Cette dernière scène est un torrent d'allégresse, de joie, de bien-être, de bonheur vrai ! Je défie quiconque de ne pas rire avec lui devant ces situations improbables ! Je me demande juste pourquoi Joffé l'a affublé de cette petite moustache à la Hitler. Par contre, une kyrielle de comédiens débutants sont cachés dans tous les coins et c'est plaisir de les reconnaitre à peine sortis du nid ! Je ne mettrai pas un 6 à ce film, mais mon 5 est amplement mérité ! Voyez le, on en reparle !

C'est un anti-dépresseur majeur !


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De Impétueux, le 3 avril à 18:50
Note du film : 3/6

Je ne suivrai pas l'ami disparu Tamatoa sur le film, même si j'ai passé un assez bon moment à le regarder. Si l'on n'est pas trop regardant sur le scénario, si l'on admet et apprécie le genre classique et un peu lourdingue de l'accumulation des catastrophes qui se succèdent, se répondent, s'entrechoquent, se multiplient et finissent par rendre la situation du héros à peu près insoluble, on s'amusera devant ce gentil petit objet cinématographique à usage des salles de deuxième rang qui existaient encore dans le paysage tranquille de la France de 1961. Quelque chose de bien reposant qui a dû remporter un bon succès public et n'être pas même cité dans les colonnes de Positif et des Cahiers du cinéma.

Sur le coup on ne peut pas vraiment donner tort à ces monuments de la critique enquiquinante : si on en ôtait le parfum nostalgique d'un Paris à la fois permanent et disparu (je vais m'expliquer là-dessus) et le plaisir toujours grand de retrouver une kyrielle de visages connus et plus ou moins regrettés, Le tracassin ou les plaisirs de la ville n'aurait de fait pas beaucoup d'intérêt et pourrait sombrer dans l'oubli le plus profond. D'autant que Bourvil y abuse passablement de son jeu sympathique mais monochrome à base de hennissements et de grimaces interloquées. Il ne faut pas s'attendre à retrouver en lui l'acteur inspiré de La traversée de Paris, du Miroir à deux faces, des Misérables ou, évidemment, du Cercle rouge ; il exerce avec son don de sympathie évident son rôle de benêt habituel, victime de sa gentillesse et de sa malchance.

Ce qui est bien agréable, c'est d'avoir la mémoire réveillée devant un Paris encore très noirci mais que les injonctions de ravalement d'André Malraux vont bientôt nettoyer. De revoir d'invraisemblables théories de 2CV qui laissent à penser que Citroën a dû passablement mettre des sous dans la production (qui n'a pas eu le bonheur de conduire une 2CV ne sait pas ce que c'est que le plaisir de vivre). Et surtout de se remémorer des tas de choses aujourd'hui disparues. Par exemple Le réveil musculaire que dispensait Robert Raynaud sur les ondes radiophoniques. Ou les poubelles d'une grande sonorité que les éboueurs enlevaient au petit matin. Ou encore les vide-ordures, issue favorite des cafards pour entrer dans la maison, présentés comme un des plus merveilleux progrès qui se puissent. Et aussi la respectable institution du réveil téléphonique à qui l'on faisait aveuglement confiance. Et enfin les reprises, dessous de table que l'on payait pour récupérer un logement… Voici des choses qui vont nécessiter des gloses et explications lorsque de jeunes générations les découvriront et n'y comprendront que dalle. Naturellement je n'évoque pas les embouteillages, qui représentent la partie permanente de la vie et du charme de notre Capitale…

La merveille, aussi, c'est donc de tomber, au fil des séquences, sur des tas de visages d'acteurs qui ont eu un petit grain de notoriété ou même un peu davantage, de se donner du plaisir à les reconnaître. Vieux comédiens recrus, blanchis sous le harnais Harry Max en irrésistible serrurier grognon, Leo Campion en Batave salace, Dominique Davray en concierge au verbe haut, Mario David, musclé moniteur de gymnastique, Rosy Varte, industrieuse restauratrice ou rapides silhouettes happées ici et là (Maurice Garrel, agent de police, Alice Sapritch, cliente de la banque, Paul Mercey, irascible utilisateur du téléphone, Gaston Ouvrard, roquet délicieux).

Et quelques actrices de haute qualité : Yvonne Clech, languissant professeur de musique, Maria Pacôme, tornade insupportable… Et Pierrette Bruno, qui était bien charmante et qui interprète la mignonne maîtresse et future épouse de Bourvil.

On le voit, ça ne tient que par la superstructure, mais c'est plein d'entrain.


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